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Christine Bouillot : de sportive de haut niveau à journaliste reconnue, itinéraire d'une reconversion exemplaire

Par Thomas Rannou

PORTRAIT SUD RADIO - Tout au long de l'opération "Sport Féminin Toujours" de l'ARCOM qui a débuté samedi 24 janvier et qui s'achèvera le 1er février, Sud Radio vous invite à découvrir chaque jour le portrait d'une femme au parcours inspirant. Aujourd'hui, Christine Bouillot qui, de l’équipe de France de handball aux studios de Sud Radio, a réalisé une brillante reconversion guidée par l’endurance, le sens du collectif et l’adrénaline du direct.

Aujourd'hui reconnue pour la qualité de ses reportages et sa ténacité sur le terrain, micro de Sud Radio en main, Christine Bouillot n'a pas toujours été la journaliste que l'on connaît aujourd'hui.

Âgée de 55 ans, la native de Toulouse s'est en effet d'abord illustrée sur les terrains de handball. "Ma première vie, elle a été en tant que sportive, handballeuse de haut niveau. Comme je suis née en 1970, à l'âge de 10-11 ans, j'ai commencé à jouer au handball à Toulouse", raconte-t-elle. "Rapidement, en 1984-1985, à moins de 15 ans, je me suis retrouvée dans le giron fédéral des équipes de France jeunes".

En équipe de France dès l'âge de 18 ans

Au gré d'échelons gravis les uns après les autres, Christine Bouillot intègre l'équipe de France A à l'âge de 18 ans. Parallèlement, elle poursuit ses études à l'INSEP : "J'ai rejoint le club de Dijon qui jouait les hauts de tableau. Mais j'étais toujours étudiante à Paris, où je passais quatre jours par semaine, tout en continuant à m'entraîner. Le jeudi après-midi, je sautais dans le train pour rejoindre Dijon".

Malgré son statut d'internationale française, la jeune joueuse ne gagne pas des ressources suffisantes pour pouvoir vivre à long terme de sa passion. Avec un salaire mensuel qui avoisine les 1000 euros, elle se voit obligée de poursuivre ses études et de réfléchir à un plan B

Le journalisme, une filiation naturelle

Pour Christine Bouillot, le choix du journalisme ne relevait pas de l'évidence. Sa volonté initiale était plutôt d'intégrer une fac de droit, comme elle l'avait promis à ses parents. C'est le hasard d'un partenariat entre l'INSEP et le Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, qui la fit finalement se tourner vers cette option.

Elle pense dans un premier temps à se tourner vers le journalisme sportif. Une option qui, elle le comprendra, n'est pas compatible avec son quotidien de sportive, ses matchs étant le week-end, sur les mêmes créneaux que pratiquement tous les autres sports. Elle bascule donc vers l'information généraliste : "J’ai travaillé dans plusieurs stations locales de Radio France. Et après, j'ai basculé en télé. J'étais à France 3 et je présentais le magazine de la mi-journée. Parallèlement, je continuais à pratiquer le handball".

Christine Bouillot en reportage

"Je ne pouvais pas vivre du handball"

Au fur et à mesure de son évolution dans le domaine du journalisme, elle comprend vite qu'elle va devoir faire un choix : "À 25 ans, je me suis posé la question : continuer le handball, en sachant que je ne pourrais pas en vivre, ou saisir une opportunité professionnelle plus enrichissante, un travail qui m’apporterait du sens, de la découverte, du contenu", s'est-elle alors interrogée

"J’ai compris que c’était le bon moment pour basculer. D’autant qu’il était impossible d’aménager le poste avec mes contraintes de sport de haut niveau et l’équipe de France". C'est ainsi que sept ans après avoir démarré sa carrière professionnelle, Christine Bouillot met un terme pour se consacrer exclusivement au journalisme.

"Être à l'antenne, c'est un peu comme être sur un terrain de sport"

De sa première carrière, Christine Bouillot s'en inspire au quotidien dans sa nouvelle vie de journaliste. Elle retrouve d’ailleurs dans ces deux univers des sensations très proches, notamment cette montée d’adrénaline propre au direct et à l’antenne, un frisson comparable à celui de la compétition : "En termes d'adrénaline, le fait de faire de l'antenne, d'être en direct, ce côté-là, effectivement, tu retrouves cette saveur."

D'ailleurs, la journaliste en est certaine, son passé de sportive de haut niveau influe encore aujourd'hui sur sa manière d'exercer le métier : "Le sport de haut niveau m’a appris l’exigence, l’endurance et la capacité à accepter la critique. Des qualités essentielles que je retrouve aujourd’hui dans le journalisme, notamment dans le travail en équipe et la pression du direct."

"C'est un énorme plus pour une entreprise d'avoir un sportif de haut niveau"

Selon elle, avoir des sportifs de haut niveau dans une entreprise est un vrai atout : "Ils ont le sens du collectif, le goût de l’effort, la culture de la performance, mais aussi l’endurance et la capacité à accepter les critiques pour progresser."

Christine Bouillot interviewe Antoine Dupont

Par ailleurs, elle insiste aussi sur un élément souvent sous-estimé dans les parcours sportifs : l’accès aux infrastructures. Pour elle, la proximité d’un équipement peut tout changer dans une trajectoire de vie, en ouvrant, ou non, la porte à une vocation :"S’il n’y avait pas eu un terrain de handball près de chez moi, je ne serais jamais allée au handball. L’accessibilité aux infrastructures publiques est essentielle : parfois, c’est le seul sport possible à proximité, et ça peut tout déclencher."

Un rappel utile, alors que nombre de promesses faites après les Jeux Olympiques pour transformer l’élan sportif en bénéfices durables restent encore incomplètes. Certains projets d’héritage et financements structurants les équipements sportifs ou le soutien aux athlètes, ne sont pour le moment pas mis en œuvre malgré les excédents générés par Paris 2024 et les plans annoncés pour créer et rénover des infrastructures sportives à grande échelle.

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