Deux skieurs ont été tués ce mardi dans une avalanche dans un secteur hors-piste, sur la commune de La Grave, dans les Hautes-Alpes. Un promeneur à Valloire (Savoie) a été emporté alors que le risque était maximal (5 sur 5). Ces nouveaux décès portent à 28 le nombre de personnes ayant perdu la vie dans des avalanches en France depuis le début de la saison, dont 6 lors d’un week-end noir les 10-11 janvier.
Blaise Agresti, guide de haute montagne, en charge du PGHM (pelotons de gendarmerie de haute montagne) de Chamonix pendant quinze ans, et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le secours en montagne, livre son analyse sur cette hécatombe au micro de Sud Radio.
"Les comportements ont beaucoup évolué"
Pourquoi autant de victimes cette année ?« C’est la conjonction de deux facteurs majeurs, résume Blaise Agresti, guide de haute montagne, en charge du PGHM (pelotons de gendarmerie de haute montagne) de Chamonix pendant quinze ans, et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le secours en montagne, au micro de Patrick Roger, sur l'antenne de Sud Radio. Des circonstances particulières de l’hiver, avec beaucoup de neige cette année. Et ensuite les comportements qui ont beaucoup évolué, avec une acceptation du risque très élevée. Les gens pratiquent de plus en plus le ski hors piste. Dans les pratiquants du ski, 25% font du hors piste."
"La montagne est dangereuse, il faut le répéter"
Qu’en dit la communauté montagnarde ? "Elle est hyper attachée à la liberté d’aller en montagne. Cela signifie se former, se préparer, ce qui est un aspect assez déficient. Elle a du mal à prendre une position claire là-dessus. Il faut vraiment rappeler l’idée de la prudence. C’est l’héritage de la montagne : ce n’est pas juste un lieu récréatif. C’est un lieu d’apprentissage aux dangers réels. La montagne est dangereuse, il faut le répéter. Il n’y a pas de petit hors piste."
❄️Série d'avalanches mortelles en France : pourquoi autant de victimes cette année ?
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"Le manteau neigeux a une dynamique de propagation compliquée à expliquer"
"Le métier des pisteurs est de sécuriser les pistes balisées, explique Blaise Agresti, guide de haute montagne. Ils essaient de faire le maximum sur le domaine skiable. Certains endroits facilement accessibles sont extrêmement avalancheux. Peu de gens sont capables de prédire le risque d’avalanche. C’est une combinaison de physique, de transformation du manteau neigeux avec des sous-couches fragiles. C’est sur ces plans de glissement que les avalanches se déclenchent. Le manteau neigeux a une dynamique de propagation compliquée à expliquer."
"Il faut savoir s’abstenir de skier"
"Aujourd’hui, une idée peu exprimée, c’est le renoncement. Il faut savoir s’abstenir. Si on ne veut pas aller dans l’interdiction, il y a des moments où l’on ne sort pas. C’est très compliqué sur le plan économiques, mais il faut être capable de dire non et d’annuler, et d ’aller sur une activité plus raisonnable. Il faut avoir la capacité à se dire les choses sur les accidents dans la communauté montagnardes. À l’armée, on appelle cela le retour d’expérience."
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