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Le maire de Valenciennes, condamné, va devoir quitter ses mandats

A peine réélu le mois dernier, le maire Horizons de Valenciennes (Nord), Laurent Degallaix, a été condamné jeudi à cinq ans d'inéligibilité, avec effet immédiat, pour prise illégale d'intérêts et subornation de témoin et va donc devoir quitter tous ses mandats.

Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

A peine réélu le mois dernier, le maire Horizons de Valenciennes (Nord), Laurent Degallaix, a été condamné jeudi à cinq ans d'inéligibilité, avec effet immédiat, pour prise illégale d'intérêts et subornation de témoin et va donc devoir quitter tous ses mandats.

L'élu de 60 ans, maire de Valenciennes depuis 2012, a également été condamné par le tribunal de Lille à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende.

Présent au délibéré avec l'un de ses avocats, plusieurs proches et membres du conseil municipal, il a quitté le tribunal au pas de course, sans faire de déclaration.

Cette peine d'inéligibilité a été prononcée avec "exécution provisoire": "c'est-à-dire qu'en sortant de ce tribunal, elle s'applique à vous", lui a lancé la présidente, soulignant aussi qu'il s'agit de la peine maximale prévue en la matière.

M. Degallaix a immédiatement fait appel, a annoncé à l'AFP l'un de ses avocats, Me Philippe Simoneau. Cet appel ne suspend toutefois pas sa peine d'inéligibilité.

Celle-ci est conforme aux réquisitions du parquet, qui avait également demandé à l'issue de son procès en février un an d'emprisonnement avec détention à domicile sous surveillance électronique et une amende de 25.000 euros à l'encontre de M. Degallaix.

Malgré son procès, qui s'était tenu dans des conditions rocambolesques en pleine campagne des élections municipales, ce proche de Jean-Louis Borloo avait été réélu en mars d'une courte tête (36,5%) au second tour dans sa ville, sous-préfecture du Nord de 44.000 habitants.

Il préside aussi la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole (200.000 habitants) et siège au conseil départemental du Nord.

- "Sentiment d'impunité" -

Laurent Degallaix a été jugé coupable d'avoir fait pression pour faire embaucher une femme avec qui il avait une relation intime dans une société en charge du stationnement dans sa commune.

Il a également été condamné pour avoir tenté de convaincre cette femme d'abandonner une plainte qu'elle avait déposée contre lui concernant cette prise illégale d'intérêts et pour avoir utilisé son statut de maire pour accélérer le licenciement d'une autre femme, proche d'opposants politiques.

La présidente du tribunal a estimé jeudi que les faits commis par M. Degallaix "portent atteinte aux fondement de la démocratie", ajoutant leur "indignité" pour "un élu de la République", qui occupe "depuis plus de 30 ans des fonctions électives à Valenciennes".

Elle a également rappelé qu'il avait "déjà commis des faits de prise illégale d'intérêts", admis en 2019 via une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.

La présidente a dénoncé le "sentiment d'impunité" de l'élu et une "perte de repères complète", déplorant qu'il n'ait "fait preuve d'aucune remise en question" durant son procès.

Le procureur avait lui aussi comparé M. Degallaix à un "dieu qui décide tout" à Valenciennes.

- "Exécution politique" -

Pour Eric Darques, de l'association AC!! Anti-Corruption, partie civile au procès, "l'essentiel, c'est que la justice a aujourd'hui dit qu'un type, un élu qui se permet ce genre de choses, n'a pas sa place à la tête d'une mairie, à la tête d'une collectivité et qu'il doit dégager".

M. Darques a aussi salué jeudi le fait que cela ait été dit "de manière très claire en assortissant la condamnation d'une peine d'exécution provisoire".

Tanneguy Adriencense, président du groupe d'opposition RN à Valenciennes, et le député et délégué départemental RN Sébastien Chenu ont déploré jeudi la peine d'inégibilité avec "exécution provisoire" infligée à M. Degallaix, "une négation de l'Etat de droit" qui s'apparente à une "exécution politique", selon eux.

Sans une nouvelle élection à Valenciennes, "un climat de défiance ainsi qu'un manque de légitimité pourraient entourer le successeur" de M. Degallaix, ont-ils estimé dans un communiqué.

La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a elle-même été condamnée en première instance l'an dernier à une peine d'inéligibilité avec effet immédiat dans l'affaire des assistants d'eurodéputés de son parti.

Un membre de la société de parking impliquée dans l'affaire Degallaix a lui été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d'amende et quatre ans de privation du droit d'éligibilité.

Les deux derniers prévenus, également poursuivis pour subornation de témoin, ont été condamnés à 12 et 6 mois avec sursis.

Par Claire-Line NASS / Lille (AFP) / © 2026 AFP

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