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Nutrition : "une incidence plus élevée de cancer" liés aux conservateurs et additifs

À partir des données inédites de l’étude Nutrinet-Santé, menée auprès de 200.000 personnes, la chercheuse Mathilde Touvier, invitée de Périco Légasse, revient au micro de Sud Radio sur les liens observés entre l’exposition aux conservateurs alimentaires et le risque accru de certains cancers.

Mathilde Touvier, spécialiste des conservateurs alimentaires
Mathilde Touvier, invitée de Périco Légasse dans "Sud Radio La France dans tous ses états”.

Effet cumulatif des additifs, risques réels pour la santé, marges de manœuvre des industriels : la chercheuse Mathilde Touvier décrypte ce que dit – et ne dit pas encore – la science sur les conservateurs alimentaires. Elle appelle à dépasser les peurs immédiates pour s’intéresser aux consommations répétées sur le long terme.

Mathilde Touvier : "Nous avons exploré les liens entre l'exposition à ces conservateurs largement consommés et le risque de cancer"

Périco Légasse : Qu'avez-vous étudié précisément ?

Mathilde Touvier : Grâce à l'étude Nutrinet-Santé, réalisée sur 200.000 personnes, on a pu mesurer l'exposition aux conservateurs et étudier le lien avec le risque de diabète de type 2 et de cancer. Et puis, d'un biscuit à l'autre, d'un soda à l'autre, vous allez avoir une composition en additifs très différente. Donc, pour aller dans le détail de ce que les gens ont consommé, il a fallu qu'on aille dans les noms commerciaux, les marques que les gens ont consommées. C'est ce qu'on fait depuis le départ. C'est la seule étude au monde qui a ce niveau de finesse et qui peut maintenant mesurer l'exposition aux additifs.

Périco Légasse : Quelle incidence ont les conservateurs sur notre corps ?

Mathilde Touvier : Pour l'instant, ce que nous avons exploré dans Nutrinet-Santé, ce sont les liens entre l'exposition à ces conservateurs largement consommés et le risque de cancer. Nous sommes en train de continuer d'autres recherches sur les maladies cardiovasculaires, l'hypertension. Donc, on continuera à publier des résultats dans les mois qui viennent. Pour instant, nous avons mis en évidence des associations entre l'exposition à certains de ces conservateurs et une incidence plus élevée de cancer.

https://twitter.com/SudRadio/status/2016850589766857212

"Ce n'est pas parce que, de temps en temps, on va manger un produit avec certains additifs qu'on aura tout de suite un cancer le lendemain"

Périco Légasse : S'agissant des additifs, y a-t-il un effet cumulatif, à force de manger tous les jours des produits qui en contiennent ?

Mathilde Touvier : C'est vraiment très important de le présenter comme ça. Il faut aussi refaire tomber la pression chez les consommateurs : ce n'est pas parce que, de temps en temps, on va manger un produit avec certains additifs qu'on aura tout de suite un cancer le lendemain. On parle vraiment de consommation habituelle, récurrente. Dans cette étude, tous les six mois, les participants sont invités à renseigner leurs enregistrements alimentaires toutes les 24 heures. Et donc, on a vraiment des données sur plusieurs années de ces consommations. On parle vraiment d'habitudes récurrentes de consommation qui peuvent donner lieu potentiellement à des problèmes de santé.

https://twitter.com/SudRadio/status/2016857902435201308

"Si les industriels veulent, ils peuvent aller encore nettement plus loin dans l'éviction de ces additifs"

Périco Légasse : Je vais venir un tout petit peu au secours du lobby agroindustriel, je vais vous poser la question fatidique : et si on décidait demain de supprimer la totalité des conservateurs et des additifs ? Plus rien que le produit naturel. On ne pourrait pas nourrir l'humanité telle qu'elle est aujourd'hui ?

Mathilde Touvier : Il faut nuancer un peu. Déjà, sur les conservateurs, on est vraiment dans une considération bénéfice-risque. Si du jour au lendemain, on enlevait tous les conservateurs sans autre solution… En tout cas, renoncer aux conservateurs nécessite des changements de mode de conservation, de filière de production. C'est à faire avec plus de prudence, en enlevant des colorants - par exemple certains texturants - on ne met pas en danger la santé des consommateurs si on fait ça. Donc, c'est un petit peu plus en demi-teinte. Après, dans un même rayon, pour la plupart des produits, vous voyez qu'il y a des alternatives. Vous voyez que les industriels savent faire sans les additifs en question. C'est que, s'ils veulent, ils peuvent aller encore nettement plus loin dans l'éviction de ces additifs.

https://www.youtube.com/watch?v=HYK2f_XO8Q8

Cliquez ici pour écouter l’invité de Périco Légasse dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” de Périco Légasse chaque jour à 13h dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio.

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