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Cécile Hernandez, le sport comme refuge contre la maladie 

PORTRAIT SUD RADIO – Tout au long de l'opération « Sport Féminin Toujours » de l'ARCOM qui a débuté samedi 24 janvier et qui s'achèvera le 1er février, Sud Radio vous invite à découvrir chaque jour le portrait d'une femme au parcours inspirant, à la trajectoire inouïe, exemplaire ou résiliente. Aujourd'hui, celui de la snowboardeuse handisport Cécile Hernandez qui, à 51 ans et après avoir été frappée par une sclérose en plaque en 2002, s’apprête à disputer ses quatrièmes Jeux paralympiques.

Maladie, âge, contre-indications : rien n'arrête Cécile Hernandez
(Photo by LINTAO ZHANG / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP)

Quand Cécile Hernandez parle de son retour aux Jeux Paralympiques, ce n’est ni avec lassitude ni avec nostalgie. À 51 ans et après quatre JP à son acitf, la para-snowboardeuse semble prête à partir pour Milan-Cortina comme s’il s’agissait de la première. « J’ai encore faim, je suis encore terriblement passionnée et je progresse en plus, donc je suis loin d’être rassasiée », confiait-elle récemment.

Championne paralympique de snowboard cross à Pékin en 2022, après l’argent décroché à Sotchi en 2014 puis le bronze en cross et l’argent en banked slalom à Pyeongchang en 2018, Cécile Hernandez s’est imposée comme l’une des figures majeures du para-snowboard mondial. À son palmarès paralympique déjà unique, elle y ajoute treize globes de cristal, quatre titres mondiaux, et sept titres de championne de France. De quoi imposer une stature et le respect.

Porte-drapeau de l’équipe de France paralympique

Mais en Italie, Cécile Hernandez ne sera pas seulement une candidate à la médaille. Seule volontaire chez les femmes en équipe de France paralympique, elle sera également porte-drapeau de la délégation française paralympique, le 15 mars prochain lors de la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques.

Elle révèle pourtant avoir « longtemps hésité à présenter ma candidature pour ce rôle important. Pour moi, c’était plus une pression qu’autre chose », reconnaît-elle dans un premier temps, avant d’admettre qu’il s’agissait « surtout d’un honneur, d’une reconnaissance et d‘une vraie fierté ». Avec ce rôle, la snowboardeuse explique qu’elle souhaite surtout incarner « la longévité, la passion et la place des femmes dans les sports et les parasports d’hiver ».

La sclérose en plaques comme adversaire quotidien

Car derrière les podiums, une sclérose en plaques suit Cécile depuis 2002. Une maladie évolutive qui grignote peu à peu ses capacités. « Mes facultés dégénèrent, notamment ma force sur ma jambe avant. Ce n’est pas une maladie qu’on arrive à compenser, mais c’est une sacrée motivation » confie-t-elle.

Mais, plutôt que de se laisser abattre, la championne a décidé de faire de cette douleur son moteur. « Je préfère avoir mal aux jambes parce que j’ai fait un super entraînement plutôt que d’avoir mal aux jambes parce que la sclérose en plaques fait mal », confie la championne.

« J’ai désobéi » : le sport comme acte de résistance

Et pourtant, longtemps la pratique sportive lui a été déconseillée. Trop fatigante, trop risquée. Mais Cécile Hernandez a choisi de passer outre. « J’ai désobéi. On m’a longtemps dit qu’on ne pouvait pas faire de sport avec une sclérose en plaques. D’accord, mais si on n’essaie pas, on ne saura pas comment notre corps va se comporter », explique-t-elle pour justifier son insoumission.

Car l’ancienne pratiquante de BMX au niveau international ne se voyait pas continuer à vivre sans sport. Ainsi, après avoir mis le sport entre parenthèses, elle y revient en 2013 en snowboard, version handisport, tout en poursuivant une carrière de journaliste. Quelques mois plus tard, elle intègre l’équipe de France et décroche l’argent paralympique à Sotchi.

Une femme exposée… et harcelée

En accumulant les médailles, Cécile Hernandez est peu à peu devenue une figure médiatique du parasport. Mais la native de Perpignan a aussi payé le prix de la visibilité. Au point de porter plainte pour harcèlement après de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux en raison de son handicap invisible. « Je suis harcelée parce que j’ai un corps entier et que je fais du handisport », expliquait-elle, rappelant à quel point les handicaps invisibles restent souvent incompris.

Pour rappel, la sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui provoque des perturbations cognitives, émotionnelles, motrices, sensitives ou visuelles qui survient à la suite de l'attaque du système immunitaire d'une personne contre son propre système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Contrairement à d’autres handicaps, la sclérose en plaques ne laisse donc pas obligatoirement de traces visibles sur la personne touchée. Une situation pouvant créer un sentiment de « faux handicap » en comparaison à ses concurrentes, parfois touchées par des handicaps plus visibles.

Milan-Cortina, un dernier tour de piste à 51 ans

Mais Cécile Hernandez n'en a cure et continue à tracer son chemin au plus haut niveau. A 51 ans, elle reconnaît toutefois que ces Jeux paralympiques devraient être les derniers. « Je n’ai pas envie de mettre trop mon intégrité physique en jeu », explique-t-elle, consciente que le snowboard reste un sport exigeant, voire violent. « Il faut que ton corps soit à la hauteur de ton engagement ». 

Elle avait déjà fait la promesse d’arrêter après Pyeongchang et Pékin, mais cette fois, elle l’assure, la décision est mûrement réfléchie. En mars 2026, Cécile s’élancera donc une dernière fois sur une piste olympique pour conserver son titre et glaner une cinquième médaille paralympique, portée par une trajectoire de vie unique où le sport a toujours été un refuge contre la maladie.

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