Jusqu’alors inconnu du grand public, Jacques Elie Favrot, collaborateur parlementaire du député de La France insoumise Raphaël Arnault, s’est retrouvé en quelques jours au centre d’une affaire nationale mêlant violence politique, emballement médiatique et tensions idéologiques. Son nom circule massivement depuis la mort de Quentin Deranque, le militant identitaire de 23 ans décédé après une violente agression à Lyon, le 14 février.
Un collaborateur discret
Assistant parlementaire de Raphaël Arnault, élu LFI du Vaucluse, Jacques Elie Favrot menait jusqu’ici une activité politique relativement confidentielle. Tout a donc basculé vendredi dernier lorsque plusieurs témoins et le collectif identitaire Némésis l’accusent d’avoir participé au passage à tabac de Quentin Deranque, survenu en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon.
🔴Mort de #Quentin à #Lyon
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Très vite, son nom et son visage se sont répandus sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique nationale. Face à l’ampleur des accusations, Favrot dément toute implication par la voix de son avocat, Maître Bertrand Sayn, dénonçant une campagne de désignation publique et affirmant que son client est désormais menacé de mort. « Dans la presse et sur les réseaux sociaux, Monsieur Favrot est accusé d’avoir causé la mort de Quentin. Il nie formellement être responsable de ce drame », indique son avocat dans un communiqué de presse.
Retrait temporaire et décision de Braun-Pivet
Dans un contexte de forte pression politique, Jacques Elie Favrot annonce se retirer de ses fonctions « le temps de l’enquête », une décision présentée comme une mesure de prudence.
Mais l’affaire a pris ce lundi une dimension institutionnelle puisque la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet, a décidé de suspendre son accès au Palais Bourbon. « À la suite du décès de Quentin à Lyon et au regard de témoignages mentionnant M. Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault, j'ai décidé, à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire, de suspendre ses droits d'accès à l'enceinte de l'Assemblée nationale, afin de prévenir les troubles à l'ordre public que sa présence est susceptible de susciter », indique-t-elle sur X.
Lutter contre les injustices sociales et les discriminations
Surnommé « Jef », Jacques-Élie Favrot (dont on ignore précisément l'âge) est titulaire d'un M2 à Sciences Po Saint-Étienne. Militant antifa à la Jeune Garde Lyon ainsi qu’à OSE CGT (syndicat étudiant de la CGT à Saint-Étienne), il appartient à cette génération politisée très tôt, souvent dans les marges, là où les convictions se forgent au contact du terrain plutôt que dans les amphithéâtres universitaires. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme méthodique, travailleur, plus à l’aise dans la préparation de dossiers que dans les prises de parole publiques.
Son engagement s’est construit autour d’une idée simple : lutter contre les injustices sociales et les discriminations. Une boussole politique qui l’a conduit vers les milieux antifascistes lyonnais, puis vers La France Insoumise, où il a trouvé un espace d’action plus institutionnel. Dans l’entourage de Raphaël Arnault, on le décrit comme un collaborateur loyal, fiable, presque ascétique dans sa manière de travailler. Un assistant qui ne recherche pas la lumière, mais préfère travailler dans l'ombre à relire un amendement, préparer un rendez vous ou encore organiser des réunions de terrain.
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