"Joggeuse", c’est près de200 000 abonnés sur Instagram et presque autant sur TikTok. Une communauté considérable, mais surtout des projets un peu fous qui font le succès de la jeune femme sur internet et les réseaux sociaux.
"Je n’étais pas heureuse dans mon travail et Joggeuse a été une échappatoire"
Lorsque celle qui se prénomme Joséphine décide de se lancer dans la création de contenu, c’est un saut dans l’inconnu. Une période terne au travail et la volonté de partager du contenu sur internet l’ont poussée à créer “Joggeuse” en février 2024 : “Je partageais beaucoup sur mon compte perso et je sentais que je saoulais mes potes”, explique-t-elle avant d’ajouter : “Je n’étais pas heureuse dans mon travail et Joggeuse a été une échappatoire. Ça m’a donné assez confiance pour démissionner et pour trouver le job de mes rêves.”
Un rêve devenu réalité et même projets de vie puisque désormais, Joggeuse enchaîne les courses et les objectifs, des marathons aux courses de quartier en passant par des défis démesurés pour le commun des mortels. Une manière de vivre de sa passion, intensément, pour celle qui a commencé l’athlétisme à 12 ans avant de raccrocher sa paire de runnings durant ses études.
Paris–Milan en courant : le déclic
C’est l'an passé que Joggeuse “perce” sur les réseaux sociaux avec son premier projet d'envergure : relier Paris à Milan en courant. “C’est là que ça a explosé”, raconte-t-elle.
Après avoir travaillé au service "accréditations" pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024, Joséphine réédite l’expérience à l'occasion des JO d’hiver de Milan-Cortina 2026 (6 au 22 février 2026). Mais ces Jeux ont déjà débuté pour elle bien avant, réunions préparatoires en Italie obligent. Et quoi de mieux que de se rendre au travail en courant ! Alors en mai dernier, Joggeuse a décidé de rejoindre Milan au départ de Paris, pendant 25 jours consécutifs !
950 kilomètres et plus de 14.000 m de dénivelé positifs plus tard, c’est la révélation : “Je me suis dit que j’avais plus d’impact sur les réseaux qu’à faire des accréditations !” Le déclic et le point de bascule de sa nouvelle vie comme créatrice de contenu dédiée au running sur les réseaux sociaux.

Une relation ultra-proche avec sa communauté
Ce qui frappe chez Joggeuse au point d'être devenue sa marque de fabrique, c’est la proximité avec sa communauté. Une relation sans filtre, complice, presque amicale : “Les gens, je leur parle comme si c’était mes copains et ils me parlent comme si j’étais leur copine.”
Une proximité qui prend parfois une dimension bouleversante. Comme ce message reçu pendant le Paris–Milan : “C’est une dame qui m’a écrit : elle venait de divorcer, elle broyait du noir. Elle m’a dit que grâce à mes vidéos, elle s’était mise à courir et qu’elle retrouvait un peu de bonheur.”
“On a trop tendance à scroller et être spectateur de nos vie”
Pour Joggeuse, la course à pied dépasse en effet le simple cadre de la performance. C’est aussi un moyen pour ses followers de se reconnecter à eux-mêmes et aux autres. Un trait d'union qui se traduit dans les chiffres puisque la pratique de la course à pied connaît une explosion ces dernières années avec 13 millions de pratiquants désormais en France, pour qui sport rime avec "partage" plus que "compétition".
Sans prétendre changer le monde, Joséphine assume, à son échelle, vouloir remettre les gens en mouvement. “Mon objectif principal, c’est vraiment de motiver les gens à aller courir” insiste-t-elle. Et de préciser : “On a trop tendance à scroller, à regarder la vie des autres. On devient spectateur et acteur de nos vies”.
Cap sur Los Angeles 2028, la “vraie flamme olympique”
Mais après Paris–Milan, Joggeuse vise déjà plus loin et voit encore plus grand. Beaucoup plus grand, même : relier Paris à Los Angeles, à l’horizon des Jeux Olympiques 2028 ! “Quand tu bosses dans les JO, faire tous les JO, surtout aux États-Unis, c'est un rêve. Du coup, je me suis juste dit que j’allais être la vraie flamme olympique !"
Un projet fou et une histoire à raconter
Course à pied jusqu'à Lisbonne, traversée de l’Atlantique pour rejoindre la Floride, puis la conquête des États-Unis en gravel, Joggeuse se lance dans un triathlon que personne n’a jamais réalisé. Un projet au long cours et original, pensé comme une traversée autant humaine que sportive : “ce qui compte, ce n’est pas forcément d’arriver à Los Angeles. C’est tout le trajet, les gens que je vais rencontrer, les galères que je vais avoir.”
À travers ce projet, un documentaire est déjà en réflexion. Pas pour raconter “la petite vie de Joséphine”, insiste-t-elle, mais pour montrer le sport tel qu’il est vraiment : exigeant, parfois dur, souvent invisible et profondément humain.
- Toutes les informations sur l'opération de l'ARCOM "Sport Féminin Toujours 2026" : https://www.arcom.fr/actualites/sport-feminin-toujours-2026-loperation-de-larcom-pour-donner-plus-delan-au-sport-feminin-dans-les-medias-audiovisuels
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