« L’Europe s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale », rapporte le service Copernicus, en partenariat avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Et ce, depuis 1980. Un constat alarmant, alors même que l’Europe applique des politiques antipollution relativement strictes par rapport au reste du monde.
Moins polluée mais plus vulnérable
Le lien direct entre réchauffement climatique et niveau de pollution à l’échelle d’une zone précise ne serait donc pas si évident. Si les pays les plus polluants se situent majoritairement en Asie — Inde, Pakistan, Chine —, c’est l’Europe qui en subit fortement les conséquences.
Le réchauffement observé depuis 1980 pourrait, en outre, être aggravé par El Niño, un phénomène océanographique caractérisé par une hausse des températures de surface dans le Pacifique équatorial. Sans certitude absolue, l’OMM estime néanmoins ce scénario « probable ».
La flambée des feux de forêts
« Au moins 95 % de l’Europe a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025 », indique Copernicus. Les glaciers de « toutes les régions européennes » enregistrent une « perte de masse nette ». « Les feux de forêts ont brûlé environ 1 034 550 hectares, la plus grande superficie jamais enregistrée », précise également l’organisme, pour la seule année 2025.
Partout sur le Vieux Continent, les records de chaleur sont battus. En Turquie, la température a dépassé pour la première fois les 50 °C. Des pays de Scandinavie comme la Norvège, la Suède et la Finlande ont connu des épisodes de chaleur inédits : jusqu’à 21 jours à 30 °C, soit deux fois plus que le précédent record.
« Des mesures pas à la hauteur de l'ampleur de la crise »
« Les mesures actuelles en faveur du climat ne sont pas à la hauteur de l’ampleur de la crise », Voici l’explication du WWF (Fonds mondial pour la nature). Cependant, l’Europe représente moins de 10 % des émissions mondiales de CO₂ et semble être une des régions les plus normées.
L’activité humaine, notamment l’utilisation d’énergies fossiles, est à l’origine des émissions de CO₂ et d’autres gaz à effet de serre. Elle génère aussi des particules fines et des aérosols.
La qualité de l'air... augmente le réchauffement !
Dans certaines régions du monde, notamment en Asie, ces particules forment des couches de pollution au-dessus des villes. Celles-ci limitent le rayonnement solaire et atténuent, en partie, le réchauffement. Même en l’absence de ces couches, les particules fines réfléchissent une partie de la lumière : moins il y en a, plus le réchauffement est perceptible.
Ainsi, en améliorant la qualité de l’air et en réduisant fortement les particules fines, les politiques environnementales européennes ont paradoxalement accentuer le réchauffement local. Toutefois, d’un point de vue sanitaire, la diminution de ces polluants reste largement bénéfique.