Augmentation des carburants : Les stations services se défendent
Face au prix à la pompe des carburants qui flambent depuis quelques jours, le Premier ministre a annoncé “un plan exceptionnel” pour les contrôler alors que la guerre au Moyen-Orient a des conséquences sur le cours du pétrole. Représentant des stations-services de l'organisation patronale Mobilians, Francis Pousse rejette au micro de Sud Radio les accusations selon lesquelles les stations-services "profiteraient" de la situation.
"On est au bout du bout" de la chaîne de distribution en carburants, "on subit les prix". "Un à deux centimes de marge nette sont dégagés dans une station-service", dit-il en substance. Le diesel "a énormément augmenté", car "on en manque sur le territoire européen. Donc, on importe un diesel qui prend de la valeur, parce que tout le monde veut en acheter", explique-t-il. "Le marché français est extrêmement concurrentiel, donc tout le monde doit faire attention pour avoir des prix qui permettent quand même de vendre encore du carburant", précise Francis Pousse.
"Comme on manque de gasoil en Europe, cela a créé une importante envolée du prix"
"La hausse du prix des carburants nous a surpris nous-même, reconnaît Francis Pousse, représentant des stations-services de Mobilians, hors grandes surfaces, au micro de Patrick Roger, sur l'antenne de Sud Radio. Il faut bien comprendre que, au-delà de la cotation du baril, vous avez la cotation du produit fini à Rotterdam. Ce qui s’est passé ces derniers jours a une influence sur le prix du produit raffiné. Comme on manque de gasoil en Europe, cela a créé une importante envolée du prix. Selon les chiffres du gouvernement, nous sommes à +25 centimes sur le gasoil et +8 centimes sur le sans plomb."
Ce n’est donc pas la marge nette des pompistes et stations services qui a augmenté ? "Nous subissons les prix au jour le jour. Une station a trois ou quatre jours de stocks en régime normal. Celles de campagne ont un peu de stock supplémentaire, mais avec de très faibles volumes vendus. Nous sommes 5200 dont 3800 indépendants. Depuis deux ans, une centaine disparaissent chaque année. À l’horizon 2035, nous aurons perdu 1500 points de vente."
⛽️Prix des #carburants : les stations-services se défendent
🗣️Francis Pousse (représentant des stations-services @mobiliansfr) : "Même nous avons été surpris par la hausse des prix ! On subit comme le consommateur !" #GrandMatin
➡️https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️0 826 300 300 pic.twitter.com/NvXoreWUEb— Sud Radio (@SudRadio) March 10, 2026
Un blocage des prix impossible
"La semaine dernière, on a vendu jusqu’à trois fois plus, résume Francis Pousse, représentant des stations-services de Mobilians sur l'antenne de Sud Radio. Les stocks ont fondu plus rapidement que prévu. Il a fallu racheter aux nouveaux prix qui n’ont cessé d’augmenter la semaine dernière. Nos marges nettes après paiement des salaires et amortissements sont de un à deux centimes. Comparé à la concurrence des grandes surfaces, on ne peut pas faire grand chose. Notre marge est fixe, ce n’est pas un pourcentage. Quand on passe la barre des deux euros le litre, les volumes s’effritent."
Quid de l’État ? Gagne-t-il plus dans cette situation ? "Il bénéficie de plus de TVA, la TICPE est fixe, à 60 centimes sur le gasoil et 67 centimes sur le sans plomb. En revanche, le montant de la TVA est plus important. Le Premier Ministre a annoncé plus de 500 contrôles. J’ai eu des retours, je laisse passer ces trois jours de contrôle avant de m’exprimer." Le gouvernement pourrait-il bloquer les prix ? "Le blocage des prix n’est pas possible car le cours du baril et de Rotterdam continueront d’augmenter. À un moment, vous seriez en situation de vente à perte. Pourquoi pas des remises à la pompe comme en 2022 ? Mais cela coûterait 8 milliards d’euros au budget de la France."
Retrouvez "C'est à la une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger
Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !