La sonnette d’alarme a été tirée vendredi dernier, lors de la présentation du bilan 2025 de la sécurité routière. Des chiffres qualifiés de « pas bons » par la ministre déléguée à la Sécurité routière, Marie-Pierre Vedrenne. En effet, l’an dernier, 3 513 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises, soit une hausse de 2,1 % par rapport à 2024. Les blessés graves sont également en augmentation, estimés à 16 600 (+4 %), selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Près d'un mort chaque jour à vélo et à trottinette
Si les automobilistes restent les principales victimes (48 % des décès), deux catégories inquiètent particulièrement les autorités : les cyclistes et les utilisateurs d’EDPM (engins de déplacement personnel motorisés), comme les trottinettes. En 2025, 234 cyclistes ont été tués, soit dix de plus que l’année précédente (+4,5 %). Du côté des trottinettes électriques, monoroues ou gyropodes, le constat est encore pire : 80 décès, contre 45 en 2024, soit une hausse de 78 %.
Uniquement obligatoire pour les moins de 12 ans et les vélos électriques
Contrairement aux deux-roues motorisés, le port du casque n’est pas obligatoire pour les cyclistes adultes. Il ne l’est actuellement que pour les enfants de moins de 12 ans, ainsi que pour les utilisateurs de vélos électriques rapides, les speed bikes. Idem pour les EDPM où le casque est fortement recommandé mais facultatif.
« La moitié des cyclistes tués ont subi un choc à la tête »
Face à l’augmentation des accidents et des incivilités, l’État réfléchi donc à étendre l’obligation du port du casque à ces moyens de transport. « Nous ne nous l’interdisons pas. Nous devons y réfléchir et le dossier doit être discuté avec l’ensemble des parties prenantes », a notamment déclaré Estelle Bali, à la tête de la Délégation à la Sécurité routière.
Car, selon elle, une grande partie des décès pourrait être évitée. « La moitié des cyclistes tués ont subi un choc à la tête, et un tiers sont décédés sans qu’il y ait de tiers responsable impliqué », précise la déléguée interministérielle. Du côté des EDPM, comprenant les trottinettes électriques, le gouvernement pointe également des comportements à risque allant de la circulation à deux au port d’écouteurs jusqu’au non-respect du code de la route.
Les associations de cyclistes contre l’obligation du casque
Pourtant cette éventualité ne convient pas à la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) « défavorables à son obligation », d’après Philippe Aubin, membre au bureau national de la fédération. Il pointe du doigt, un risque de décourager la pratique du vélo, notamment dans les zones urbaines.
La FUB plaide donc plutôt pour des mesures de prévention comme le développement des infrastructures cyclables, l’apaisement de la circulation, une meilleure cohabitation avec les automobilistes et des campagnes de sensibilisation.
L’efficacité du casque encore remise en question
À noter également, qu’une étude menée entre 2016 et 2019 sur les accidents en agglomération estime que le port du casque peut inciter à une plus grande prise de risque. En effet, sur la période étudiée, la fréquence des accidents mortels était plus élevée chez les cyclistes équipés d’un casque que chez ceux qui ne l’étaient pas.