• Les Français s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants

    Soumis par Jeremy Jeantet le Jeudi 20 septembre 2018 à 10:34
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    Un sondage réalisé dans 27 pays, pour les dix ans de la crise financière, montre que 80 % des Français s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants.

    C’est un chiffre assez pathétique, qui montre que si la crise financière a été surmontée, si nos économies ne se portent pas trop mal, et si la planète vit globalement en paix, les Français sont inquiets.

    Surtout, ils pensent que leurs enfants vivront dans des conditions plus difficiles qu’eux. C’est un changement d’état d’esprit colossal. Jusqu’ici, grâce au progrès technique, à la croissance économique et à l’ascenseur social, les Français n’avaient pas de crainte pour leurs enfants. Ils pensaient même qu’ils auraient de meilleurs jobs et un meilleur cadre de vie. Tout cela, c’est terminé. Et cela explique bien des choses sur notre comportement.

    Par exemple, les français sont les rois de l’épargne. Nous sommes des fourmis. Globalement, les Français mettent chaque mois de côté 15 à 17 % de leur revenu disponible. Ne croyez pas que c’est parce qu’ils sont trop bien payés. Non. Ils le font car ils ont peur que leur retraite ne leur permette pas de vivre. Nouveau signe de pessimisme. Et parce qu’ils ont peur du chômage. On a parlé la semaine dernière du Plan Pauvreté. Savez-vous qu’un Français sur deux a peur de se retrouver un jour sans domicile fixe. Ce sont donc toutes ces peurs qui s’accumulent et qui créent ce climat anxiogène.

    Une chose est certaine, c’est en France où les habitants sont les plus pessimistes pour l’avenir de leur progéniture. Mais comme ce sondage a été réalisé dans 27 pays on s’aperçoit que c’est dans les pays les plus développés que les craintes sont les plus élevées.

    Après la France qui bat tous les records avec ce taux de 80 %, il y a les Japonais et les Espagnols. En revanche, dans les pays peu développés ils ne sont en moyenne que 42 %, soit deux fois moins, à avoir peur de ce que l’avenir nous réserve. C’est aussi la conséquence d’un État-Providence qui est tellement important en France qu’il ne peut que finir par devenir de moins en moins généreux.

    Bien sûr, ce manque de confiance pèse sur la croissance. Et c’est là le gros danger.

    Vous savez, Karl Marx expliquait que pour faire de la croissance il fallait deux éléments : du capital et du travail. Il avait tort. Il y a un troisième facteur qui est essentiel : c’est la confiance.

    Et lorsque vous voyez que la France enregistre une baisse du nombre de naissances pour la troisième année consécutive, cela montre bien qu’il y a un problème de confiance. Confiance dans les structures économiques du pays. Confiance dans le fameux modèle social qui marche si mal. Confiance dans une classe politique qui n’a jamais tenu ses promesses depuis Pompidou.

    Nous vivons aujourd’hui dans une société de défiance. C’est grave. Car vous savez ce que l’on dit. La confiance part à la vitesse d’un cheval au galop. Mais elle ne revient qu’à celle d’un cheval au pas.

     

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  • Retour sur l'étrange audition d'Alexandre Benalla

    Soumis par Jeremy Jeantet le Jeudi 20 septembre 2018 à 10:22
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    Une audition dont il ne ressort, au final, pas grand-chose...

    Cette audition est étrange parce que nous avions, face à nous, un agneau, un jeune homme bien élevé, répondant poliment, s'excusant, dès le départ, d'avoir traité de "petit marquis" le président de la Commission. Loin de l'énergumène casqué tabassant un manifestant sur la place de la Contrescarpe le 1er mai.

    Étrange aussi dans ses explications. Une fois passés les milliers de détails sur la vie des cabinets, il a affirmé ses deux vérités à lui : Non, il n'a jamais été le garde du corps d'Emmanuel Macron. Problème, ses mots percutent les dizaines d'images où l'on voit le président et Benalla dans une proximité totale, au ski à La Mongie, en vélo, dans les meetings... Ses mots sauront-ils être plus forts que les images ?

    Et, deuxième affirmation : Non il n’a jamais porté une arme pour des raisons de services mais pour des raisons personnelles car il était menacé en tant que collaborateur de l'Élysée. Cette déclaration pose encore plus de problème car elle a été contredite, dans la foulée, par l'ancien directeur de cabinet du préfet de police qui affirme que le port d'armes accordé à Alexandre Benalla l'a été pour des raisons de service.

    Les deux hommes témoignaient à deux heures d'intervalle, sous serment. Qui ment ?

    Après 2h15 d'audition, on a une seule certitude. Alexandre Benalla est malin, maîtrise très bien la communication. Ça, c'est pour la forme. Sur le fond, son rôle auprès de Macron, sa proximité, les fonctions qu'il s'est arrogées ou pas... Tout ça reste flou.

    Cette Commission d'enquête a servi au moins à Alexandre Benalla, dont tout le monde a reconnu la maîtrise. Elle a servi au Sénat et à Philippe Bas, dont tout le monde reconnaît l'acuité et le brio. Le Sénat, qui semble souvent sommeiller sous les frondaisons du Jardin du Luxembourg, s'est réveillé aux yeux de l'opinion.

    D'autant plus que l'Élysée poursuit son bras de fer avec le Palais du Luxembourg. Intervention d'Emmanuel Macron auprès de Gérard Larcher la semaine dernière, propos très durs de Christophe Castaner et, à peine l'audition terminée hier, cours de déontologie de Benjamin Griveaux aux sénateurs...

    Une stratégie de "délégitimisation" de cette commission très trumpiste en fait. Se victimiser et décrédibiliser les institutions. C'est très risqué et surtout inefficace, parce que le mal est fait et que, même si l'audition de Benalla n'est pas catastrophique en terme de communication pure, le sentiment de doute, de flou, perdure.

    Le questionnement, le sentiment d'arrangement, de fébrilité, de non-dit, pour ne pas dire de mensonge. L'opinion veut de la clarté.

    Selon un sondage Elabe, 74 % des Français sont choqués par cette affaire. C'est probablement la plus grande faute politique de l'Élysée, avoir sous-estimé la portée de cette affaire et avoir laissé se distiller son poison, cristallisant un mécontentement, une impatience des Français.

    L'erreur est si manifeste qu'Emmanuel Macron devrait tenter de la corriger en intervenant, en octobre, si l'on en croit les informations de Marianne. Pas seulement sur Benalla, mais sur sa vision de l'état du pays.

    Une intervention cruciale alors que tous les compteurs sont à l'orange vif : baisse du pouvoir, stagnation du chômage, désordre politique et, plus grave, sentiment d'un président arrogant et hors sol.

    Tout cela pousse Emmanuel Macron à réagir, car il sait que, malgré toutes les auditions du monde, de Benalla au préfet de police, en passant par le ministère de l'Intérieur, une seule parole va véritablement compter : la sienne.

     

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  • Faut-il fermer les frontières ?

    Soumis par Jeremy Jeantet le Jeudi 20 septembre 2018 à 10:18
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    On pose ce matin cette question aux auditeurs "Faut il fermer les frontières ?" car un sommet européen à Salzbourg en Autriche est consacré en partie à la crise migratoire. On a l’impression que les pays ne trouveront jamais de solution efficace pour gérer l’afflux de migrants. Alors que faire ? Fermer les frontières, est-ce possible ?

    On pense frontière, mais il faut plutôt penser point de passage sur les ports, les aéroports et les grands axes routiers frontaliers.

    Le renforcement des contrôles de migrants à ces points de passage a été renforcé après les attentats de Paris en novembre 2015. L’Allemagne a eu le droit, après avoir accueilli un million de réfugiés, de fermer ses frontières, c'est-à-dire d’être plus vigilante à ces points de passage.

    Cela n’empêche pas les flux incontrôlables de migrants d’un pays à un autre. Pourquoi ? Tout simplement parce que le migrant ne se précipite pas pour présenter des papiers à un point de passage. Au lieu de se présenter aux gardes frontières à Vintimille en Italie, il préfère les chemins de traverse dans les Alpes. L’idée même de frontière est illusoire.

    Mais les gardes frontières européens servent ils au moins à quelque chose ?

    Jusqu’à présent ils étaient 1 500. Ils vont passer à 10 000 pour un budget de 320 millions d’euros. Ils n’ont que 37 navires, 5 avions et 3 hélicoptères. Ils assurent tant bien que mal des missions de gardes-côtes. Mais ils œuvrent aussi à la coopération entre chaque pays européen pour que les services d’immigration et la police aux frontières aient les mêmes équipements : les scanners de passeport ou les croisements de fichiers pour repérer des terroristes.

    Donc il y a une forme de frontière européenne virtuelle qui se met en place pour affronter les crises migratoires.

    Selon le ministère de l’intérieur, 300 000 personnes vivent illégalement dans notre pays.

    L’an dernier, 100 000 demandes d’asile ont été déposées, 40 000 ont été acceptées.

    Que faire des 60 000 qui restent en moyenne chaque année sur notre territoire ?

    Le problème de l’Europe n’est plus de fermer les frontières. Nous sommes face à une migration économique et climatique qui va s’accentuer dans les années qui viennent.

    Le problème de l’Europe est d’arriver à expulser les migrants qu’elle ne veut pas accueillir. Les procédures d’expulsions ne sont toujours pas harmonisées entre les pays de l’Union. Et dans notre pays quand les migrants sont légaux, quand ils sont demandeurs d’asile, l’accueil reste complexe.

     

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  • Septembre noir pour Emmanuel Macron

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mercredi 19 septembre 2018 à 11:40
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    Gérard Collomb qui annonce qu'il quittera le gouvernement après les européennes pour reconquérir la mairie de Lyon, c'est un nouvel épisode d'un mois de septembre décidément bien compliqué pour le président de la République.

    Le coup dur de Gérard Collomb, dur parce qu’il vient de l’intérieur de la Macronie. Gérard Collomb, c’était le premier grand notable de province, le premier politique séduit par le jeune prodige Macron. Il s’est mis à son service et on parlait de relation quasi-filiale entre les deux. Donc ce n’est pas rien ce qu’il se passe aujourd’hui.

    En plus, Gérard Collomb occupe un poste ministériel qui n’est pas un petit poste. L’immigration, la sécurité, le terrorisme, on n’imagine pas un ministre en CDD à ce poste, comme le rappelle l’opposition.

    Si on ajoute toutes les séquences de ce mois de septembre, qui n’est pas terminé, on s’aperçoit que tous les points forts d’Emmanuel Macron sont aujourd’hui en difficulté.

    D’abord la promesse de l’efficacité. Il y a un doute sur les réformes engagées. Il n’y a pas de résultats, les indicateurs économiques ne sont pas bons, les Français sont préoccupés par leur pouvoir d’achat, les retraités, je n’en parle même pas.

    Deuxième point fort, l’autorité, celle du pouvoir vertical, Jupiter… Emmanuel Macron a été défié par Nicolas Hulot, qui a annoncé en direct à la radio sa démission sans avoir prévenu personne. Un peu comme Gérard Collomb qui, lui aussi, choisit la presse pour dérouler tranquillement son agenda.

    Jupiter est donc en difficulté, aussi, sur la méthode du gouvernement.

    On est en plein cafouillages. La réforme de l’audiovisuel, les hésitations sur le prélèvement à la source ou la réforme des droits de succession. On parlait des couacs sous François Hollande, ça y ressemble bizarrement.
    Enfin, la communication, si maîtrisée, millimétrée, disait-on au début du quinquennat, est aujourd’hui brouillée par les phrases maladroites d’un président qui souhaite parler vrai mais, souvent, blesse son interlocuteur. On a beaucoup parlé de son échange, samedi dernier, dans la cour de l’Élysée.

    Tout cela explique l’image abîmée d’Emmanuel Macron et la chute spectaculaire dans les sondages.

    Il y a un risque ce matin avec l’audition de Benalla, mais surtout un spectacle, un face-à-face entre des sénateurs extrêmement déterminés et un Alexandre Benalla qui a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait aucun respect pour ces élus et que cette commission n’avait aucune légitimité.

    Donc show assuré et garanti. Une chose est sûre, l’affaire Benalla servira de repère dans le quinquennat Macron. Elle permettra de dater le moment où la machine si bien huilée s’est déréglée.

     

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  • Benalla : est-ce une affaire grave ?

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mercredi 19 septembre 2018 à 09:57
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    Alexandre Benalla est auditionné ce mercredi matin par la commission d’enquête du Sénat. L’affaire secoue la présidence de la République depuis le mois de juillet. Remettons les choses dans leur contexte au-delà de l’agitation médiatique. Est-ce vraiment une affaire grave ?

    Oui c’est une affaire grave car Alexandre Benalla n’avait pas n’importe quelle fonction à l’Élysée. Il était l’adjoint du chef de cabinet d’Emmanuel Macron ! Il était employé par l’Élysée, payé par l’Élysée et même logé par l’Élysée.

    Et cet homme usurpe des fonctions de policier. Il met un brassard. Il va frapper des manifestants le 1er mai. C’est très grave. Ce qui l’est encore plus c’est que le 2 mai, l’Élysée mais aussi des hauts gradés de la police et de la gendarmerie sont au courant. Une vidéo circule.

    Qu’est ce qui se passe ? Rien. Cela accrédite la thèse que quand on est un proche d’Emmanuel Macron tout est permis.

    C'est une affaire d’État qui suscite un affolement de l’État. Emmanuel Macron en personne prend son téléphone pour dire à Gérard Larcher le président du Sénat "Il faudrait arrêter le zèle de la commission d’enquête au Sénat".

    C’est du jamais vu une telle ingérence du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif ! C’est la dérive d’un pouvoir autoritaire. Autre signe d’affolement : Christophe Castaner estime que la commission d’enquête au Sénat outrepasse ses droits. Il est le patron de la République en Marche mais il est aussi le ministre chargé des Relations avec le parlement. On dirait qu’il a oublié cette fonction qui l’oblige à respecter l’équilibre des pouvoirs.

    Emmanuel Macron avait traité l’affaire de tempête dans un verre d’eau en juillet. On en est très loin…

    D’autant que le président a même couvert Alexandre Benalla. "Qu’ils viennent me chercher" a déclaré le président à l’adresse des parlementaires et des journalistes en juillet. L’affaire suscite tellement de fébrilité que l’on se demande ce qu’elle cache.

    Nous ne sommes pas au bout des révélations. Le Canard Enchaîné rapporte ce matin un curieux voyage à Londres le 5 septembre effectué par Alexandre Benalla avec un homme fiché S qui serait proche du sulfureux homme d’affaire Alexandre Djouhri.

    L’affaire Benalla est unique en son genre. Elle en dit plus long sur la Macronie que toutes les analyses politiques réunies.

     

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  • La réforme des droits de succession recalée par Macron

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mardi 18 septembre 2018 à 12:06
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    On a assisté lundi à un drôle de mic-mac sur la question des droits de succession. Le patron de La République en Marche a déclaré qu'il fallait les réformer. Avant d'être démenti par le chef de l'État lui-même.

    C’est le genre même de couacs auxquels on assistait régulièrement au début du quinquennat de François Hollande et qu’Emmanuel Macron avait réussi à éviter jusqu’à présent. Mais ce couac-là risque de laisser des traces.

    Dimanche, Christophe Castaner, le patron de la République en Marche, qui est aussi ministre, explique que le pays ne pourra pas faire l’économie d’une réforme des droits de succession. Une réforme "sans tabou" affirme-t-il, laissant envisager une hausse de la fiscalité pour la plupart des héritiers. Avant d’être démenti vertement dès lundi matin par le chef de l’État lui-même.

    Selon nos informations Emmanuel Macron aurait déclaré : "On a assez embêté les retraités. Maintenant on les laisse tranquilles."

    C’est pourtant une réforme qui est dans l’air depuis plusieurs mois. Tout simplement parce que Jean Pisani-Ferry, qui a rédigé le programme économique d’Emmanuel Macron, était jusqu’en janvier 2017 le responsable de France-Stratégies, un think tank d’État. Et cet établissement avait publié fin 2016 un document expliquant qu’il fallait relever fortement les droits de succession, quitte même à revenir sur les avantages de l’assurance-vie.

    Alors qu’au même moment, Emmanuel Macron, en pleine campagne présidentielle, avait fustigé une société d’héritiers et prôné une société d’entrepreneurs. Voilà pourquoi l’annonce de Christophe Castaner, faite dimanche, n’a surpris personne.

    Mais entre-temps Emmanuel Macron a changé d’état d’esprit

    À force de se frotter aux réalités et de faire incendier par tous les retraités de France et de Navarre qui ont subi la hausse de la CSG et qui viennent d’apprendre que leurs pensions seront quasiment gelées pendant deux ans, le chef de l’État a compris qu’il ne fallait pas tirer sur la corde des retraités. Car ce sont eux qui prennent soin, bien souvent, de préparer un petit pécule, qu’ils souhaitent laisser à leurs enfants ou petits-enfants. Déjà au printemps lorsqu’il a été question de réformer les pensions de réversion, Emmanuel Macron avait préféré faire marche arrière. Et là il a été très rapide pour désamorcer cette nouvelle polémique.

    On peut tirer trois leçons de ce couac.

    Primo, manifestement, dans la macronie, et malgré les séminaires gouvernementaux, plus personne ne sait dans quel sens vont les réformes. C’est le reproche que François Bayrou adresse au Président de la République depuis dix jours. Et il n’a pas tort.

    Secundo, il y a un lobby assez fort qui tente de faire bouger les règles de succession. Notamment en favorisant les donations du vivant des intéressés. Cela avait déjà été le cas sous le mandat de Sarkozy. Et un jour ou l’autre, cela arrivera.

    Tertio, il y a vraiment un problème de communication dans cette rentrée élyséenne. C’est terrible. Car plus rien n’est audible. Plus rien n’est compréhensible.

    Et in fine que reste-t-il ? L’impression qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion. Ce qui explique les sondages calamiteux.

     

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  • Le départ de Frédérique Dumas expose les failles du macronisme

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mardi 18 septembre 2018 à 11:37
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    Frédérique Dumas qui claque la porte du groupe LREM, c'est tout un symbole des lacunes de la présidence Macron, embourbée dans une rentrée bien délicate.

    C'est une démission bavarde, qui en dit très long sur la crise qui monte au sein du système Macron.

    Il faut observer la violence, la férocité des termes employés dans Le Parisien hier pour annoncer sa démission. Elle parle de désaccords profonds sur le fond et sur la méthode. "On a plutôt l'impression d'être sur le Titanic", dit-elle. Elle s'indigne que Françoise Nyssen, ministre de la Culture, soit toujours en fonction, bien que visée par une enquête préliminaire.

    Et il y a cette formule terrible : elle déplore qu'au lieu du fameux 'En même temps' macronien, on ait confié la transformation "aux mains de technocrates hors-sol, voire cyniques".

    Ces critiques pointent, à mon sens, les failles majeures du macronisme, celles qui risque de conduire ce quinquennat vers un échec sanglant. Il y a d'abord l'échec du 'En même temps'. On s'attendait à une politique libérale, mais en même temps, qu'il y ait aussi du social. Et on voit bien que c'est une politique non pas social-libérale, mais néo-libérale.

    Il y a aussi l'échec démocratique. On attendait un président libéral, pas seulement en économie, mais aussi en politique. On a en face de nous une sorte de "petit roitelet" ridicule, très autoritaire. "Moi je", "Moi je", en permanence. On le voit bien à l'Assemblée, le résultat c'est soit un parti godillot, soit un parti qui peut parfois se fissurer.

    Il y a aussi un échec éthique. Il n'y a pas que Françoise Nyssen qui soit visée par une enquête préliminaire, mais il y a aussi Richard Ferrand et Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Élysée. 

    Enfin, le dernier échec touche au macronisme lui-même. Au début du quinquennat, on s'attendait à voir un jeune président, plutôt moderniste et au fil du temps, c'est une autre image qui s'impose, celle dont parle Frédérique Dumas, "une bande de technocrates hors-sol et cyniques". C'est la "caste" dont je parle sans cesse.

    C'est pour ça que cette rentrée est si catastrophique pour Emmanuel Macron. Le voile est en train de rentrer et le roi est nu.

     

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  • Nouvelle hausse du prix des carburants. Est-ce que ça vous invite à réduire la voiture ?

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mardi 18 septembre 2018 à 09:40
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    Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a confirmé lundi une nouvelle hausse du prix des carburants. Elle met en avant la volonté du gouvernement de lutter contre la pollution automobile. Un argument qui tient la route ?

    Non ! Si l’État augmente la fiscalité des carburants c’est parce qu’il a besoin d’argent et une dette publique à combler. 65 % du prix de l’essence est composé de taxes.

    Il y a la taxe contribution climat énergie, inventée sous le quinquennat de François Hollande et la TVA imposée sur le produit hors taxe, mais aussi sur la taxe contribution climat énergie. Donc quand vous allez faire le plein à la pompe vous payez deux fois la TVA. L’an dernier les automobilistes ont payé 36 milliards d’euros de taxes à l’État.

    Mais dès le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a annoncé la couleur : taxer la fiscalité du diesel, très polluant, pour la mettre au même niveau que l’essence… 

    Plus de 8 millions et demi de voitures roulent au diesel en France. Elles empoisonnent l’air avec des particules fines. Et puis la France ne tient pas ses objectifs : elle dépasse de plus de 6 % ses émissions de gaz à effet de serre cette année. Donc il faut imaginer un monde avec moins de voitures polluantes. La ministre des Transports a évoqué hier de sortir de la logique de la voiture individuelle pour aller vers le covoiturage. Mais en milieu rural ce n’est pas simple. Et surtout, le gouvernement ne propose aucune incitation fiscale intéressante pour acheter un véhicule propre. Donc ce n’est pas possible, sans politique cohérente, de gréver autant le pouvoir d’achat des Français.

    En ce moment les prix sont déjà très hauts. On frôle les records de 2012. 1,57 euro pour un litre d’essence. 1,48 euro pour un litre de gazole.

    Mais en 2020, avec la nouvelle hausse, vous comptez 7 centimes en plus pour le diesel et 4 pour l’essence. Et comme il y aura d’autres augmentations d’ici 2022, pour arriver à la convergence diesel-essence, il faut imaginer à la fin du quinquennat un plein à la pompe à 2 euros le litre quel que soit le carburant.

    Multiplication des vols de carburants, siphonnage de réservoirs de voitures, réduction de la mobilité avec son véhicule… Appauvrissement des ménages qui ont le plus besoin de la voiture… Oui ça devient un luxe.

    Et le contexte international n’aide pas à ce que cela change. La production de pétrole est très soutenue. Forte demande de la Chine et de l’Inde dont le développement passe par la voiture ! Tout le contraire de chez nous où on fait chuter le pouvoir d’achat pour paraître de vertueux écologistes.

     

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