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Médecin en garde à vue : l'incroyable histoire de Gabriel Terdjman

TÉMOIGNAGE SUD RADIO - Dans le Val-de-Marne, un médecin généraliste a été placé en garde à vue après avoir refusé une réquisition pour établir un certificat de décès. Il raconte son histoire édifiante au micro de Sud Radio.

Gabriel Terdjman

Gabriel Terdjman, 79 ans, médecin généraliste à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), est sous le choc, après avoir été placé à garde à vue pour un simple refus de certificat de décès. L'histoire s’est déroulée mardi 5 janvier. Alors que la neige paralyse son département et qu’une partie du corps médical est en grève, il reçoit un coup de fil qui lui indique qu'il est réquisitionné. Il pense à une blague. Le début des soucis.

"Tout s'est passé au moment où on avait la tempête de neige dans notre région. J'ai reçu un appel masqué, j'insiste bien, un appel masqué, par un monsieur qui ne s'est pas présenté. Comme j'étais à ce moment-là médecin non gréviste, j'ai cru que c'était une plaisanterie, que c'était une provocation d'un médecin gréviste qui voulait marquer le fait que je n'avais pas souscrit au mouvement", raconte Gabriel Terdjman au micro de Sud Radio.

"J'ai cru que c'était une provocation d'un médecin gréviste"

"J'étais en pleine consultation, mes heures de travail sont toujours les mêmes : de 7h30 le matin jusqu'au soir 21 heures. Donc, ce n'était pas possible pour moi d'y référer. Ce, d'autant que, d'habitude, lorsqu'on a une réquisition, elle est manuscrite, c'est-à-dire qu'il y a un policier qui se déplace et qui nous apporte un document nous faisant foi de la réquisition. Là, tout était oral, sans présentation, donc j'ai cru à une blague."

"Je réponds en pensant que c'était une urgence. La personne me dit : 'Docteur Gabriel Terdjman ? Ici le commissariat de Chennevières, il faut que vous veniez immédiatement, pour établir un certificat de décès'. Là, je pense que c'est une plaisanterie, je réponds 'vous rigolez'etc. Au cours de la discussion, il me menace de sanctions. Et comme je ne prends pas, je fais fi de ses menaces, puis le ton monte un petit peu, et puis je raccroche. J'avais plein de monde dans mon cabinet, tout cela peut être consulté sur Doctolib, je suis complet à 15 jours", poursuit Gabriel Terdjman au micro de Sud Radio.

Placé en détention puis remis en cellule car... la procureure n'est plus joignable !

Comme le raconte le docteur Gabriel Terdjman, deux jours plus tard, il s'est fait réprimander par la même personne au téléphone pour avoir fait fi de la réquisition, mais qu'il a encore cru à une blague. "Je le traite un petit peu de haut, en rigolant", raconte le médecin. Une nonchalance qui finira par lui coûter cher, puisque deux ou trois jours plus tard, il reçoit une lettre du commissariat de police le convoquant pour une garde à vue.

"J'arrive à 15 heures, j'ai droit à la fouille, il faut enlever ma ceinture, mes lacets et mes lunettes. Après, je suis mis en cellule avec un prévenu qui est en attente d'être déféré. Et puis, à 17h45, on vient me chercher pour l'interrogatoire. Donc, je réponds à l'interrogatoire, qui se passe fort courtoisement, sans problème et sans difficulté. Et puis, je dis : 'bon ben, j'espère que c'est fini, je vais pouvoir rentrer ?'. Il me dit : 'ah, je suis désolé, la procureure n'est plus joignable', et on me remet en cellule.

"Convoqué devant un procureur pour outrage à magistrat !"

Au moment de ma sortie, on veut me faire signer un document comme quoi je reconnais que je suis convoqué devant un procureur pour outrage à magistrat. Et on me cite l'OPJ, un nom de femme que je n'ai jamais entendu, jamais vu. Quand je m'interroge auprès de l'agent, il me dit : 'oui, vous ne l'avez pas eue au téléphone, mais elle était à côté de moi, le téléphone était ouvert, et elle a tout entendu'", raconte le docteur Gabriel Terdjman au micro de Sud Radio.

S'estimant lésé, le docteur Gabriel Terdjman compte se retourner contre la police et l'État. "J'ai trois procédures que je vais mettre en place : le Défenseur des droits, l'IGPN, puis je me retournerai contre l'État pour les dommages que j'ai subis et que j'ai fait subir à mes patients".

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