single.php

La ministre de l’Agriculture défend son projet de « loi d’urgence agricole »

Par La rédaction

ANALYSE SUD RADIO - 5ème chef d’État à se rendre à Montluçon, Emmanuel Macron a délocalisé son prochain conseil des ministres dans l’Allier. L’occasion pour Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de présenter son projet de loi d’urgence agricole devant les agriculteurs.

Annie Genevard, agriculture, ministre
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard à Paris, en France, le 14 avril 2026. Inauguration d'une salle dédiée à la mémoire du ministre Tanguy-Prigent au ministère de l'Agriculture. (Photo de Daniel Perron / Hans Lucas via l'AFP)

Le président de la République s’est rendu sur le site d'Imerys (multinationale spécialisée dans la production et la transformation des minéraux industriels), dans l'Allier, pour inaugurer une mine de lithium.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, est venue en sa compagnie pour tout autre chose : gagner la confiance du monde agricole. Avant le conseil des ministres délocalisé du 22 avril, la fonctionnaire à l'agriculture a tenu à réunir producteurs, éleveurs et syndicats. L'objectif était de défendre sa « loi d'urgence agricole ». Cette proposition de texte vise à répondre aux demandes de résultats rapides sur des sujets essentiels comme l’accès à l’eau ou l'élargissement des élevages.

La « méthode Notre-Dame » d’Emmanuel Macron

Reconstruire Notre-Dame en cinq ans, tenir les délais des Jeux olympiques à Paris. Pas grand monde n’y croyait, et la France l’a fait. Mais ces chantiers exceptionnels ont bénéficié de mesures qui l’étaient tout autant. Or, le pays a aujourd’hui besoin de relancer son industrie. Le président de la République a annoncé sa volonté de voir 150 projets industriels traités avec « la méthode Notre-Dame de Paris ». En clair, tout ce qui peut augmenter le coût d’un projet industriel ou empêcher sa réalisation doit être évité.

Pour son projet de loi d’urgence agricole, Annie Genevard s’est trouvé un nouveau slogan. « Si nous pouvons reconstruire Notre-Dame en cinq ans, nous devons pouvoir construire des retenues d'eau ou des poulaillers en moins de temps ». Une phrase qu’elle accompagne déjà d’un premier décret visant à renvoyer « les recours contre les projets d'élevage ou de stockage d'eau directement en cour administrative d'appel ». Le projet annonce même aller plus loin en prévoyant la possibilité de demander des dommages et intérêts en cas de recours abusifs constatés par le juge.

Des efforts louables mais qui ne sont pas suffisants selon Pierre-Étienne Wawrzyniak, président de la Coordination rurale de l'Allier. Au micro de Sud Radio, ce dernier s’est exprimé : « Pour moi, c’est uniquement un coup de com. La loi va dans le bon sens, mais c’est un pansement sur une jambe de bois. » Le problème selon lui ? Le projet économique derrière ce nouveau texte de loi. « Nous autoriser à faire des projets qui n’ont aucune rentabilité n’aidera pas l’agriculture », s'est exclamé le président.

Une discorde chez les agriculteurs

Chez les agriculteurs, ce nouveau projet de loi présenté par la ministre de l’Agriculture n’est pas reçu mêmement. Certains syndicats comme la FNSEA se félicitent d’avoir enfin obtenu un cadre leur permettant d'intégrer de nombreuses propositions, quand d’autres comme la Coordination Rurale regrette un temps de réponse trop lent et un dialogue pas respecté.

Pierre-Étienne Wawrzyniak, de la CR, a exprimé son malaise dans Le Grand Matin sur Sud Radio : « Madame la ministre s’est glorifiée d’avoir identifié le mal agricole. Depuis 2024 les agriculteurs sont dans la rue, syndiqué comme non syndiqué. On a eu depuis 2024 au moins 1 500 suicides. C’était le moment d’identifier le mal. » Avant de poursuivre : « On a réussi à avoir dans la salle tous les syndicats agricoles, mais on n'a pas eu la parole. On a pu qu'acquiescer ».

« On ne peut pas proclamer son amour et ne pas tout faire »

En réponse à ces interrogations, Annie Genevard a appelé à la responsabilité collective chez les agriculteurs. « On ne peut pas proclamer son amour au monde agricole et ne pas tout faire pour que ces mesures voient le jour », a-t-elle répété. Le projet de loi présenté ce 22 avril sera débattu à l'Assemblée nationale en mai, avec dans le viseur un vote final avant l'été.

L'info en continu
12H
11H
10H
09H
08H
Revenir
au direct

À Suivre
/