• Le mouvement des Gilets Jaunes, preuve de l'échec du macronisme

    Soumis par Jeremy Jeantet le Vendredi 16 novembre 2018 à 09:43
    Inscription
    Editorialiste
    Connexion Politique

    Peu importe quelle sera la mobilisation le 17 novembre, il s'est déjà passé quelque chose avec le mouvement de colère des Gilets Jaunes.

    Le mouvement des Gilets Jaunes est un incontestable succès sur les réseaux sociaux.

    Savoir quelle sera la mobilisation de demain, ça n’a pas d’intérêt, parce qu’il s’est déjà passé quelque chose.

    C’est la preuve de l’échec du macronisme. On est 18 mois après l’élection présidentielle qui devait réconcilier le pays, dépasser les clivages, les blocages.

    Macron nous disait que l’adaptation à la mondialisation qu’il voulait mettre en œuvre allait redonner de la mobilité aux gens. C’est ça qui est intéressant. Le macronisme, c’est cette déclinaison du néo-libéralisme qui nous vante la mobilité comme marque de la modernité. Et du coup, il taxe cette mobilité.

    C’est vrai qu’il l’a admis, mais il nous dit qu’il va continuer sur la même lancée. Ce mouvement des Gilets Jaunes pose une question démocratique. Depuis des décennies, les Français ont l’impression qu’on nous impose un système qu’ils vivent comme inégalitaire, cette fracture entre les élites et les classes moyennes et populaires. Ils voient les services publics se paupériser et pourtant, on leur demande de payer des taxes et ils ont l’impression d’en payer beaucoup, ce qui est vrai.

    Le sens de ce mouvement est de savoir où passe l’argent, est-ce que l’État est bien géré ? Et surtout, est-ce que tout le monde met au pot commun ? Est-ce que nous sommes égaux devant l’impôt ?

    Or, Emmanuel Macron nous dit qu’il va continuer la même politique, qui diminue l’ISF mais, à côté de ça, taxe la mobilité des classes moyennes et populaires.

    Il ne peut pas politiquement se déjuger, mais aussi et surtout parce que c’est contraire à son logiciel. Il faudrait, pour inventer une nouvelle politique écologique, qu’il pousse l’investissement, la planification, qu’il décide de mettre en œuvre un grand plan pour lutter contre les passoires écologiques. Mais pour ça, il faut une marge de manœuvre budgétaire, monétaire. C’est ce qu’a fait De Gaulle en 1958. Il a dévalué et après il a planifié, notamment, un grand plan immobilier.

    Mais ce n’est plus possible parce qu’on a plus de marge de manœuvre budgétaire ni monétaire. Du coup, il ne reste plus qu’une solution, c’est de taxer.

    FacebookTwitter
  • Les Fake News d'Emmanuel Macron au JT de 20h de TF1

    Soumis par Jeremy Jeantet le Jeudi 15 novembre 2018 à 10:53
    Inscription
    Editorialiste
    Connexion Politique

    Le président avait apparemment oublié ses chiffres avant son intervention télévisée...

    Sur un plan économique, il n’y a pas eu vraiment d’annonces, à part la redite de ce que Philippe avait fait le matin en matière d’aides pour ceux qui souffrent de la hausse du prix du carburant.

    Gilles Bouleau a assez rapidement interrogé Macron sur le ras-le-bol fiscal et j’ai été stupéfait de la réponse du PR.

    Dès le début de son mandat, il s’est insurgé contre les fake news et on a eu droit à une somme de fake news de la part du PR.

    Il nous a dit que les impôts baissaient. Ils représentaient 1038 milliards d’euros en 2017, 1057 milliards en 2018 et 1070 milliards l’année prochaine en 2019.

    C’est le projet de loi de finances décrypté par un député de La République en Marche.

    Nous sommes à 365 impôts et taxes actuelldement, soit 100 de plus que lorsque François Hollande est arrivé au pouvoir.

    Il dit que ce n’est pas important de regarder ces chiffres, qu’il faut les rapporter à la production du pays. Mais expliquez-ça à un retraité, qui par nature ne produit plus, mais consomme. Et c’est lui qu’on taxe le plus. C’est incompréhensible.

    Il a justifié la hausse des impôts en disant qu’il fallait bien financer la dépense publique, le porte-avion, les hôpitaux, les écoles.

    La dépense publique augmente très vite. À mi-mandat, à fin 2019, elle aura augmenté de 51 milliards. À mi-mandat sous François Hollande, elle n’avait augmenté que de 37 milliards.

    Dans tous les pays, le cercle naturel, c’est de baisser la dépense publique pour faire baisser les impôts et rendre le pays plus compétitif. La France est le seul pays où on fait exactement l’inverse. J’augmente la dépense publique, j’augmente les impôts, j’augmente le déficit et j’augmente la dette.

     

    FacebookTwitter
  • Macron au 20h : un début de mea culpa sur la forme, rien de neuf sur le fond

    Soumis par Jeremy Jeantet le Jeudi 15 novembre 2018 à 10:49
    Inscription
    Editorialiste
    Connexion Politique

    Emmanuel Macron était hier soir l’invité du 20h de TF1. Le président de la République a balayé tous les sujets. Gilets Jaunes, pouvoir d’achat, Trump... Un président dos au mur, mais est-ce qu’il a été convaincant ?

    Les sondages dans les prochaines heures le diront, mais les Gilets Jaunes ont déjà remporté une première bataille. Ils ont obligé le PR à changer d’attitude, ce qui n’était pas arrivé depuis 18 mois.

    Jupiter avait disparu. Le Macron professoral, cassant, donneur de leçons, avait laissé place à un Macron plus soft. N’allons pas jusqu’à dire plus humble, nous n’en sommes pas là, mais en tout cas plus souple sur la forme.

    Reconnaissant qu’il n’a pas réussi à concilier les Français avec leurs élites, il fait l’aveu que ce fameux nouveau monde n’existe finalement pas. Une sorte de mea culpa, sur la forme en tout cas.

    Parce que sur le fond, il ne change rien. Il n’y aura pas de baisse des taxes sur les carburants. Il l’a dit avec douceur, mais il l’a dit comme ça. Macron demande du temps, de la patience, comprend les colères, mais ne change rien.

    Il joue même avec les peurs sur ce mouvement des Gilets Jaunes ‘Attention, ne vous laissez pas manipuler’, rappelant au passage que le pays ne saurait être bloqué. C’est un stratégie classique de la part des gouvernements, instiller une peur des manifs.

    Le fait même que Macron ait décidé de s’exprimer, hier soir, de façon précipitée, on a compris qu’il a enfin pris la mesure de ce mouvement.

    Il a aussi pris la mesure sur son risque politique.

    Qu’arrivera-t-il le 18 novembre, le 20 novembre ? Le jour d’après ?

    Quel débouché politique pour ces Gilets Jaunes ? Quelle forme de combat ? Si la mobilisation se poursuit, si les routiers entrent dans la danse, il sera obligé de reculer, ce qui serait catastrophique pour son quinquennat.

    Hier, il fallait manier la caresse, retrouver le Macron de la campagne, qui avait le mot ‘Bienveillance’ à chaque phrase. En même temps, il fallait manier le bâton. Car on garde le cap.

    Cette interview ne changera pas quoi que ce soit pour l’image de Macron qui est durablement abimée. Par contre, elle aura rassuré une partie de son électorat, ceux qui ont voté pour lui au premier tour et sont un peu déboussolés.

    Pour son propre camp, c’est certainement réussi, mais ce n’est pas une interview entre deux avions de chasse qui peut inverser la courbe du désamour.

     

    FacebookTwitter
  • C'est la fin de la "bromance" entre Donald Trump et Emmanuel Macron

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mercredi 14 novembre 2018 à 11:11
    Inscription
    Editorialiste
    Connexion Politique

    Le président américain s'est fendu d'une série de tweets très critiques envers la France. Le résultat d'un week-end parisien duquel il est reparti furieux, et fruit de désaccords plus profonds.

    Trump et Macron se sont vus ce week-end. Ils ne se sont pas quittés bons amis, visiblement.

    Le président américain s’est déchaîné hier, dans une série de tweets. Tout y passe, la popularité en baisse du président de la République, le taux de chômage élevé, les taxes sur les vins américains. Il va jusqu’à dire qu’avant l’arrivée des Américains en 44, les Français se préparaient à apprendre l’Allemand.

    Et il conclut avec une forme de conseil à Macron : ‘Make France great again’.

    Il a passé un très mauvais week-end à Paris. Il est arrivé fâché, il est reparti furieux.

    Le premier tweet venait de l’avion qui l’amenait à Paris. Il a jugé insultants les propos de Macron visant à créer une armée, une vraie défense européenne pour se protéger de la Chine, de la Russie et même des États-Unis. C’était une allusion aux cyber-attaques américaines, la NSA qui avait écouté l’Élysée sous Hollande.

    Samedi, ça allait mieux. Ils se sont vus à l’Élysée et le malentendu a été dissipé. Ils étaient tous les deux d’accord pour dire qu’ils étaient d’accord sur l’essentiel.

    Mais dimanche, ça a été un cauchemar pour Donald Trump. Il espérait un défilé militaire le 11 novembre, comparable à ce qu’il avait aimé le 14 juillet sur ces mêmes Champs-Élysées. Et bien pas du tout. Ce n’était pas une parade. Assis à côté d’Angela Merkel, qu’il déteste, il a dû écouter le discours d’Emmanuel Macron dénonçant le nationalisme qui est le contraire du patriotisme, entendre la chanteuse togolaise Angelique Kidjo, qui vit aux États-Unis et avait aussi chanté au moment de la marche des femmes contre Trump au lendemain de son intronisation.

    Il est parti très vite, il a boudé la réunion, le Forum pour la Paix et est rentré à Washington… où l’attendait une autre polémique.

    Les Américains et la presse l’ont fermement contesté sur l’annulation de l’hommage aux Américains tombés au Bois Belleau. Officiellement, la météo était mauvaise, mais comment quelques gouttes de pluie peuvent-elles arrêter le président américain ?

    Bref, Trump était encore plus fâché, encore plus furieux. Et quand il est en difficulté, il attaque. Il vise la France et tout y passe, y compris les négociations commerciales et les taxes sur les importations de vin. Et vous savez peut-être que le fils de Donald Trump possède justement une des vignes et un vignoble en Virginie. Ceci explique peut-être cela.

    Il faut dire que contrairement à d’autres, notamment à Angela Merkel qui ne peut pas cacher son exaspération face à Donald Trump, il faut dire qu’il l’avait déjà maltraitée lors de sa première visite à Washington en refusant de lui serrer la main, Emmanuel Macron avait joué une autre carte avec Donald Trump. Celle du dialogue, bilatéral, amical, patient, affectueux parfois, en tout cas respectueux à l’égard du président américain.

    Seulement, on l’a bien vu, au fil des mois, la liste des désaccords s’est allongée. Il y a bien sûr le climat, les relations avec l’Iran, les échanges commerciaux Europe - États-Unis, la dénonciation il y a plus d’une semaine d’un accord nucléaire conclu par les États-Unis avec la Russie, sans prévenir les alliés… D’ailleurs, les alliés, Donald Trump ne sait pas ce que c’est.

    Au fil des mois, ça se voit qu’il y a des désaccords et que les relations se tendent. L’Élysée a beau minimiser cette série de tweets, ‘destinés à l’opinion américaine’, dit-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, c’est bien la fin de la ‘bromance’, comme on disait, entre les deux hommes.

     

     

    FacebookTwitter
  • Comment les sociétés d’autoroutes pourraient bientôt entretenir certaines routes nationales

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mardi 13 novembre 2018 à 10:24
    Inscription
    Editorialiste
    Connexion Politique

    On a appris que les pouvoirs publics envisagent de confier aux sociétés d’autoroutes la réparation de certaines routes nationales.

    Quand on n’a plus d’argent, il faut aller le prendre là où il se trouve, comme disaient les communistes autrefois. C’est vrai, les sociétés d’autoroutes se portent bien, même si elles dépensent beaucoup d’argent pour entretenir leur réseau.

    Du coup un projet est en train de voir le jour dans la tête de nos énarques. Demander aux concessionnaires d’autoroutes d’entretenir certaines routes nationales ou des rocades. D’autant qu’elles connaissent bien ce travail.

    Les sociétés d’autoroutes ne vont pas faire ça gratuitement, mais il n’y aura pas de facturation pour l’État.

    Et – je vous rassure - on ne vous demandera pas un péage pour passer sur les routes refaites par les compagnies autoroutières qui sont actuellement pleines de nids de poule.

    Le mécanisme envisagé consisterait à rallonger la concession de ces sociétés d’une durée de deux à trois ans. Il faut savoir que ces sociétés devraient - en principe - rendre à l’État les autoroutes entre 2032 et 2035. Et bien du coup cela se ferait plutôt entre 2034 et 2037.

    Plusieurs rapports ont montré à quel point une autoroute c’est une rente. Les sociétés autoroutières ont enregistré l’an passé un bénéfice cumulé de plus de 3 milliards d’euros. Et malgré cela, les tarifs des péages vont encore augmenter l’année prochaine avec la bénédiction de l’État.

    Donc le calcul est simple, deux ou trois années d’exploitation des autoroutes, ça représentera pour ces sociétés une manne comprise entre 6 et 10 milliards d’euros. Bien plus que le montant des travaux à réaliser. Donc c’est tout gagnant pour elles comme pour l’État.

    Mais alors qui y perd si l’état et les sociétés d’autoroutes y gagnent ?

    Eh bien le contribuable et l’automobiliste. Le contribuable, car l’État est prêt à faire un cadeau de deux ou trois années supplémentaires aux autoroutes. Alors que ces bénéfices pourraient tomber dès 2032 dans la poche de l’État.

    Et l’automobiliste qui va payer des péages plus longtemps que prévu, et sûrement plus élevé.

    Mais le pire dans ce schéma, c’est de voir un État comme la France aller hypothéquer des recettes espérées dans 15 ans dans le seul but de réparer nos nids de poule. Quand on y pense ça en dit long sur la gestion des finances de notre pays.

     

    FacebookTwitter
  • Et si les pouvoirs publics cherchaient à assurer l'indépendance de la presse ?

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mardi 13 novembre 2018 à 10:15
    Inscription
    Editorialiste
    Connexion Politique

    Pas de coup de gueule, cette semaine, mais un coup de cœur, pour le point de vue de l'économiste Thomas Piketty publié dans Le Monde ce week-end sur l'indépendance de la presse.

    Thomas Piketty formule une proposition de grande importante. Pour défendre l’indépendance de la presse, il propose la création de sociétés de médias à but non lucratif, pouvant être financées par des dons de citoyens, dons qui pourraient être défiscalisés. Il s’agirait de créer des sociétés de presse sur un principe de ‘non-profit’ comme disent les Anglo-Saxons.

    Elle n’est pas vraiment nouvelle. À la Libération, toute la presse, tous les journaux se reconstruisent sur un principe d’indépendance de sorte qu’il y ait une Muraille de Chine entre la presse et les puissances d’argent.

    C’est ainsi que Le Monde invente, par tâtonnements successifs, en 1952, le modèle d’un journal qui soit entièrement la propriété de ses journalistes. Modèle qui sera copié 20 ans plus tard par Libération.

    Autre piste, à la même époque, d’autres journaux, de droite comme de gauche, créent le modèle de la coopérative ouvrière, c’est le cas du Parisien Libéré, du Courrier Picard ou encore du Dauphiné Libéré.

    Mais ensuite, tous ces journaux, autrefois indépendants, ont cessé de l’être et ont été croqués, les uns après les autres, par des milliardaires dont ce n’est pas le métier.

    L’idée présente deux avantages. Primo, celui de souligner l’actualité du combat pour l’indépendance de la presse, en des temps où la boulimie de quelques milliardaires ne cesse de la menacer, confère les grandes manœuvres qui ont repris autour du capital du journal Le Monde avec en embuscade, le milliardaire tchèque Kretinsky.

    Et secundo, celui de mettre la puissance publique face à ses responsabilités. Une puissance publique jusqu’à présent très accommodante pour ces puissances d’argent et très peu soucieuse du droit de savoir de ses citoyens.

     

    FacebookTwitter
Les rubriques Sudradio