Le Français Tom Félix, qui risquait la peine de mort en Malaisie pour détention et trafic de stupéfiants, accusations qu'il a toujours contestées, a été acquitté mardi et va retrouver la liberté après plus de 900 jours de détention.
Agé de 34 ans, cet ancien cadre au sein du groupe français Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine et sur le point d'ouvrir un restaurant à Langkawi, avait été arrêté le 9 août 2023 sur cette île du nord-ouest de la Malaisie.
Dans la maison où il était hébergé par son associé malaisien, la police avait trouvé 1,86 kilo de cannabis dans les pièces communes. Les deux hommes avaient été interpellés.
Sa famille assurait que, durant l'enquête, Tom Félix avait été "disculpé" par son associé.
"Dans cette affaire, le tribunal n'a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité (...) l'accusé est donc acquitté et libéré", a décidé la juge Evawani Farisyta Mohammad de la Haute cour criminelle de Alor Setar, ville située à 500 km au nord-ouest de Kuala Lumpur et où le jeune Français était détenu.
Tom Félix devrait retrouver la liberté dans les prochaines heures après diverses démarches.
"Nous sommes très heureux, soulagés. C'est la fin d'un cauchemar et nous sommes tellement heureux", a réagi Sylvie Félix, maman de Tom, interrogée par l'AFP à la sortie du tribunal.
"Nous sommes très reconnaissants du soutien de toute notre famille et maintenant qu'il (Tom) a été acquitté, nous faisons tout notre possible pour que son retour (en France) se déroule en toute sécurité et le plus rapidement possible", a-t-elle ajouté.
- détention éprouvante -
Emmanuel Macron, qui avait reçu les deux parents en mai à l'occasion d'une visite officielle à Singapour où M. et Mme Félix enseignent au Lycée français, a dit son "immense soulagement", dans un message sur X.
Le Français Tom Felix (2e g) assis à côté d'agents de l'immigration, regarde ses parents, Jean-Luc Felix (d) et Sylvie Felix (2e d), après son acquittement de huit chefs d'accusation liés à la drogue devant la Haute Cour d'Alor Setar, le 3 février 2026 en Malaisie
Hakim Mustapha - AFP
"Pensées particulières pour ses parents, que j'avais rencontrés, qui n'ont jamais cessé d'y croire et qui vont maintenant être réunis avec leur fils", a ajouté le président français.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a lui aussi fait part de son "immense soulagement" à la télévision publique française.
Après une précédente audience le 14 janvier, durant laquelle le procureur avait présenté ses arguments, le jeune Français, le visage émacié, a de nouveau comparu mardi après-midi.
Portant une chemise blanche et très amaigri, le jeune Français a comparu menotté.
Ses parents Sylvie et Jean-Luc Félix qui n'ont manqué aucune des audiences, étaient de nouveau présents mardi au tribunal.
Selon son avocat malaisien Collin Andrew, il existait deux décisions possibles: "Le tribunal peut considérer que l'accusation n'a pas réussi à prouver sa culpabilité et alors Tom Félix sera acquitté et libéré".
Mais le tribunal pouvait aussi décider de poursuivre la procédure et appeler alors la défense à présenter sa plaidoirie à une date ultérieure, avant une décision finale, avait ajouté l'avocat.
Après une longue procédure et une détention très éprouvante pour Tom Félix, dans des conditions difficiles, la juge a donc décidé mardi que les preuves de sa culpabilité n'étaient pas apportées.
- "entre espoir et angoisse" -
"Je suis très heureux. C'est la fin d'un très long cauchemar, pour Tom qui a vécu l'enfer d'une accusation injuste et d'une détention indigne, et pour sa famille qui a tenu bon contre la tentation du désespoir", a réagi pour l'AFP son avocat français François Zimeray, joint par téléphone en France.
"L'étude du dossier m'a donné la conviction absolue de l'innocence de Tom", avait auparavant indiqué Me Zimeray, ex-diplomate et spécialiste des droits de l'Homme.
S'il était reconnu coupable, le jeune Français encourait soit la peine de mort, soit 104 années de détention cumulées, 54 coups de bâton et une amende de 27.000 euros.
A la veille de l'audience, les parents étaient "partagés entre l'espoir et l'angoisse", espérant "de tout (leur) coeur que la juge prononcera un acquittement", avait déclaré Mme Félix à l'AFP.
Elle avait ajouté avoir bon espoir que la justice malaisienne reconnaisse "enfin l'innocence de (leur) fils et (mette) un terme à 909 jours d'emprisonnement, afin qu'il puisse retrouver sa liberté, sa dignité et sa vie".
La possession et le trafic de drogue sont des crimes graves en Malaisie, passibles de la peine de mort si les quantités dépassent un certain seuil. Les condamnations à mort ne sont toutefois plus systématiquement prononcées et aucune exécution n'a eu lieu en Malaisie depuis 2018.
Par Isabelle LEONG avec Eric BERNAUDEAU à Jakarta / Alor Setar (Malaisie) (AFP) / © 2026 AFP