Les élections municipales sont-elles menacées par des ingérences étrangères ? C’est du moins ce que l’on craint au plus haut niveau de l'Etat. Hier, Emmanuel Macron a organisé un conseil de défense sur la question de l’intervention de pays étrangers dans le scrutin qui aura lieu les 15 et 22 mars. Au centre des débats : l’impact des cyberattaques, des fake news ou encore des deepfakes, jugés comme « élevés » par les plus hautes sphères.
Dans un contexte géopolitique tendu, les menaces sont nombreuses. D’autant plus que le scrutin local est bien plus facile à influencer. En effet, là où il faut agir sur des millions de personnes pour une élection présidentielle en les dissuadant par exemple de se rendre dans les urnes, il est bien plus aisé pour un pays étranger de peser sur l’opinion de milliers ou de centaines de milliers de citoyens au niveau local.
141 faux sites d'informations
En France, la menace principale vient de l’Est. Selon une étude menée par le groupe de recherche américain Insikt, un puissant réseau d’influence russe nommé Copycop a fleuri sur Internet dans l’Hexagone et en Europe entre février et juin 2025. Le but est clair : "exacerber la fragmentation politique dans les pays occidentaux qui soutiennent l’Ukraine". Ainsi, des centaines de faux sites d’information ont été repérés en Occident par les chercheurs, dont 141 en France.
🇫🇷 La présence de membres des Frères musulmans sur certaines listes aux élections municipales ?
— Sud Radio (@SudRadio) January 29, 2026
🗣️ @perikolegasse :"Ça créera un désordre public au sein du débat démocratique !"
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Les Maires de France en première ligne
Au-delà du gouvernement, les élus aussi se préparent aux ingérences étrangères. D’ores et déjà, l’Association des maires de France promet sur son site Internet de "protéger le débat numérique en contexte électoral, en donnant les clés de compréhension des menaces et les façons de se protéger dans le contexte des élections municipales". L’AMF cible aussi les principales menaces : "décrédibilisation de la procédure électorale, exposition réputationnelle d’un candidat, défiance vis-à-vis des médias, polarisation du débat politique autour de thématiques clivantes".
Un "laboratoire" avant la Présidentielle
Mais comment se matérialisent ces ingérences ? Comme constaté avec Copycop, de nombreux médias peuvent être créés et produire des milliers de faux générés par l’intelligence artificielle. Mais l’ingérence peut aussi survenir sur les réseaux sociaux, avec la création de faux comptes décrédibilisant des candidats ou la publication de fake news. Les interférences d’un autre pays peuvent également se matérialiser par la mise en visibilité accrue de certains comptes. Ce fut notamment le cas en Roumanie avec le candidat d’extrême droite Călin Georgescu, qui, pourtant très bas dans les sondages, s’est retrouvé en tête du premier tour, parvenant même à devenir le quatrième compte mondial sur TikTok.
Les élections municipales de mars prochain serviront donc de "laboratoire" au gouvernement français pour lutter contre les intrusions de pays étrangers dans le scrutin, en vue de la Présidentielle de 2027. Un enjeu de taille compte tenu du contexte géopolitique, qui tend à se fracturer de tous les côtés, et des menaces qui augmentent. En dehors des ingérences étrangères, de nombreux spécialistes craignent aussi l’impact de groupes criminels basés en France, dotés d’un pouvoir financier sans pareil et capables de s’immiscer dans une élection municipale. Sans parler donc de l’échéance suprême présidentielle où le sujet des ingérences étrangères sera très probablement l’un des thèmes de la campagne. On n'a pas fini d'en parler…