« Les Anglais se sont beaucoup appuyés à travers leur histoire sur la réussite des pieds, explique notre consultant Daniel Herrero. Les grands joueurs anglais, à travers le temps, ce sont souvent des grands buteurs. On ne reviendra pas sur le talent historique de Jonny Wilkinson, qui est l'icône absolue de l'histoire du rugby anglais. »
« Nous, gens de France, on a toujours été un peu labellisés, malgré tout, un tantinet bordéliques, un tantinet approximatifs sur les lois, un tantinet à champ émotionnel assez haut. Ça peut irriter, on a la colère assez facile, et on peut ''avoir le borderline'' des droits et des lois, notamment sur la rudesse et parfois même sur la violence. »"Ce sont les Anglais qui nous ont baptisés ''French Flair'' à travers le temps"
« Les Anglais ont avec nous cet éternel rapport. Ils nous admirent pour ça. Ce sont eux qui nous ont baptisés ''French Flair'' à travers le temps. Mais en même temps, ce sont eux les Anglais qui ont aussi baptisé un de nos plus brillants joueurs à travers le temps et l'histoire, qui s'appelait Jean Prat (légende française d'après-Guerre) et qui avait été élevé au rang de ''Monsieur rugby''. Nous étions alors dans les temps anciens. »
Blanco, Lafond, Sella, Cambérabéro, Saint-André : casting de rêve pour l'essai du siècle
« Dans les temps plus récents, entre autre match (Angleterre-France, le 16 mars 1991), les Anglais nous menaient (3-0), ils nous oppressaient par la loi de la mêlée, par l'application du jeu au pied, par l'occupation du terrain. Et puis, la France, du fin fond de son enbut après un coup de pied mal tapé par les Anglais. On doit taper en touche mais on part sur une petite contre-attaque (impulsée par Blanco). Cette petite contre-attaque fait germer l'idée d'une relance (prolongée par Lafond). L'idée de la relance fait germer l'idée d'une hypothèse (enchainée par Sella), peut-être, de flamboyance collective du fin fond de l'enbut. Ça part, ça traverse la moitié du terrain, ça va vers notre aîné, en l'occurrence un (Didier) Cambérabéro qui recentre, récupération du ballon au milieu du terrain (par Philippe Saint-André). Et on va marquer sur les poteaux (un essai de 110 mètres qui sera qualifié d' ''essai du siècle''). Avec l'idée générale que quand même, de temps en temps, à travers le temps, l'ordre et la méthode peuvent s'incliner sur le talent, l'approximation créatrice et le goût du jeu, et le goût de la vie sociale rieuse. » Malgré cet essai à jamais entré dans l'histoire, le XV de France s'inclinera 19-21 à l'issue de ce match du Tournoi des V Nations.