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Incendie : Qu’est ce que le pyrocumulonimbus ?

Par Hugo Paillart

Analyse Sud Radio – Avec les incendies en Gironde, la fumée entraîne la création d’un phénomène : le pyrocumulonimbus. Ce dernier pourrait compliquer la tâche des pompiers dans leurs luttes contre les feux en créant des « orages de feu ». Comment se forment-ils ? Quel est son impact sur les incendies ?

Thibaud MORITZ - AFP/Archives

220 000 personnes ont évacué la Gironde suite aux incendies qui ravagent le département. Les soldats du feu mettent tout en œuvre pour ralentir sa progression, le fixer puis l’éteindre. Ces derniers ont réussi à stabiliser les feux mais un nouveau phénomène vient compliquer leur tâche. Ce phénomène météorologique, c’est « l’orage de feu » , le pyrocumulonimbus. Cet énorme nuage composé d’air chaud va rendre l’action des pompiers difficile.

Un phénomène imprévisible 

Le pyrocumulonimbus est un nuage d’orage né au-dessus d’un incendie de forte intensité. Une colonne d’air se forme en air chargé de fumée ainsi que de particules qui refroidit. Cette fusion des éléments crée un cumulonimbus chargé de feu.

« Un phénomène parfaitement imprévisible qui combine à la fois l’incendie et l’orage qu’il produit lui-même avec ses impacts de nouveaux départs de feux et du vent qui attise le feu. Le tout dans un département qui a l’une des plus importantes forêts d’Europe, donc une matière combustible à profusion. » définit la préfète de Gironde après une réunion d’expert, le phénomène du pyrocumulonimbus.

Un phénomène aux multiples dangers

À l'instar d'un orage classique, le pyrocumulonimbus génère sa propre activité électrique : la foudre qu'il produit peut allumer de nouveaux foyers, parfois à plusieurs kilomètres du sinistre initial. Les vents qu'il déclenche sont tout aussi problématiques — rafales descendantes, bourrasques imprévisibles — et viennent alimenter les flammes au sol plutôt que de les calmer.

Mais l'impact ne s'arrête pas à la zone du sinistre. La fumée aspirée par ce nuage peut être propulsée jusqu'à 15, voire 20 kilomètres d'altitude, atteignant parfois la stratosphère. Une fois à cette hauteur, les particules peuvent parcourir des milliers de kilomètres et demeurer en suspension pendant plusieurs mois, avec des répercussions observables sur le climat bien au-delà de la région touchée.

Pour les pompiers sur le terrain, c'est surtout l'imprévisibilité du phénomène qui pose problème : les changements brusques de direction du vent qu'il provoque peuvent faire basculer la trajectoire de l'incendie en quelques minutes, rendant caduque toute stratégie établie. En Gironde, cette instabilité a directement entravé les opérations de lutte contre le feu.

Aucune victime à déplorer

Jean-Baptiste Filippi, chercheur du CNRS (Laboratoire des sciences pour l’environnement CNRS-Université Corse-Pasquale-Paoli), estime que « c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts », bien que 84 pompiers ont été blessés par les incendies. Pour le spécialiste, cette situation catastrophique nécessite que « la France investisse de toute urgence dans la recherche, comme l’ont fait depuis longtemps la Californie ou l’Australie ».

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