Ce mercredi 21 janvier, les eurodéputés ont porté un coup d'arrêt à l'accord commercial avec le Mercosur en annonçant la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne, avec 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions.
Une décision qui bloque en théorie l'entrée en vigueur de cet accord commercial avec l'Amérique latine potentiellement jusqu'à 18 mois. Cette annonce a d'ailleurs été accueillie par les cris de joie des agriculteurs, mobilisés devant le Parlement européen à Strasbourg. Mais ces derniers n'auraient-ils pas criés victoire trop vite ? La question peut légitimement se poser.
🚨Les députés européens saisissent la Cour de justice contre l'accord du Mercosur !
— Sud Radio (@SudRadio) January 21, 2026
🗣️Hervé Lapie (secrétaire général @FNSEA) : "C'est une victoire pour nos agriculteurs et nos consommateurs ! C'est une victoire du bon sens"
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Le Mercosur appliqué de force ?
En effet, en dépit des réticences du Parlement européen, la Commission européenne, sous la présidence d’Ursula von der Leyen, pourrait décider d’appliquer provisoirement le texte en attendant que la Cour de justice ne se prononce. Un outil prévu par l’arsenal législatif, susceptible néanmoins de mettre le feu aux poudres, en particulier en France, dans un contexte de défiance généralisée du monde agricole envers le Mercosur.
🔴 Le Parlement européen vote contre les accords du #Mercosur
— Sud Radio (@SudRadio) January 21, 2026
🗣️ @PhDavidMtb : "C'est seulement une petite victoire pour les agriculteurs car von der Leyen va tout faire pour passer outre le vote du Parlement" #LesVraiesVoix #AgriculteursEnColère
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Sans se prononcer, à ce stade, sur le maintien de l’application provisoire de l’accord Mercosur, la Commission a en tout cas indiqué regretter le vote du Parlement, une position partagée par le chancelier allemand Friedrich Merz, qui évoque lui aussi une décision regrettable.
"Il y avait une grande pression du lobby des agriculteurs, des intérêts nationaux, français, polonais et d'autres nations. Le Mercosur, c'est le contre-modèle contre les États-Unis avec des partenaires et en tant qu'Européen, c'est un affaiblissement pour l'Europe et c'est la raison pour laquelle je suis déçu", a également déploré le socialiste allemand René Repasi après l'annonce de cette saisine.
"Un viol démocratique"
Une hypothèse évoqué par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, ce jeudi matin sur CNEWS : "Ce n'est même plus un enjeu d'agriculture ou de Mercosur… c'est un enjeu démocratique [...] Ce serait une forme de viol démocratique".
Elle a également fustigé Ursula von der Leyen, contestant son rôle d’incarnation de l’Union européenne, qu’elle estime dévolu aux eurodéputés, aux chefs d’État et aux peuples, bien que la Commission soit l’une des trois institutions de l’UE.