Les prix à la pompe s'envolent de nouveau. Sous l'effet des tensions au Moyen-Orient et des frappes dans le détroit d'Ormuz, le cours du baril de Brent a de nouveau franchi la barre des 100 dollars. Des conséquences quasi directes en France alors que les automobilistes font face à des tarifs atteignant 2,10 € à 2,33 € le litre selon les carburants. Au micro de Sud Radio, Cédric, témoigne de l’impact de la hausse des prix du carburant sur son quotidien. « Aujourd’hui, un plein de 65 litres dans mon véhicule me coûte 150 €. À raison d’un plein toutes les semaines et demie, cela représente environ 600 € par mois.
« C’est l’équivalent d’un deuxième loyer », explique-t-il. L’auditeur dénonce également l’écart entre les prix actuels et ceux observés lors des précédentes crises pétrolières. « En 2011, le baril était à 111 dollars et le carburant à 1,16 €. Aujourd’hui, avec un baril autour de 100 dollars, le gasoil est à 2,33 € », souligne-t-il.
Des appels à des manifestations nationales
Il pointe notamment la fiscalité qui pèse sur le prix à la pompe : « L’État continue de prélever 60 à 85 centimes par litre, auxquels s’ajoute la TVA à 20 % appliquée sur le produit pétrolier. L’État nous prend de l’argent alors qu’on ne peut plus vivre ». Face à cette flambée des prix, aucun nouveau geste fiscal ni dispositif d’aide supplémentaire n’est à l’ordre du jour, rapporte Franceinfo. Le gouvernement fait valoir qu’il subit lui aussi la hausse des cours internationaux et n’entend pas multiplier les aides.
Dans ce contexte plus que tendu, un sondage réalisé sur la chaîne YouTube de Sud Radio indique que 66 % des répondants jugent possible un retour des Gilets jaunes. Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels à un retour du mouvement de 2018 sont publiés, annonçant des manifestations le 17 octobre « face à la montée du prix du gasoil, des taxes, des impôts et aux nouvelles mesures qui pèsent de plus en plus sur les Français » explique, entre autres, un post Facebook.
🦺Prix record des carburants : faut-il un retour des Gilets Jaunes ?
— Sud Radio (@SudRadio) September 10, 2026
🗣️Olivier (auditeur) : "Je ne comprends pas... Avant pour un pain on coupait la tête au roi !" #LaVeriteEnFace
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« Les Français ont peut-être compris qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses »
Pour autant, la réalité pourrait être beaucoup plus calme qu’en 2018. Élisabeth Lévy estime que la situation est bien différente de celle de 2018 puisqu’il ne s'agit pas d'une décision fiscale directe du gouvernement. Selon l'éditorialiste, la France doit tourner la page de « l’argent magique » post-Covid : « Les Français ont peut-être compris qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses. Si nous voulons redresser la barre, nous allons connaître quelques années de paupérisation ou de stagnation de nos revenus, et il n'y a pas le choix », explique-t-elle.
Olivier, lui, ne s'étonne pas réellement du silence global alors que le gasoil était à 1,50 € au début du mouvement de 2018 : « Les gens ont tous des crédits. À l'heure actuelle, personne ne peut plus se permettre de perdre une journée de travail, car un jour de travail perdu, c'est de l'argent en moins qui s'ajoute au prix du plein ».
« Il y aura une vengeance dans les urnes »
De son coté, Françoise Degois refuse d'interpréter le calme actuel comme une acceptation. Pour elle, si l'action sociale est au point mort, c'est en raison de la désespérance laissée par les mobilisations contre la réforme des retraites, où le gouvernement n'a pas cédé malgré des millions de manifestants. « Il y aura une vengeance dans les urnes », avertit-elle.
« Les Français n'en peuvent plus de voir Total verser des milliards de dividendes et les riches devenir plus riches, tandis que la classe moyenne et les 15 à 20 millions de travailleurs précaires ne peuvent même plus assurer leurs factures énergétiques ni manger dignement ». Elle rappelle également que la colère populaire reste imprévisible : « Les mouvements éruptifs basés sur la vie chère ne se prédisent pas. Avant mai 68, Le Monde titrait "La France s'ennuie". En 2018, personne n'avait vu venir la première manifestation des Gilets jaunes ».
Le souvenir du pétard mouillé de septembre 2025
Pour rappel, l’an passé, le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre 2025 avait réussi à réunir entre 175 000 personnes (selon le ministère de l'Intérieur) et 250 000 à 360 000 participants (selon les syndicats et organisateurs). Néanmoins, malgré 812 actions recensées, dont 262 blocages routiers, des tentatives d'occupation du périphérique parisien et des rassemblements en province, la journée s'est soldée par un pétard mouillé, n’ayant entraîné ni le soulèvement généralisé espéré initialement, ni un changement de cap budgétaire du gouvernement.