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Fake injectors : pourquoi les injections esthétiques clandestines continuent-elles ?

Par Aurélie Giraud

Recrutement sur les réseaux sociaux, injections à bas prix, produits d’origine douteuse : le phénomène des « fake injectors » est devenu un véritable problème de santé publique.

fake injectors
Les injections esthétiques clandestines inquiètent les professionnels de santé.

Deux décès en quelques mois ont remis en lumière le phénomène des « fake injectors », ces personnes qui pratiquent illégalement des injections esthétiques, parfois à domicile ou dans des salons de beauté. Malgré les interdictions et les risques sanitaires, ces pratiques continuent notamment à prospérer sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce qui cloche ?

Des injections clandestines qui peuvent avoir des conséquences dramatiques

En mars, à Villeurbanne, une femme est décédée après une injection clandestine pratiquée par une personne non qualifiée. Le 27 juillet, à Nice, une jeune femme de 25 ans est morte dans un salon de beauté où elle était venue pour des injections esthétiques. Selon les premiers éléments de l’enquête, elle a fait un malaise immédiatement après l’administration de lidocaïne, un anesthésiant. La femme ayant pratiqué l’injection ne disposait ni de la formation ni de l’autorisation nécessaires.

Ces drames mettent en lumière le phénomène des « fake injectors ». Ces faux praticiens proposent notamment, par les réseaux sociaux ou le bouche-à-oreille, des injections à prix cassés réalisées hors de tout cadre médical. Or, une injection esthétique n’est pas un simple soin de beauté : elle peut entraîner des complications graves. Le risque est encore plus important lorsque l’origine ou la composition exacte des produits utilisés est inconnue. En cas de complication, les médecins peuvent alors avoir beaucoup plus de difficultés à déterminer ce qui a réellement été injecté et à traiter le patient.

Contrôles, réseaux sociaux : comment lutter contre les « fake injectors » ?

La pratique d’injections esthétiques par des personnes non habilitées est déjà illégale en France. Le problème est donc désormais de mieux faire respecter cette interdiction. Plusieurs pistes sont avancées par les professionnels : renforcer les contrôles dans les salons, identifier plus rapidement les lieux clandestins et les circuits d’approvisionnement, mais aussi durcir la lutte contre les comptes qui proposent ou font la promotion de ces injections sur les réseaux sociaux. Le gouvernement travaille parallèlement à un encadrement plus précis de la médecine esthétique.

Les professionnels réclament également un cadre médical plus clair, notamment concernant l’accès à la toxine botulique pour les médecins formés à la médecine esthétique. L’enjeu est désormais de faire en sorte que les actes d’injection restent dans un environnement médical identifiable, avec des produits traçables et des professionnels formés capables de prendre en charge une éventuelle complication. Car face aux « fake injectors », l’interdiction existe déjà : le véritable défi est désormais de rendre les pratiques clandestines beaucoup plus difficiles à exercer et à promouvoir.

Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise

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