Crise agricole, déplacement d’Emmanuel Macron dans une exploitation laitière, colère des éleveurs, accord Mercosur, rôle de la France au sein de l’Union européenne, nomination contestée à l’Office français de la biodiversité, situation en Iran, sanctions contre la Russie et tensions internes chez Les Républicains. Au micro de Sud Radio, Céline Imart a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
Jean-François Achilli pour Sud Radio : Emmanuel Macron visite ce matin une exploitation laitière pour afficher son soutien aux éleveurs touchés par les crises sanitaires. Il était temps ?
Céline Imart : “Il était temps, mais Emmanuel Macron cherche surtout à préparer une visite au Salon de l’agriculture qui soit un peu moins agitée que celles des années précédentes. Il essaie de déminer le terrain.”
"Macron a loupé le rendez-vous avec les agriculteurs"
Vous dites qu’il a raté sa relation avec le monde agricole depuis le début ?
“Oui. Emmanuel Macron a loupé le rendez-vous avec les agriculteurs depuis le début de son premier quinquennat. Cela remonte aux États généraux de l’alimentation à Rungis, où il a demandé aux agriculteurs de monter en gamme.”
Et selon vous, cette stratégie a eu des effets négatifs ?
“Oui, parce qu’au final il a fauchonnisé l’agriculture. On s’est orienté vers du très haut de gamme, mais on n’est plus capables de répondre à la demande du cœur de gamme des citoyens. Cela a créé un décalage profond entre l’agriculture et la réalité sociale.”
🗣️@CelineImart (LR) : "#Macron cherche à préparer sa visite au Salon de l'agriculture, mais il a manqué les rendez-vous avec les #agriculteurs depuis le début (...) Il a fauchonné l'agriculture !" #GrandMatin
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Les décisions politiques ont-elles accentué cette fracture ?
“Oui. Il y a eu le tweet sur l’interdiction du glyphosate, l’invitation des Soulèvements de la Terre, et toute une série de signaux envoyés depuis sa prise de pouvoir. Tout cela a contribué à abîmer durablement la relation avec le monde agricole.”
Après les manifestations, des promesses avaient pourtant été faites…
“Il y a eu ce discours de Gabriel Attal derrière une botte de foin avec un ‘je vous ai compris’. On promettait de la visibilité, une baisse de la charge normative, un effort sur le revenu. Deux ans après, il n’en reste rien.”
"Emmanuel Macron a eu un double discours permanent sur le Mercosur"
La loi d’urgence de simplification annoncée peut-elle changer la donne ?
“Les agriculteurs ne sont pas dupes. Ils savent que ce type de loi prend du temps et ils s’interrogent sur son contenu réel. La défiance est toujours là.”
Pourquoi certaines régions, comme le Sud-Ouest, sont-elles particulièrement en tension ?
“Parce que le Sud-Ouest concentre les revenus agricoles les plus faibles de France. C’est une région qui souffre beaucoup, avec parfois des mouvements plus radicaux, et dont les spécificités ne sont pas suffisamment prises en compte.”
Sur l’accord Mercosur, Emmanuel Macron a-t-il selon vous fait le travail ?
“Non. Il a tenu un double discours permanent. À Bruxelles et face à ses homologues, il expliquait qu’il fallait signer, en parlant de clauses miroirs et de clauses de sauvegarde.”
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Et dans ses échanges avec les agriculteurs ?
“Face aux agriculteurs, il disait exactement l’inverse : ‘on ne signera pas’. Ce double discours, on le paye aujourd’hui, parce que la France n’a pas tenu une position claire.”
En quoi cela affaiblit-il la France au niveau européen ?
“Parce qu’on n’est plus crédibles. Résultat, la France est aujourd’hui affaiblie et elle n’a plus la capacité d’imposer ses intérêts stratégiques à Bruxelles.”
Ursula von der Leyen veut relancer l’accord. La France peut-elle encore s’y opposer ?
“Nous avons fait le travail en saisissant la Cour de justice, ce qui est normalement suspensif. Mais la question est de savoir si la Commission va utiliser des mécanismes provisoires pour le mettre en œuvre malgré tout.”
Vous parlez d’une impuissance française plus globale…
“Oui. Aujourd’hui, la France n’a plus les moyens de sa puissance. Nous ne tenons plus l’ordre dans nos rues, ni nos comptes publics, et cela nous affaiblit dans tous les rapports de force européens, y compris sur l’agriculture.”"
"La nomination (à l'Office français de la biodiversité) d’Anne Le Strat est une provocation pour le monde agricole !"
Pourquoi cette nomination à l’Office français de la biodiversité vous choque-t-elle autant ?
“Parce qu’on marche sur la tête. Cette personne est nommée dans une agence publique alors qu’elle a milité chez Europe Écologie-Les Verts et qu’elle a été porte-parole de l’association Utopia.”
Vous y voyez un problème de neutralité du service public ?
“Oui, clairement. Elle est proche de mouvements qui prônent la décroissance et la désobéissance civile, et on lui confie la mobilisation de la société civile dans une agence publique.”
Le problème dépasse-t-il cette seule nomination ?
“Oui. L’OFB est subventionné par des fonds publics et subventionne lui-même des associations militantes. Dans un contexte de paupérisation de la France, c’est incompréhensible pour le monde agricole.”
Vous parlez même de tiers-mondisation de la France…
“Oui. On a une richesse par habitant inférieure à la moyenne européenne, des forces de l’ordre qui défilent parce qu’elles n’ont plus les moyens de travailler, et dans le même temps on finance des profils ultra militants dans des agences publiques. C’est un non-sens.”
Iran : "C’est pas d’État juif, pas de manif !"
Que doit faire la France face aux massacres de populations civiles en Iran ?
“Le problème, c’est que la France ne fait rien parce qu’elle n’a plus les capacités de peser. Elle se contente de communiqués de presse et n’est plus au cœur des négociations internationales.”
Vous dénoncez aussi un silence militant en France…
“Oui. Ce qui me choque, c’est le silence d’une partie de la sphère militante et étudiante. On ne voit pas de grandes mobilisations alors que des populations civiles sont massacrées.”
Vous parlez d’un deux poids deux mesures ?
“Oui. C’est ‘pas d’État juif, pas de manif’. On voit ce silence sur l’Iran, le Yémen ou le Soudan, et cela pose une vraie question morale.”
La France a-t-elle encore une voix diplomatique ?
“Très peu. Elle ne fait pas partie des négociations qui comptent. Ce régime iranien doit tomber et c’est un enjeu civilisationnel pour l’Europe.”
Soutien de Christophe Gomart à Eric Ciotti : "Les dirigeants LR s’exprimeront dans les prochaines heures"
Comment analysez-vous le soutien de Christophe Gomart à Éric Ciotti à Nice ?
“C’est une prise de position personnelle, dans un contexte local. Elle n’engage pas l’ensemble du mouvement.”
Cette prise de position révèle-t-elle des tensions chez LR ?
“Il existe différentes sensibilités au sein des Républicains. Un parti politique n’est pas une caserne et ces débats existent.”
Les dirigeants du parti vont-ils clarifier la situation ?
“Oui. Le président et le secrétaire général des Républicains s’exprimeront dans les prochaines heures. Les choses seront clarifiées.”
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