Vendredi, le ministère américain de la Justice a rendu publics plus de trois millions de pages de documents issus des dossiers liés à Jeffrey Epstein. Cette publication, imposée par une loi votée par le Congrès, comprend des mails, des notes internes, des rapports du FBI, ainsi que plusieurs milliers de vidéos et de photos. Mais les autorités rappellent également que la mention d’un nom dans ces archives ne constitue pas une preuve pénale.
Trump cité plus de 3 000 fois
Quelques heures après leur mise en ligne, plusieurs documents évoquant directement le président des États-Unis ont été temporairement retirés du site du ministère, avant d’être rétablis. Une suppression provisoire qui a alimenté de nouvelles accusations de dissimulation, rapidement démenties par les autorités.
Selon la presse américaine, le nom de Donald Trump apparaît à plus de 3 000 reprises dans les documents récemment publiés. Une présence allant de simples mentions contextuelles à des signalements d’agressions sexuelles compilés par des responsables du FBI.
Le président américain accusé d’agression sexuelle sur mineur
D’après plusieurs médias, une douzaine d’allégations visant Donald Trump auraient été recensées dans une synthèse interne du FBI datée d’août 2025. Parmi elles figure une accusation relayée par le Telegraph, selon laquelle une jeune fille de 13 ans aurait été contrainte de pratiquer un acte sexuel sur Donald Trump, il y a plusieurs décennies, dans le New Jersey. Cette plainte aurait été déposée par une « amie non identifiée » de la victime présumée.
Les documents ne précisent ni la date exacte ni le lieu du dépôt de cette plainte. Il est également indiqué que le bureau du FBI à Washington avait reçu l’ordre d’organiser un entretien avec le témoin, sans qu’il soit possible de déterminer si cet entretien a effectivement eu lieu.
Des allégations non vérifiées selon la justice américaine
Le procureur général adjoint des États-Unis, Todd Blanche, a reconnu que l’équipe chargée d’examiner ces signalements et leurs auteurs avait pu commettre des erreurs. Il a indiqué que certaines plaintes n’avaient pas été vérifiées de manière approfondie et que plusieurs informations figurant dans les dossiers reposaient sur des sources indirectes ou anonymes.
Dans un communiqué, la Maison Blanche a affirmé que le dossier Epstein pouvait contenir « des images, des documents ou des vidéos falsifiés ou soumis de manière mensongère ». Selon la présidence américaine, ces accusations sont « infondées et fausses » et auraient déjà été exploitées judiciairement si elles avaient reposé sur des éléments crédibles. Donald Trump a, de son côté, réaffirmé n’avoir jamais eu connaissance des crimes commis par Jeffrey Epstein et a nié toute implication de sa part.
🇺🇲 De nouveaux documents concernant l'affaire Jeffrey Epstein ont été publiés
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Trump, passager de l'avion privé d'Epstein
Les documents confirment néanmoins la proximité qui a existé entre Donald Trump et Jeffrey Epstein dans les années 1990. Des photographies, des témoignages et des échanges indirects attestent de leur fréquentation commune dans des cercles mondains à New York et en Floride. Si le président américain reconnaît cette relation, il affirme y avoir mis fin avant les premières poursuites contre Epstein.
Seulement et contrairement à certaines de ses déclarations publiques, le nom de Donald Trump apparaît à huit reprises sur des listes de passagers de l’avion privé de Jeffrey Epstein. Des éléments qui ne permettent pas d’établir l’existence d’actes criminels, mais qui alimentent les critiques sur la cohérence et la crédibilité de sa communication depuis le début de cette affaire.
Caviadrages et retraits de documents
Sur le plan judiciaire, le ministère de la Justice affirme ne disposer d’aucun élément permettant d’engager des poursuites contre Donald Trump. Sur le plan politique, en revanche, l’affaire Epstein continue de fragiliser le président. Les publications au compte-gouttes, les caviardages et les retraits temporaires de documents nourrissent la défiance, y compris au sein de son propre camp, où certains élus soupçonnent l’administration de ne pas publier l’intégralité des archives.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a notamment demandé des explications sur les millions de pages que le ministère affirme avoir collectées mais qui n’ont pas encore été rendues publiques.
Jack Lang proche d’Epstein ?
Les documents révèlent également des liens financiers entre Jeffrey Epstein et Caroline Lang, fille de l’ancien ministre Jack Lang, dont le nom figure à 680 reprises. En 2016, elle a cofondé avec Epstein une société offshore aux îles Vierges américaines, dédiée à l’investissement dans l’art. Caroline Lang figure aussi comme bénéficiaire d’un legs de cinq millions de dollars dans un testament signé par Epstein deux jours avant sa mort. Des documents internes mentionnent par ailleurs le nom de Jack Lang dans des réflexions liées au projet, bien que l’ancien ministre affirme n’en avoir jamais eu connaissance.
De plus, Jeffrey Epstein aurait réalisé un don de 57 897 dollars à une association française proche de Jack Lang. Interrogé par Politico, l’ancien ministre de la Culture a affirmé que cette somme était destinée à financer un projet de film, sans préciser la nature du projet ou son état d’avancement. Sollicité, certains responsables cités ont même nié connaître l’association.
Enfin, dans un mail envoyé par Jack Lang à destination d'Epstein figurent de nombreuses phrases ou interrogations qui posent question, comme "L’enfant doit-il être initié à la religion ? Aux nouvelles sexualités ? Être testé ? À quelle fréquence ? Tests standardisés ? Exemples de projets, etc. Pouvons-nous organiser un appel plus tard cette semaine ?"
Le Maire, Colom et Brunel dans le dossier Epstein
Le lien français le plus solidement établi reste celui de Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins, accusé par plusieurs victimes d’avoir participé au recrutement de jeunes femmes pour le compte de Jeffrey Epstein. Inculpé en France pour viols et agressions sexuelles, Jean-Luc Brunel s’est suicidé en détention en 2022 avant son procès.
Olivier Colom, ex conseiller au cabinet de Nicolas Sarkozy aurait également cherché à « s’amuser » avec Epstein en 2013 lorsqu’il était à New-York et cherchait à lever des fonds auprès de lui en faveur de Bruno Le Maire pour sa candidature de 2017. À noter également un mail qui fait état d’une rencontre entre Epstein et l’ancien ministre de l’Économie, en 2018 à New-York.
Bill Gates, Clinton, Musk et la future reine de Norvège cités
Les documents déclassifiés citent également de nombreuses personnalités comme Elon Musk, Bill Gates, Bill Clinton ou le prince Andrew. Dans ces cas, les archives font état de courriels, de rencontres ou d’invitations, sans établir d’actes criminels. Le ministère de la Justice a ainsi, indiqué qu’aucune nouvelle poursuite ne serait engagée à l’issue de ces publications.
Les révélations dépassent également le cadre américain. En Norvège, la princesse héritière Mette-Marit apparaît à de nombreuses reprises dans les documents. Selon la presse norvégienne, son nom figurerait plus de mille fois dans les archives diffusées. Des échanges de courriels publiés attestent d’une relation cordiale entre la future reine et Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014, alors que ce dernier avait déjà été condamné en 2008 pour prostitution de mineures.
Le Palais royal a confirmé que Mette-Marit avait séjourné dans une propriété d’Epstein en Floride en 2013. La princesse a reconnu une « erreur de jugement » et exprimé ses regrets, tout en soulignant qu’Epstein était seul responsable de ses crimes.