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Cambriolage au musée Renoir : œuvres invendables et nouvelles menaces

Le cambriolage mardi du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, sur la Côte d'Azur, où deux toiles du maître impressionniste ont été dérobées, relance les interrogations sur la sécurité des collections et le destin des œuvres volées, quasiment "impossibles" à revendre, estime un commissaire-priseur.

Entrée du musée Renoir à Cagnes-sur-Mer, avec des policiers sur place.
Valery HACHE - AFP

Le cambriolage mardi du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, sur la Côte d'Azur, où deux toiles du maître impressionniste ont été dérobées, relance les interrogations sur la sécurité des collections et le destin des œuvres volées, quasiment "impossibles" à revendre, estime un commissaire-priseur.

- Quel avenir pour les œuvres volées ? -

"À la différence des bijoux ou de l'or, que l'on peut fondre, les tableaux de Renoir sont strictement invendables", affirme à l'AFP Alexandre Giquello, commissaire-priseur et président de la maison Drouot.

Même découpées de leur cadre par les voleurs avec une scie électrique à métaux, les deux peintures dérobées, "Madame Colonna Romano" (vers 1910) et "Jeune femme au puits" (vers 1886), sont répertoriées dans les collections du musée et comme œuvres spoliées restituées en 1945 par les autorités allemandes, ce qui rend leur identification quasi immédiate.

La moindre apparition publique ou sur les réseaux sociaux pourrait entraîner l'intervention de l'Office centrale de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC). Selon le commissaire-priseur, "il faut exclure l'hypothèse de commanditaires comme le Dr No (vilain de la saga James Bond, ndlr) dans son bunker, souhaitant avoir sa collection privée". Pour lui, le cambriolage de ce musée aménagé dans une villa d'un quartier résidentiel des hauteurs de Cagnes-sur-Mer est "un vol facile, au recel impossible".

Si la valeur des deux tableaux n'a pas été précisée, un préjudice de 9 millions d'euros a dans un premier temps été évoqué par la mairie.

Selon Alexandre Giquello, il n'y a "aucune chance" de les vendre à un prix proche de leur valeur. "Les cambrioleurs ont l'impression de voler des objets importants en valeur sauf qu'ils sont invendables et ils se retrouvent coincés".

"Même en ce qui concerne l'or ou les bijoux, les pierres sont taillées et les métaux fondus et ils perdent de leur valeur brute", précise-t-il.

- Les vols dans les musées, "nouvelle menace" ? -

Dans une note de la direction nationale de la police judiciaire consultée par l'AFP, les vols dans les musées sont qualifiés de "nouvelle menace", avec une attention particulière portée sur la durée des cambriolages. Au musée Renoir, les deux voleurs ne sont pas restés plus de cinq minutes, arrivant peu avant six heures du matin.

A Montans (Tarn), le 1er juillet, des individus ont dérobé une quarantaine de pièces d'or antiques au Centre archéologique, en moins de quinze minutes. Au musée Lalique, à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), des pièces de joaillerie ont été dérobées en une dizaine de minutes le 5 juillet. Au musée du Pays Châtillonnais le 24 juillet à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), deux individus ont rapidement mis la main sur le trésor de Vix (480 grammes d'or, datés de -500 av. J-C).

Lors du retentissant casse du Louvre, le 19 octobre 2025, un commando a emporté en moins de sept minutes huit joyaux de la Couronne de France.

La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a décrit mercredi sur franceinfo après le vol des Renoir, "des commandos qui agissent très vite pour dérober typiquement les objets qu'ils veulent dérober".

- Comment mieux protéger les musées ? -

"Les musées sont moins bien protégés que les banques ou les grands bijoutiers", estime Alexandre Giquello. "Ça va être un travail de longue haleine, très coûteux, de remise en conformité des moyens de sécurisation des œuvres", poursuit-il, "un chantier qui arrive à un moment où les finances publiques ne sont pas en meilleure santé".

La ministre de la Culture a appelé dans un communiqué à l'instauration "de mesures d'urgence", "sans délai" dans les musées.

Le 27 juillet, le ministère avait dévoilé un plan en 33 mesures visant à assurer davantage de sûreté pour les musées les plus vulnérables. 3.127 lieux sensibles - dont 1.200 musées - avaient alors été cartographiés pour faire l'objet d'une vigilance particulière.

En 2024, 23% des musées de France seulement disposaient d'un plan d'urgence, et seules 54% des collections nationales bénéficiaient d'un dispositif de vidéosurveillance, est-il précisé dans ce plan.

Par Baptiste MAISONNAVE / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#MuseumTheft #Renoir #ArtCrime #CulturalHeritage #France

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