Cette décision, jugée "incompréhensible" par ses salariés, soulève de vives protestations dans le monde des médias et de la société civile.
60 millions de consommateurs : "Si c'est pour faire des économies budgétaires, cela ne tient pas debout"
L’annonce officielle de la liquidation a été confirmée par la loi de finances, malgré l’opposition de députés et une mobilisation citoyenne ont multiplié les appels à conserver cet instrument d’information indépendant. Selon le gouvernement, la mesure permettrait de réduire la dépense publique, même si certains observateurs soulignent que la liquidation elle-même entraînera un coût élevé.
Devant les locaux de l’INC à Malakoff, près de Paris, une cinquantaine de salariés, élus et lecteurs se sont rassemblés début février pour dénoncer une décision "absurde" et "dommageable". Au micro de Sud Radio, l’un des porte-parole de la rédaction, Lionel Maugain, journaliste et représentant du personnel, n’a pas mâché ses mots : "Personne ne comprend l'origine de cette fermeture". Pour lui, l’argument des économies budgétaires ne tient pas la route : "Si c'est pour faire des économies budgétaires, cela ne tient pas debout. Savez-vous combien va coûter la liquidation de l'INC ? Elle va coûter entre 8 et 11 millions. On aurait pu investir ce montant dans un plan de relance. De plus, en 2025, nos comptes sont à l'équilibre : on a fait de bonnes ventes, de hors-séries notamment", a-t-il fait savoir à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.
Un contre-pouvoir essentiel pour la transparence
Faute de reprise, une vingtaine de postes seront donc supprimés. "À la rédaction, nous sommes une vingtaine, avec une dizaine de journalistes. On a dix ingénieurs et cinq juristes. Et on a des fonctions support", a fait savoir Lionel Maugain au micro de Sud Radio.
La suppression programmée de l’émission télévisée ConsoMag, produite par l’INC, illustre également l’ampleur du renoncement dans l’information pratique du quotidien des consommateurs. Lionel Maugain alerte aussi sur la diversité médiatique : "Il y a un argument comme quoi il n'y a pas de place pour deux revues consuméristes, ce qui est faux, en Angleterre vous avez deux revues, en Allemagne vous avez plusieurs revues. Donc, ça ne tient pas debout".
Pour les défenseurs du magazine, cette disparition annoncée n’est pas seulement celle d’un titre de presse mais d’un contre-pouvoir essentiel pour la transparence des produits, des services et des pratiques économiques vis-à-vis des citoyens. Dans un contexte où la désinformation et les pressions économiques pèsent sur l’information, des voix s’élèvent pour réclamer un modèle alternatif de financement ou un repreneur privé garantissant l’indépendance éditoriale.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.