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Bénéfices records de TotalEnergies : peut-on vraiment taxer les superprofits ?

DECRYPTAGE SUD RADIO - Les résultats records de TotalEnergies, portés par la flambée des prix des hydrocarbures, remettent sur la table l’idée d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels.

carburants / TotalEnergies
Lou BENOIST - AFP/Archives

51% : c'est la hausse des bénéfices sur un an réalisé par TotalEnergies, pour un total de 5,8 milliards de dollars, révélée hier. Des profits dus en grande partie à la flambée des prix des hydrocarbures, en raison de la situation au Moyen-Orient, avec le blocage du détroit d'Ormuz par lequel transite plus de 20% du pétrole mondial.

Un contexte qui vaut à la compagnie pétrolière d'être accusée de "profiter de la guerre" par plusieurs responsables politiques, notamment à gauche. Une "taxation exceptionnelle" des "surprofits" engrangés par TotalEnergies depuis la guerre en Iran serait "normale" a estimé également Marine Le Pen.

Sébastien Lecornu lui-même a invité TotalEnergies à reverser, sous une forme ou une autre, les bénéfices “exceptionnels ” tirés de la guerre au Moyen-Orient. Le groupe a rétorqué qu’il participait déjà à l’effort en maintenant le plafonnement des prix des carburants, une mesure qu’il entend prolonger.

Vers une taxe exceptionnelle ?

Porté par ces solides résultats, TotalEnergies a choisi de récompenser ses actionnaires en relevant son dividende de 5,9 %. Dans ce contexte, les députés socialistes ont annoncé qu'ils déposeraient une proposition de loi visant à instaurer une taxation des "superprofits". Le député de l’Eure Philippe Brun a notamment dénoncé des entreprises énergétiques qui profiteraient de la crise au détriment des consommateurs, confrontés à des prix du carburant élevés.

Le texte prévoit notamment la mise en place d’une surtaxe de 20 % sur les bénéfices jugés exceptionnels. Son objectif, selon ses promoteurs, est de redistribuer une partie de ces gains aux Français. Les élus à l’origine de cette initiative espèrent rallier des soutiens au-delà de leur camp afin d’inscrire la proposition à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire transpartisane.

Une mesure vraiment applicable ?

Mais la mise en place d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels est-elle réellement faisable ? Le principe n’est pas inédit. Plusieurs pays européens ont déjà instauré des dispositifs similaires ces dernières années, notamment après la flambée des prix de l’énergie consécutive à la guerre en Ukraine. En France, une contribution temporaire sur les énergéticiens avait également été mise en place, sous pression politique.

Cependant, la mise en œuvre d’une telle mesure s’avère complexe. La première difficulté tient à la définition même des "superprofits" : faut-il les mesurer à partir d’un niveau de rentabilité jugé anormal, d’une hausse rapide des marges ou encore d’un volume de bénéfices considéré comme excessif ? Autant de critères possibles, mais pas de consensus.

Les opposants à cette taxe exceptionnelle pointent aussi le risque de freiner l’investissement ou d’affaiblir la compétitivité des groupes français face à leurs concurrents internationaux.

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