Le président de la République Emmanuel Macron a livré la semaine passée sa vision de la réforme des rythmes scolaires, prônant des journées allégées au collège et au lycée, ainsi que des vacances d'été plus courtes. Il s'agirait de commencer la journée scolaire plus tard et de la finir plus tôt. Il s'en remet toutefois au gouvernement pour toute réforme en la matière. En attendant, le corps enseignant doute cependant que ce type d'organisation soit le meilleur.
Renforcer le bien-être et la concentration
Emmanuel Macron estime qu'il serait souhaitable de rendre ces journées plus courtes, afin de mieux respecter les capacités d’attention des adolescents et de favoriser un équilibre entre apprentissages et activités extra-scolaires telles que le sport ou la culture, estime-t-il.
Concrètement, cela pourrait se traduire par des journées qui commencent un peu plus tard le matin et se terminent plus tôt l’après-midi que dans le modèle actuel. L’objectif affiché est de réduire la "charge quotidienne" au bénéfice d’un meilleur bien-être des élèves et d’une concentration plus forte sur les heures de cours. Il faut dire que certains établissements le font déjà, c'est le cas du Groupe scolaire Le Mirail à Bordeaux, qui réunit école primaire, collège et lycée. "À l'école c'est 8h30 - 14 heures. Au collège et au lycée c'est 8 heures - 14 heures, en sachant qu'au lycée on est sur six matinées. Il y a une heure de pause pour le repas", explique au micro de Sud Radio Gérard Coucharrière, le chef d'établissement.
Les activités périscolaires réservées à l'après-midi
Dans ce schéma envisagé, le temps libéré en fin de journée pourrait être consacré à des activités périscolaires – sportives, artistiques ou culturelles – permettant aux élèves de s’épanouir dans des domaines complémentaires aux enseignements classiques. Cette idée n'est pas du goût de Gérard Coucharrière cependant. "L'idée est de mettre certains cours le matin, et les cours dits artistiques et sportifs l'après-midi est une erreur. Nous l'avons fait au début, et je peux vous assurer que si c'était à refaire, je mettrais les maths et le français. Parce que les jeunes prenaient l'EPS pour un atelier, et les arts plastiques pour un loisir. En plus, je trouve que c'est dévalorisant pour les enseignants de dire 'votre matière est moins importante, je vous la mets l'après-midi'. Si c'est moins important, il n'y a qu'à la supprimer, tant qu'on y est", souligne-t-il sur Sud Radio.
Des réticences dans le privé comme dans le public
Une réforme, quelle qu'elle soit, serait compliquée à mettre en place, estime Gérard Coucharrière : "C'est compliqué partout. Les réticences des enseignants sont présents dans tous les établissements, privés ou publics".
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.