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Qui veut la peau de la Cour Pénale Internationale ?

Par Hugo Paillart

Décryptage Sud Radio – Empêtrée dans un scandale impliquant le procureur Karim Khan depuis le 8 juin, la Cour Pénale Internationale basée à La Haye est contestée par plusieurs pays. Le Niger, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, dénonce une cour « instrumentalisée » et « néocoloniale », tandis que les États-Unis voudraient sa disparition. La Cour Pénale Internationale est-elle en train de vivre ses derniers jours ?

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La Cour Pénale Internationale doit faire face à des difficultés depuis le début du mois de juin. Son procureur Karim Khan, visé par des accusations d'agressions sexuelles, a été destitué le 24 juillet par un vote de l'Assemblée des 125 États membres réunis à New York. L'avocat anglais nie toute accusation et dénonce, par la voix de son entourage, un coup monté lié à ses prises de position sur Israël — notamment les mandats d'arrêt délivrés en 2024 contre Benyamin Netanyahou. Cette polémique vient s'ajouter aux critiques contre la CPI. Des pays comme les États-Unis et plusieurs pays du Sud sont parmi les principaux « critiques » de cet organe.

Les États-Unis, le premier des procureurs

Alors qu'ils ne la reconnaissent pas, les États-Unis sont les premiers critiques de la CPI. Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a annoncé le 14 juillet une vaste campagne diplomatique et affirmé vouloir « démanteler la Cour pénale internationale — brique par brique, s'il le faut ». Il justifie cette offensive par la primauté de la « souveraineté des États » sur ce qu'il appelle la « gouvernance mondiale », et dénonce une cour qui s'attaquerait à ceux qui assurent la sécurité de leurs alliés.

Les pays du Sud, critiques acerbes

Mais les États-Unis ne sont pas les seuls à vouloir affaiblir la CPI. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso, réunis au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), ont officialisé fin juin leur retrait de la Cour, qu'ils qualifient d'« instrument de répression néocoloniale aux mains de l'impérialisme ». Le retrait, notifié à l'ONU, ne deviendra toutefois effectif qu'en juin 2027, comme le prévoit le Statut de Rome.

Le Venezuela a annoncé le 24 juillet quitter à son tour la CPI. La présidente par intérim Delcy Rodriguez et le ministre des Affaires étrangères Felix Plasencia accusent la Cour d'un « biais géographique » ayant disproportionnellement visé les pays africains et latino-américains, au détriment du « Sud global ».

Une justice nationale plutôt qu'internationale

Parmi les principales revendications des pays critiques, la volonté est affichée de revenir à une « justice souveraine » et non internationale.

La CPI rappelle que son premier devoir est de juger les politiques ou les personnalités qui ont commis des crimes lors des guerres qu'elles soient civiles ou non. Le but, c'est de venir en aide aux pays lorsque ces derniers ne peuvent juger les coupables.

Mettre en péril cet organe reviendrait à donner un blanc-seing aux autorités.

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