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Viol par soumission chimique : 12 ans de prison requis contre un accusé

"Machiavélique", "prédateur sexuel": une peine de 12 ans de réclusion criminelle a été requise vendredi à l'encontre d'un homme jugé à Lyon pour avoir drogué et violé sa compagne, et qui avait échangé avec Dominique Pelicot pour bénéficier de son "expérience".

Damien MEYER, - - AFP/Archives

Cette peine est "nécessaire pour cette atteinte physique et psychique à celle qui partageait sa vie, +choséifiée+ en simple accessoire sexuel, livrée aux fantasmes pervers", a lancé l'avocat général, Michel Guedes.

L'avocate de la partie civile, Julia Studient, le 11 juin 2026 dans la salle d'audience du tribunal à Lyon avant l'ouverture du procès d'un homme accusé d'avoir drogué sa femme et de l'avoir violée alors qu'elle était inconsciente

L'avocate de la partie civile, Julia Studient, le 11 juin 2026 dans la salle d'audience du tribunal à Lyon avant l'ouverture du procès d'un homme accusé d'avoir drogué sa femme et de l'avoir violée alors qu'elle était inconsciente

Jeff PACHOUD - AFP

La victime, une commerçante de 40 ans, a été "déshumanisée, traitée comme un objet", comme un "jouet", a fustigé de son côté devant la cour criminelle du Rhône son avocate, Me Julia Studient.

Au cœur de l'affaire, des vidéos, insoutenables, projetées à l'audience, où l'accusé, propos dégradants à l'appui, viole et agresse sexuellement sa compagne et mère de son fils, inerte.

C'est "la dérive d'une sexualité fantasmée à une sexualité consommée", a poursuivi l'avocat général, qui a réclamé aussi dix ans de suivi socio-judiciaire et de privation de droits civiques, à l'encontre de ce "prédateur sexuel" au "comportement machiavélique".

- Neuf versions -

Citant Gisèle Pelicot, violée et droguée par son mari Dominique qui l'a livré à des dizaines d'inconnus, il a tenu a "rendre hommage" au courage de la plaignante, notamment pour son choix de rendre l'audience publique. "Chapeau bas, chapeau bas !"

L'accusé, un ancien garde du corps de 39 ans, "mérite une nouvelle chance, tout le monde le mérite", a pour sa part plaidé son avocat, Me Gabriel Versini-Bullara. Et de solliciter une peine "en deçà des 12 ans" requis

En début d’après-midi, l’accusé avait avoué avoir "à deux reprises, administré des cachets à sa compagne", un revirement par rapport à la veille où il avait fermement nié l’avoir "jamais droguée".

Car "aujourd’hui, je dis la vérité", répond-il à Me Studient, qui lui demande "comment" le "croire" alors qu'il a livré neuf versions différentes depuis le début de l’affaire.

Les faits s'étendent de 2015 au 13 juin 2023, jour de l'interpellation de l'accusé au domicile conjugal. Dans son téléphone sont notamment retrouvées des conversations en ligne au cours desquelles il partageait des images volées de sa compagne, et mère de son fils, dénudée. Un diffusion qui prive la victime de "son droit à l'oubli", a regretté Me Studient.

Mais l'enquête qui le vise remonte à l'arrestation, en septembre 2020, de Dominique Pelicot, condamné en 2024 à 20 ans de prison pour avoir violé et livré sa femme Gisèle à des dizaines d'inconnus.

-"Pauvre type"-

Dans une conversation en ligne retrouvée après son interpellation, Dominique Pelicot offre ses conseils à l'accusé, se plaçant, comme le dit l'avocat général, "en gourou averti à ce nouvel adepte".

"Je vous suis à la lettre", lui avait répondu son interlocuteur, qui est allé jusqu'à proposer à Dominique Pelicot de venir à Lyon, afin de passer lui-même à l'acte. Mais celui-ci n'a jamais fait le voyage, comme le démontrera l'enquête, et comme l'assure avec force l'accusé, preuve supplémentaire selon lui que ses déviances sexuelles ne sont que "virtuelles".

L'avocat de la défense Gabriel Versini, à gauche, avant l'ouverture du procès de son client au tribunal de Lyon le 11 juin 2026

L'avocat de la défense Gabriel Versini, à gauche, avant l'ouverture du procès de son client au tribunal de Lyon le 11 juin 2026

Jeff PACHOUD - AFP

Dominique Pelicot "n'existe pas dans ce dossier", "ce ne sont que des fantasmagories", a appuyé Me Versini-Bullara, qui a longuement insisté pour dissocier les deux affaires et moqué le terme de "disciple" auquel son client a pu être associé: "il n'est pas inféodé" à Pelicot, "c'est juste un pauvre mec, un pauvre type qui a des problèmes existentiels et sexuels."

"Je ne me reconnais pas dans ce que j'ai fait", a aussi répété l'accusé, d'une voix chevrotante. "Je vous demande pardon, à Véro (prénom d'emprunt), à mes enfants, à sa famille. J’avais tout, j'ai tout détruit", assurant "je veux payer ma dette, redevenir la personne que j'étais".

Le verdict est attendu dans la soirée.

Par Ambre DEPRES / Lyon (AFP) / © 2026 AFP

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