Après la mort de Lyhanna, la réalisatrice Andréa Bescond appelle vendredi à renforcer drastiquement les moyens de la police et de la justice pour lutter contre les violences faites aux enfants, faute de quoi "d'autres seront tués par des pédocriminels récidivistes".
Cette figure de la lutte contre les violences faites aux enfants, autrice des "Chatouilles", appelle à manifester tous les lundis soir devant les tribunaux partout en France pour demander la mise en place d'une loi intégrale contre les violences.
Q: Malgré votre interpellation à l'issue de la manifestation lundi, vous manifesterez à nouveau ?
R: Bien sûr ! Je n'ai pas peur, je sais pourquoi je fais ça, pourquoi on doit faire ça tous ensemble.
On ne peut pas tolérer que nos enfants soient violés, tués par des pédocriminels récidivistes. On ne peut pas tolérer que le service judiciaire ne soit pas en mesure de rendre justice et qu'on le pointe ensuite du doigt.
Le problème est principalement budgétaire et surtout tous ces effectifs qui manquent... C'est vraiment un problème d'État et de volonté politique. Tout le service public a été trahi par M. Macron depuis qu'il est président. Lyhanna est l'injustice et la victime de trop dans ce système hyper maltraitant et qui manque considérablement de moyens. C'est un symbole de l'abandon du service public.
J'appelle tous les travailleurs du service public à nous rejoindre. La justice, la police, l'Éducation nationale, la santé et la culture. Tout le monde doit être présent.
Q: Qu'apporterait une loi intégrale ?
R: Cette loi cadre intégrale parle beaucoup de prévention. Le problème est culturel. Il faut qu'on se confronte à la culture de l'inceste, à la culture du viol et à la domination masculine. Tant qu'on ne travaillera pas sur l'égalité des genres, les viols perdureront.
Cette loi permettrait aussi d'avoir une justice effective, en prévoyant des moyens pour avoir beaucoup plus d'effectifs dans la police, la justice, plus de tribunaux spéciaux, plus d'accompagnement des victimes.
Q: Que pensez-vous de la réaction du gouvernement à l'affaire Lyhanna ?
R: C'est leur devoir de prendre la mesure de leur responsabilité et du désastre qui s'est opéré. Je les invite vraiment à gagner en humilité rapidement et à souscrire aux propositions des associations qui travaillent depuis des années sur le sujet. Tant qu'on ne changera pas de paradigme, les enfants mourront. Ils seront tués par des pédocriminels récidivistes.
Le gouvernement sait proposer des mesures qui ne coûtent rien et qui permettront de dire +vous voyez on s'implique+. Par exemple, qu'il y ait des peines plus longues, ça n'arrange rien puisque de toute façon les agresseurs ne sont pas condamnés. On ne se laissera pas avoir par des mesurettes démagogiques présentées sur le coup de l'émotion.
Q: Est-ce à un moment charnière ?
R: C'est un virage qu'il ne faut pas louper. Bien sûr, j'ai peur que la mobilisation s'essouffle. Il va y avoir le G7, la coupe du monde de foot, on sait que le gouvernement va tout faire pour que ça s'essouffle...
Mais les gens ont pris conscience de la défaillance étatique. Ils ont pris conscience que d'autres enfants sont morts avant Lyhanna et d'autres mourront après pour les mêmes raisons. Et ça, c'est quand même assez nouveau. Les gens se disent +mais il y a vraiment un problème et on nous fait croire qu'il y a un dysfonctionnement+.
Q: Que faire dans l'immédiat pour mieux protéger les enfants ?
R: Déjà, leur accorder une place respectueuse au sein de la famille et de la société. On peut expliquer aux gens clairement qu'il est interdit de frapper son enfant. Que c'est complètement contre-productif, un enfant humilié, frappé, c'est potentiellement une cible pour un pédocriminel.
Il faut parler, expliquer. Expliquer à un enfant l'importance des parties intimes, ce qu'est un crime de pédocriminalité et d'inceste. Les enfants ne sont pas traumatisés par la prévention. Ils sont traumatisés par les agressions.
Q: La manière dont on considère les violences faites aux enfants a-t-elle évolué au cours de la dernière décennie ?
R: On revient de loin. Je pense que le mouvement #MeToo a été déterminant dans le regard porté sur les violences sexuelles. On a beaucoup parlé des femmes, assez peu des enfants, alors que tout est lié. Là, enfin on parle des enfants.
J'ai quand même l'impression que les gens s'intéressent plus au sujet, on en parle beaucoup plus. Il y a un engagement de la société civile. Après, il faudrait aussi une vraie volonté politique.
Par Vanessa CARRONNIER / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
Après la mort de Lyhanna, la réalisatrice Andréa Bescond appelle vendredi à renforcer drastiquement les moyens de la police et de la justice pour lutter contre les violences faites aux enfants, faute de quoi "d'autres seront tués par des pédocriminels récidivistes".
Cette figure de la lutte contre les violences faites aux enfants, autrice des "Chatouilles", appelle à manifester tous les lundis soir devant les tribunaux partout en France pour demander la mise en place d'une loi intégrale contre les violences.
Q: Malgré votre interpellation à l'issue de la manifestation lundi, vous manifesterez à nouveau ?
R: Bien sûr ! Je n'ai pas peur, je sais pourquoi je fais ça, pourquoi on doit faire ça tous ensemble.
On ne peut pas tolérer que nos enfants soient violés, tués par des pédocriminels récidivistes. On ne peut pas tolérer que le service judiciaire ne soit pas en mesure de rendre justice et qu'on le pointe ensuite du doigt.
Le problème est principalement budgétaire et surtout tous ces effectifs qui manquent... C'est vraiment un problème d'État et de volonté politique. Tout le service public a été trahi par M. Macron depuis qu'il est président. Lyhanna est l'injustice et la victime de trop dans ce système hyper maltraitant et qui manque considérablement de moyens. C'est un symbole de l'abandon du service public.
J'appelle tous les travailleurs du service public à nous rejoindre. La justice, la police, l'Éducation nationale, la santé et la culture. Tout le monde doit être présent.
Q: Qu'apporterait une loi intégrale ?
R: Cette loi cadre intégrale parle beaucoup de prévention. Le problème est culturel. Il faut qu'on se confronte à la culture de l'inceste, à la culture du viol et à la domination masculine. Tant qu'on ne travaillera pas sur l'égalité des genres, les viols perdureront.
Cette loi permettrait aussi d'avoir une justice effective, en prévoyant des moyens pour avoir beaucoup plus d'effectifs dans la police, la justice, plus de tribunaux spéciaux, plus d'accompagnement des victimes.
Q: Que pensez-vous de la réaction du gouvernement à l'affaire Lyhanna ?
R: C'est leur devoir de prendre la mesure de leur responsabilité et du désastre qui s'est opéré. Je les invite vraiment à gagner en humilité rapidement et à souscrire aux propositions des associations qui travaillent depuis des années sur le sujet. Tant qu'on ne changera pas de paradigme, les enfants mourront. Ils seront tués par des pédocriminels récidivistes.
Le gouvernement sait proposer des mesures qui ne coûtent rien et qui permettront de dire +vous voyez on s'implique+. Par exemple, qu'il y ait des peines plus longues, ça n'arrange rien puisque de toute façon les agresseurs ne sont pas condamnés. On ne se laissera pas avoir par des mesurettes démagogiques présentées sur le coup de l'émotion.
Q: Est-ce à un moment charnière ?
R: C'est un virage qu'il ne faut pas louper. Bien sûr, j'ai peur que la mobilisation s'essouffle. Il va y avoir le G7, la coupe du monde de foot, on sait que le gouvernement va tout faire pour que ça s'essouffle...
Mais les gens ont pris conscience de la défaillance étatique. Ils ont pris conscience que d'autres enfants sont morts avant Lyhanna et d'autres mourront après pour les mêmes raisons. Et ça, c'est quand même assez nouveau. Les gens se disent +mais il y a vraiment un problème et on nous fait croire qu'il y a un dysfonctionnement+.
Q: Que faire dans l'immédiat pour mieux protéger les enfants ?
R: Déjà, leur accorder une place respectueuse au sein de la famille et de la société. On peut expliquer aux gens clairement qu'il est interdit de frapper son enfant. Que c'est complètement contre-productif, un enfant humilié, frappé, c'est potentiellement une cible pour un pédocriminel.
Il faut parler, expliquer. Expliquer à un enfant l'importance des parties intimes, ce qu'est un crime de pédocriminalité et d'inceste. Les enfants ne sont pas traumatisés par la prévention. Ils sont traumatisés par les agressions.
Q: La manière dont on considère les violences faites aux enfants a-t-elle évolué au cours de la dernière décennie ?
R: On revient de loin. Je pense que le mouvement #MeToo a été déterminant dans le regard porté sur les violences sexuelles. On a beaucoup parlé des femmes, assez peu des enfants, alors que tout est lié. Là, enfin on parle des enfants.
J'ai quand même l'impression que les gens s'intéressent plus au sujet, on en parle beaucoup plus. Il y a un engagement de la société civile. Après, il faudrait aussi une vraie volonté politique.
Par Vanessa CARRONNIER / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP