single.php

Près d’un agriculteur sur deux sous le SMIC : un observatoire sonne l’alerte

DECRYPTAGE SUD RADIO - Selon une étude diffusée par l’Observatoire de la rémunération agricole équitable, près d’un agriculteur sur deux gagne moins qu’un SMIC en France : une situation qui s’explique par un déficit de revenus estimé à plusieurs milliards d’euros chaque année.

La situation économique des agriculteurs revient régulièrement dans le débat, tant les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont nombreuses. L'Observatoire de la rémunération agricole équitable de Max Havelaar France a tenté de mettre des chiffres sur ce phénomène à travers une étude révélée mardi 28 avril.

Ce travail s’appuie sur des données de l’Insee et du ministère de l’Agriculture, et intervient à quelques semaines de l’examen du projet de loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale.

43% des agriculteurs sous le Smic

L'un des principaux enseignements qui en ressort est qu'en France, 43 % d’entre eux ne parviennent pas à atteindre l’équivalent d’un Smic, soit moins de 1 450 euros nets mensuels.

Par ailleurs, plus de la moitié des agriculteurs (54 %) perçoivent des revenus inférieurs au salaire médian. Parallèlement, environ 14 % des exploitations affichent, selon les années, un résultat déficitaire.

Plus de 5 milliards d'euros manquant

Les auteurs de l’étude ont estimé le montant nécessaire pour assurer à chaque agriculteur un revenu au moins équivalent au Smic, tout en soulignant que ce seuil ne constitue pas un niveau de rémunération satisfaisant en soi. Selon leurs calculs, il a manqué en moyenne 3,3 milliards d’euros par an entre 2015 et 2024 pour atteindre cet objectif.

L’écart s’est encore creusé récemment, atteignant 4,22 milliards d’euros en 2023 puis 5,22 milliards en 2024. Pour Jules Colombo, délégué général de l’observatoire, cette hausse s’explique notamment par une dégradation progressive de la situation économique des agriculteurs.

Des disparités importantes

Mais derrière ces chiffres alarmant se cachent aussi d'importantes disparités, basées sur les secteurs et la taille des exploitations. Le rapport souligne en effet que la situation économique varie fortement d’une filière à l’autre.

Certaines productions apparaissent nettement plus fragiles que d’autres : en moyenne, 53 % des exploitants en céréales, légumineuses et oléagineux vivent sous le seuil du Smic. La proportion est proche dans l’élevage bovin viande (52 %) ainsi que dans les filières ovines et caprines (51 %). À l’inverse, la viticulture semble mieux résister, même si 38 % des chefs d’exploitation y gagnent encore moins qu’un Smic.

Les revenus agricoles les plus faibles se concentrent notamment en Nouvelle-Aquitaine, en Corse ou encore en Occitanie, où plus de la moitié des agriculteurs ne parviennent pas à se verser un Smic.

L'info en continu
12H
11H
09H
06H
05H
23H
Revenir
au direct

À Suivre
/