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Le TDAH, un trouble plus répandu qu’on ne le pense

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement encore largement méconnu, malgré son impact important sur la vie quotidienne de millions de personnes.

Le TDAH se caractérise par des difficultés persistantes d’attention, d’impulsivité et, dans certains cas, d’hyperactivité motrice, qui apparaissent dès l’enfance et peuvent se prolonger à l’âge adulte.

Une grande distractibilité et des difficultés à maintenir l’effort mental

Contrairement aux idées reçues, le TDAH ne concerne pas uniquement les enfants "turbulents". En France, près de 2 millions de personnes seraient concernées. La prépondérance est estimée à 5% chez les enfants et à 2,5% chez les adultes, ce qui montre que le trouble ne disparaît pas systématiquement avec l’âge, mais évolue souvent dans ses manifestations. Chez l’adulte, l’hyperactivité visible tend à diminuer, tandis que les difficultés d’organisation, de concentration et de gestion du temps peuvent rester très présentes.

Le TDAH se manifeste de façon hétérogène. Certains individus présentent surtout un déficit de l’attention, avec une grande distractibilité et des difficultés à maintenir l’effort mental. D’autres combinent ces symptômes à une hyperactivité et une impulsivité marquées. Cette diversité explique en partie pourquoi le diagnostic est parfois tardif, notamment chez les filles et chez les adultes, dont les symptômes peuvent être plus discrets ou intériorisés.

"Le TDAH, ce n'est pas une calamité, ce n'est pas une catastrophe"

Alors, faut-il s'inquiéter ? "Si vous avez un problème de procrastination, ne vous demandez pas si vous êtes TDAH. Si, en revanche, vous avez d'autres symptômes et que vous commencez à cocher presque toutes les cases, peut-être que vous êtes TDAH. Mais vous savez, c'est une erreur, au moindre symptôme, de se mettre dans une catégorie psychiatrique. Quand vous êtes parent d'un gamin de 12 ans que vous sentez intelligent et qui s'ennuie en classe, vous vous demandez s'il est HPI. Non ! Il se peut qu'il ne bosse pas assez tout simplement", explique au micro de Sud Radio Michel Cymes, médecin ORL, animateur télé et auteur du livre Heureux comme des TDAH !: Comment faire de votre différence un atout, avec Olivier Revol (Éditions Albin Michel).

"Si, en revanche, on vous dit que votre gamin est TDAH, il va falloir une adaptation à l'école, un peu plus de temps pour le gamin. Il va peut-être falloir le placer devant au lieu de le placer derrière, que les enseignants le regardent un peu dans les yeux… Mais ce n'est pas une calamité, ce n'est pas une catastrophe, et cela ne veut pas dire que votre enfant ne réussira pas à faire des études", poursuit Michel Cymes à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

Le médecin généraliste, porte d'entrée d'un diagnostic TDAH

Alors, comme se diagnostique le TDAH ? "La base, c'est le médecin traitant. Les médecins généralistes peuvent avoir des formations pour dépister des personnes qui ont des neuro-atypies. Si vous médecin généraliste n'a pas suivi cette formation ou qu'il n'a pas le temps, il peut vous envoyer voir un psychiatre spécialisé. Mais de toute façon, le diagnostic passe par un médecin et un neuro-psychologue qui vous fera les tests", fait savoir Michel Cymes au micro de Sud Radio.

En revanche, idée reçue répandue, ce ne sont pas les applications de divertissement qui occasionnent le TDAH. "Quand vous êtes TDAH, vous avez le cerveau qui bouillonne en permanence. Si vous êtes en permanence sur les écrans, vous excitez encore plus vos neurones. Alors qu'un TDAH, il doit au contraire essayer de canaliser, de se calmer. Donc, les écrans, ce n'est bon pour personne. Et c'est encore moins bon pour les ceux dont le cerveau va trop vite", commente Michel Cymes.

TDAH : la prise en charge doit être globale

Les conséquences du TDAH dépassent largement le cadre scolaire. Difficultés d’apprentissage, estime de soi fragilisée, tensions familiales, insertion professionnelle compliquée ou encore risque accru de troubles anxieux ou dépressifs : l’impact peut être significatif lorsque le trouble n’est pas reconnu et accompagné. À l’inverse, un diagnostic posé permet souvent de mieux comprendre son fonctionnement et d’adapter son environnement.
La prise en charge du TDAH repose sur une approche globale. Elle peut associer un accompagnement psychoéducatif, des stratégies comportementales, un soutien scolaire ou professionnel et parfois un traitement médicamenteux, selon les situations. L’objectif n’est pas de "normaliser" les comportements, mais d’aider la personne à mobiliser ses ressources et à réduire les difficultés fonctionnelles.

Aujourd’hui, la reconnaissance du TDAH progresse en France, mais des efforts restent nécessaires pour améliorer le repérage, l’accès aux soins et la formation des professionnels. Mieux informer le grand public permet aussi de lutter contre les stéréotypes et de rappeler que le TDAH n’est ni un manque de volonté ni un défaut d’éducation, mais un trouble réel, aux manifestations multiples, qui mérite une prise en charge adaptée.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

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