Il y a 25 ans, Al-Qaida terrorisait le monde entier et les États-Unis en particulier. Le 11 septembre 2001, 19 djihadistes prennent le contrôle de quatre avions de ligne et commettent les attentats les plus meurtriers de notre histoire : 2 977 morts et plus de 6 000 blessés en moins de deux heures. Alors, depuis ce massacre, qu’est devenu le groupe terroriste Al-Qaida ?
Après sa création en 1988, le groupe terroriste émerge en Afghanistan puis au Pakistan, avec à sa tête Oussama Ben Laden, commanditaire en chef des attentats du 11 septembre. À cette époque, c’est un réseau centralisé. C’est une branche forte, avec des revendications précises, notamment concernant l’Occident, surtout les États-Unis, au-delà de la dimension spirituelle de l’organisation.
Al-Qaida à l’origine de l’attentat de Charlie Hebdo
Mais depuis la mort de leur chef spirituel, le 2 mai 2011, la portée du groupe terroriste n’est plus la même et son fonctionnement est lui aussi très différent. Cependant, il n’a pas été réduit à néant. Entre 2011 et 2022, Ayman al-Zawahiri, un proche de Ben Laden, avait pris les rênes de l’organisation avant d’être tué à Kaboul par la volonté de Joe Biden. Durant cette période, Al-Qaida revendique plusieurs attaques, notamment celle de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris. Un épisode particulièrement douloureux pour la France avec 12 personnes sauvagement assassinées, dont plusieurs journalistes et caricaturistes comme Cabu ou Charb…
Des « filiales » d'Al Qaida en Afrique
Al-Qaida revendique également de nombreux attentats, au Kenya en 2015 (148 morts), en Algérie en 2013 (40 otages tués) ou au Mali (20 morts)… Mais il y a une différence majeure depuis la mort d’Oussama Ben Laden jusqu’à aujourd’hui : Al-Qaida n’est plus un. L’organisation s’est décuplée et désormais, elle s’étend de la Somalie avec Al-Shabaab et l’AQMI, au Sahel avec le JNIM, en passant par le Yémen avec AQAP.
Deux branches toujours très actives
En 2026, deux branches restent particulièrement puissantes et problématiques en Afrique. Le JNIM (Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin) demeure l’organisation la plus active au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger). Près de 8 000 combattants seraient sur place et les commanditaires seraient encore « en planque en Afghanistan ou en Iran », selon l’Organisation des Nations unies. S’il ne contrôle pas les territoires, leur zone d’influence s’étend.
Al-Shabaab, en Somalie, est aussi particulièrement influente. Présente depuis plus longtemps, sa méthode est différente : elle fonctionne comme une gouvernance clandestine : taxation, tribunaux, recrutement, renseignement… Les autres organisations sont, quant à elles, moins influentes. Hayat Tahrir al-Cham (HTS), précédemment très présente en Syrie, a désormais rompu avec Al-Qaida à la suite de la chute de Bachar el-Assad.