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Guerre en Iran : l'écologie, l'autre désastre qui frappe le Moyen-Orient

Au-delà des dégâts humains et militaires, la guerre qui touche l’Iran et le Moyen-Orient entraîne aussi un impact environnemental lourd. Émissions massives de CO₂ liées aux opérations militaires, incendies d’infrastructures pétrolières et perturbations du marché de l’énergie : des dégâts écologiques dont les effets pourraient se faire sentir pendant plusieurs années.

Guerre en Iran : l'écologie, l'autre désastre qui frappe le Moyen-Orient

La guerre qui secoue actuellement le Moyen-Orient ne se limite pas à ses conséquences humaines et militaires, mais engendre aussi un coût environnemental et climatique important. Entre les émissions massives de CO₂ liées aux opérations militaires, les incendies d’infrastructures pétrolières et les effets à long terme de la reconstruction, les experts soulignent que cette guerre pourrait laisser derrière elle une empreinte écologique durable.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a qualifié lundi « d’écocide » les frappes israéliennes contre des dépôts pétroliers de Téhéran. « Les bombardements d'Israël sur des dépôts de carburant de Téhéran violent le droit international et constituent un écocide », a-t-il déclaré sur X. « Les habitants risquent de subir des dommages à long terme pour leur santé. La contamination des sols et des nappes phréatiques pourrait avoir des conséquences (sur plusieurs générations) », a même ajouté le ministre.

Contamination des sols et des nappes phréatiques

Les premières émissions proviennent directement des opérations militaires. L’utilisation intensive d’avions de chasse et de bombardiers, qui fonctionnent au kérosène, génère d’importantes quantités de dioxyde de carbone. Les opérations navales contribuent également à ce bilan. Même si certains porte-avions utilisent aujourd’hui l’énergie nucléaire, la majorité des flottes consomme encore d’importantes quantités de diesel pour alimenter les destroyers, les frégates et les navires logistiques.

Dans le conflit actuel au Moyen-Orient, les infrastructures énergétiques représentent un autre facteur majeur de pollution. Plusieurs raffineries et installations pétrolières ont été ciblées par des frappes, provoquant des incendies et la combustion de grandes quantités de carburant.

Dans cette région fortement industrialisée, les raffineries, les installations de stockage et les navires pétroliers constituent donc des cibles potentielles. Lorsque ces infrastructures sont touchées, la combustion du pétrole libère d’importantes quantités de dioxyde de carbone mais aussi d’autres polluants.

Des millions de tonnes de  CO₂

Les spécialistes du climat soulignent toutefois que ces émissions directes ne représentent qu’une partie du problème. Les chercheurs tentent aujourd’hui d’évaluer l’impact climatique global des conflits en prenant en compte l’ensemble de leur cycle : la production d’armements, le transport de matériel militaire, les destructions d’infrastructures, mais aussi les efforts de reconstruction après la guerre.

Une étude publiée dans la revue scientifique One Earth estime ainsi que la guerre à Gaza a généré plus de 33 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en un peu plus d’un an, soit un niveau comparable aux émissions annuelles d’un pays comme la Jordanie. Les estimations sont encore plus importantes pour la guerre en Ukraine. Selon l’Initiative on GHG Accounting of War, le conflit aurait provoqué plus de 300 millions de tonnes d’émissions, soit l’équivalent des émissions annuelles de la France.

Le précédent de la guerre du Golfe 1990-91

L’histoire a déjà montré que ces incendies peuvent avoir des conséquences environnementales dramatiques. Lors de la première guerre du Golfe au début des années 1990, les forces irakiennes avaient incendié des centaines de puits de pétrole au Koweït. 

Les flammes avaient brûlé pendant plusieurs mois avant d’être maîtrisées, libérant dans l’atmosphère d’énormes quantités de fumées toxiques et de gaz à effet de serre. Les estimations évoquent entre 130 et 400 millions de tonnes d’équivalent CO₂ émises durant cette période, l’une des plus importantes catastrophes environnementales liées à un conflit armé.

Un impact indirect sur la transition énergétique mondiale

Au-delà de la pollution directe, la guerre influence également la dynamique globale de la transition énergétique. La flambée des prix du pétrole provoquée par les tensions régionales soulève une question centrale : ces crises freinent-elles ou accélèrent-elles la transition vers des énergies moins carbonées ?

Dans l’immédiat, la hausse du prix des carburants pèse sur le pouvoir d’achat et sur la compétitivité économique, ce qui peut pousser certains gouvernements à relâcher temporairement leurs ambitions climatiques afin de limiter la hausse des prix de l’énergie.

Mais ces crises peuvent aussi produire l’effet inverse. Lorsque les énergies fossiles deviennent plus coûteuses, les solutions de décarbonation gagnent en attractivité. L’exemple de l’Europe après l’invasion de l’Ukraine l’illustre : la hausse du prix du gaz a contribué à accélérer l’adoption de technologies alternatives, comme les pompes à chaleur.

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