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Mort de Quentin Deranque : l’extrême gauche a-t-elle pris possession des universités ?

DEBAT SUD RADIO - À la suite du décès de Quentin Deranque en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, le gouvernement a envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour mettre fin à ses interventions. Une décision qui fait écho à une explosion des violences et menaces au sein des universités, notamment par des mouvements d’ultra gauche.

Mort de Quentin : L’extrême gauche a-t-elle pris possession des universités ?
(Photo by Henrique Campos / Hans Lucas via AFP)

Les universités françaises sont-elles gangrénées par l’extrême gauche ? Avec la mort de Quentin Deranque, lynché à mort par la Jeune Garde antifasciste en marge d’une conférence de Rima Hassan à l’IEP Lyon jeudi dernier, le gouvernement a envoyé une circulaire visant à interdire les conférences politiques dans les universités. L’objectif : éviter de nouveaux affrontements entre militants d’ultra droite et d’ultra gauche.

« Une terreur idéologique s'est installée à Sciences Po »

Pour Pablo Ladam, étudiant à Sciences Po Paris, la situation est claire : il y a « une forme d'emprise idéologique, en tout cas de terreur idéologique, qui s'est installée à Sciences Po ». Il évoque des étudiants « harcelés à cause de leurs opinions politiques » ou « lynchés, menacés de mort » pour leurs positions jugées trop à droite ou nuancées.

Selon lui, cette pression s’accompagne d’un refus du débat. « Il y a une forme d'absolutisme idéologique qui refuse toute contradiction », affirme-t-il, dénonçant des conférences qui seraient « systématiquement des meetings de l'extrême gauche » organisés « au frais du contribuable ». Il y voit alors  « une forme d'appropriation, de captation de l'espace universitaire par une gauche radicale ».

« Une mainmise idéologique » de l’extrême-gauche

Maxime Loth, lui aussi étudiant à Sciences Po Paris et membre du Printemps républicain, partage le même constat. Il évoque « une sorte de mainmise idéologique de certains groupuscules empêchant le débat », notamment sur des sujets comme la laïcité ou la liberté d’expression et affirme que des militants ont été pris pour cible pour avoir affiché des caricatures de Charlie Hebdo : « Une camarade a été plaquée contre un mur par un militant d’extrême-gauche. Il y a également une forme de harcèlement numérique qui se déploie systématiquement ».

Blocus, pressions et impossibilité de débattre

Les deux étudiants décrivent également des blocages d’universités qui, selon eux, empêchent le débat. Pablo Ladam affirme que « les étudiants qui bloquent les campus sont systématiquement des étudiants de gauche radicale ou d'extrême-gauche ». Il explique avoir « voulu organiser un débat » et avoir « un blocus pour seule réponse. Ils ont bloqué Sciences Po pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, et on n'a pas pu débattre. »

Maxime Loth évoque notamment le cas d’une étudiante juive exclue d’un amphithéâtre, dénonçant une banalisation de certains incidents et appelant à davantage de fermeté de la part des directions universitaires.

Ne « pas faire de généralités »

De son côté, Salomé Hocquard, vice-présidente de l’UNEF, appelle à la nuance. Elle rappelle que « 77 universités » accueillent « 3 millions d'étudiants » et estime qu’on ne peut « pas faire des généralités » à partir d’un seul établissement. « Les universités sont un lieu de débat où l'ensemble des opinions doivent pouvoir s’exprimer », explique-t-elle. Elle s’inquiète donc des mesures visant à restreindre certaines conférences, qu’elle considère comme un risque pour la liberté d’expression : « On met en place une sorte d'arbitraire sur qui a le droit de parler dans les universités ».

Elle insiste également sur la responsabilité globale du climat social : « Les universités ne sont pas imperméables à ce qui se passe dans la société », évoquant un « climat de tension très fort » de manière globale. Salomé Hocquard se refuse donc de limiter la responsabilité à un seul camp politique. Elle évoque également « des étudiants et des milices d'extrême droite » impliqués dans des violences, affirmant que ces tensions sont « le reflet de ce qui se passe dans la société ».

Salomé Hocquard insiste sur la nécessité de préserver le pluralisme et appelle à organiser davantage de débats contradictoires, avec « des gens pour et des gens contre », afin que les étudiants puissent « se faire leur propre opinion ».

Certains étudiants sont « en danger »

Pour elle, la solution passe donc par davantage de débat, et non par des restrictions : « Empêcher le débat a tendance à attiser les positions ». Pablo Ladam partage ce constat sur la nécessité du débat, mais estime qu’il est aujourd’hui impossible. Il dénonce des conférences organisées « sans contradictoire », qui ressemblent à « des meetings politiques qui ne permettent pas un débat apaisé ». Il prévient : « Quand une société arrête de parler, c’est là que la violence émerge et éclate ».

Pour Maxime Loth, la priorité reste donc la sécurité des étudiants, quitte à renforcer les dispositifs de maintien de l’ordre. « La présence des forces de l'ordre est une nécessité », estime-t-il, affirmant que certains étudiants sont aujourd’hui « en danger ».

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