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Pauline Ferrand-Prévôt, la championne toutes catégories

Par Alexandre Saint-Etienne

PORTRAIT SUD RADIO – Tout au long de l'opération « Sport Féminin Toujours » de l'ARCOM qui a débuté le 24 janvier jusqu'au 1er février, Sud Radio vous invite à découvrir chaque jour le portrait d'une femme au parcours inspirant, à la trajectoire inouïe, exemplaire ou résiliente. Aujourd'hui, celui de Pauline Ferrand-Prévôt, l'incarnation même de l'excellence sportive

La championne cycliste française Pauline Ferrand-Prévôt
La championne cycliste française Pauline Ferrand-Prévôt, le 13 janvier dernier (Jose Jordan - AFP)

Elle a tout vu, tout conquis. La championne absolue, la référence ultime. Aucun terrain n’a résisté à son talent : cyclisme sur route, cyclo-cross, gravel et VTT cross-country. Raconter l’histoire de Pauline Ferrand-Prévôt (affectueusement surnommée “PFP”), c’est dérouler le fil d’une vie marquée par les sacrifices et les remises en question, le travail acharné et l’abnégation, au service d’un unique absolu : l’excellence, partout, tout le temps. Très jeune, dès l’âge de 13 ans, un potentiel évident qu'à exploser au plus haut niveau.

Une précocité, des aptitudes et une polyvalence qui lui permettront de rafler tous les titres, dans toutes les disciplines, sur tous les terrains du monde entre 2014 et 2023 chez les seniors. Les chiffres donnent le tournis : 15 titres de championne du monde, s’offrant même le luxe de détenir simultanément à 23 ans seulement, le maillot arc-en-ciel de championne du monde sur route, de cyclo-cross et de VTT, accomplissement inédit dans l'histoire du cyclisme, hommes et femmes confondus ! Sans compter ses 27 titres de championne de France et 3 de championne d'Europe.

Les Jeux Olympiques, un destin qui semblait se refuser à elle

Pourtant, rien ne fut simple. L’apogée fantasmé de sa carrière, le titre suprême dont elle rêvait petite fille, s’est longtemps dérobé à elle. Satanés Jeux Olympiques. En cross-country comme en route, ses premières amours, par deux fois la championne s’est avancée en grandissime favorite. Par deux fois, elle a échoué. 2016 et 2020, ces années resteront des cicatrices pour la Rémoise, les stigmates insupportables d’un destin qui semblait se refuser à elle. 

Aux Jeux de Rio, après un premier échec dans la course sur route (26e), elle abandonne, en larmes, lors de l’épreuve de VTT. Elle confiera plus tard “avoir pété les plombs” dans la cité carioca. Terrassée par une brutale chute d’énergie, elle ne put rien faire. Après sa fantastique saison 2015, c’est un double coup de massue. 

Seule sur sa planète

Vient ensuite le temps de la reconstruction. Cinq ans plus tard - Jeux covidés obligent - à Tokyo dans l'épreuve de VTT, alors revenue au sommet de sa forme comme à son habitude, c’est un nouveau cauchemar que la successeure de Jeannie Longo s’apprête à affronter. Rien ne lui sera épargné : après une première glissade malheureuse, elle est victime d’une crevaison au 3ème tour de la course et termine 10ème. Regrets éternels, quelques oiseaux de mauvais augure commencent à persifler. 

Mais PFP ne lâche rien, et prend le virage de la professionnalisation accélérée du cyclisme en s’engageant auprès d’Ineos Grenadiers, lui permettant de parfaire sa préparation tout au long de 2024 pour ce qui s’annonce comme les Jeux de la dernière chance, chez elle, en France. Sur la colline d’Elancourt, après avoir rapidement pris la tête, et faisant fi du mauvais sort, elle domine outrageusement la course et franchit la ligne d’arrivée en vainqueure, seule sur sa planète. La malédiction est brisée, les larmes (de joie) peuvent enfin couler. L'or olympique est enfin à son cou.

Au Panthéon du sport français

Le plus remarquable chez une immense championne, c’est son insatiabilité et sa capacité à rebondir. En permanence. Quand beaucoup auraient pu être repus, à 32 ans, elle fait après les Jeux le pari de la transition totale vers la route, sous les couleurs de l’équipe Visma-Lease a Bike. Forçat de l'entraînement devant l'éternel, elle s’astreint à une vie d’ascète et se prépare comme jamais, allant même jusqu’à perdre 4 kilos pour voler vers les sommets. Avec pour objectif, le seul à la démesure de son talent et de son ambition : le Tour de France

Trois mois après avoir réussi le tour de force de s’imposer sur les pavés de Paris-Roubaix, sa première tentative devait être un coup d’essai : ce sera un coup de maître. Au cours de l'été 2025, présente au départ essentiellement « en quête d’informations » pour se familiariser avec l’épreuve en vue d'une quête future, elle assomme les deux derniers jours de course, remportant haut la main l’étape reine au sommet du col de la Madeleine. Bis repetita le lendemain en guise de bouquet final, rappelant à tous qu’une championne de sa trempe n’envisage sans coup férir qu'une seule issue : la victoire. Le Tour de France remporté et tous ses défis réalisés, elle a bien entendu prévu de rempiler cette année pour une nouvelle odyssée. Mais quoi qu’il arrive, Pauline Ferrand-Prévôt a d'ores et déjà gravé son nom au Panthéon du sport français, aux côtés des Pérec, Longo, Manaudou, Mauresmo et autres Flessel. 

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