Ultra-gauche, mort de Quentin à Lyon, responsabilité politique, La France Insoumise (LFI), antisémitisme, loi sur la fin de vie, présidentielle et primaire à droite. Au micro de Sud Radio, Philippe Juvin a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
"J’espère que la présidente de l’Assemblée prendra une décision concernant l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault"
Jean-François Achilli pour Sud Radio : Estimez-vous, comme certains ministres, que l’ultra-gauche est manifestement à la manœuvre dans le lynchage qui a provoqué la mort de Quentin à Lyon ?
Philippe Juvin : “Je verrai les résultats de l’enquête. Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas en France impunément tuer pour des raisons d’idées ou des raisons politiques. Cette hyper-violence est telle que les responsables devront être très sévèrement jugés parce que quand vous faites de la politique ou du syndicalisme, vous avez un devoir d’exemplarité.”
Jean-Luc Mélenchon a exprimé sa sidération et son empathie à l’égard de la victime tout en affirmant que ses militants sont agressés. Comment réagissez-vous ?
“L’inversion de la responsabilité potentielle, c’est-à-dire se présenter en victime alors que le garde des Sceaux semble indiquer que les violences viennent clairement du côté de l’ultra-gauche, est absolument indigne. Je préfère retenir la première partie de la phrase quand il s’adresse à la victime et à sa famille. Mais si ça se confirme qu’un assistant parlementaire est impliqué, j’espère que cet assistant parlementaire n’aura pas le droit d’entrer dans l’Assemblée nationale.”
Cela concerne-t-il aussi le député lui-même ?
“L’enquête le montrera. J’imagine que le député va être entendu. La reconstitution d’organisations dissoutes est un délit.”
Faut-il une décision rapide de la présidence de l’Assemblée nationale ?
“Oui. Dès lors qu’il y a un doute sur l’implication dans cet homicide, il ne doit plus franchir les portes de l’Assemblée nationale.”
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"LFI ne prône pas la violence. La question, c’est l’interprétation des paroles"
La France Insoumise est-elle un parti d’extrême gauche ?
“LFI se situe à la gauche de la gauche, ce n’est pas une surprise. La question est : est-ce une organisation qui prône la violence ? La réponse est non, il n’y a pas de généralisation possible. Je travaille avec des députés LFI qui ne prônent évidemment pas la violence. La question, c’est l’interprétation des paroles dans le débat politique par des individus fragiles ou influençables.”
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Vous parlez d’une radicalisation des méthodes militantes ?
“Aujourd’hui l’action militante devient violente. Elle est violente dans les mots, elle est violente dans les actes. Les mots tuent, les réseaux sociaux tuent. Le fait de ne plus avoir de limite dans l’expression, ça tue.”
Partagez-vous l’analyse selon laquelle certaines prises de position rendent l’antisémitisme plus acceptable ?
“Il y a vingt ans, l’antisémitisme était une honte. Aujourd’hui, certaines déclarations rendent l’antisémitisme acceptable. Il y a un seul pays dont certains demandent la disparition, c’est Israël. La relation entre l’antisionisme et l’antisémitisme est très clairement établie.”
La présence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon vous choque-t-elle ?
“Les paroles qu’elle tient sont souvent contestables. Elle flirte avec l’antisémitisme, utilise des mots qui lui permettent de ne pas tomber sous le coup du délit. Je pense que le patron de Sciences Po aurait dû être plus prudent.”
"La loi de fin de vie est une loi imaginée par des gens riches et bien portants"
Pourquoi affirmez-vous que ce texte sur l’aide à mourir n’est pas une loi de fin de vie ?
“On nous avait vendu une loi qui s’appliquerait aux gens en fin de vie. En réalité, les critères sont extrêmement larges et pourront concerner des patients qui ont plusieurs années à vivre. Ce n’est pas une loi de fin de vie.”
En tant que médecin, qu’est-ce qui vous inquiète ?
“Je ne veux pas, quand j’entre dans une chambre en blouse blanche, que le patient se demande quelle est la nature de ma venue.”
Pourquoi parlez-vous d’une loi pensée par des gens riches et bien portants ?
“Il y a une grande différence entre les gens riches, les gens pauvres, les gens seuls et les gens accompagnés. Quand vous êtes pauvre, isolé, que l’infirmière ne passe qu’une fois par jour, la fin de vie est plus difficile à porter. La pauvreté et l’isolement peuvent conduire à des volontés de mort. Ma crainte, c’est que des gens vulnérables voient dans l’euthanasie une porte de sortie.”
Pensez-vous que la loi sera adoptée ?
“J’espère que non. Je n’aurais pas été contre une exception au bout du bout, mais là on est sur quelque chose de massif qui va probablement s’appliquer d’abord aux plus vulnérables.”
"La candidature des LR doit s’inscrire dans une primaire de la droite et du centre-droit"
Bruno Retailleau a annoncé sa candidature. Est-ce trop tôt ?
“Nous savions qu’il voulait porter nos couleurs. En politique, il faut une vision et une incarnation. Chez Les Républicains, nous manquons d’incarnation.”
Le soutenez-vous clairement ?
“J’ai toujours soutenu Bruno Retailleau. C’est un homme droit qui porte des idées. Mais si nous avons un candidat LR, un candidat du bloc central et d’autres encore, nous ne serons pas au second tour.”
Quelle est votre solution ?
“La candidature des LR doit s’inscrire dans un processus de primaire allant de la droite au centre-droit. Si chacun y va sous sa casquette, nous ne serons pas au second tour. C’est une question arithmétique.”
Faut-il une primaire ouverte ?
“Oui. Une primaire très ouverte, à tous les Français qui partagent certaines valeurs. Sinon, nous allons vers de véritables déconvenues.”
“Je suis le Poulidor des entrées au gouvernement”
Votre nom circule pour le ministère des Comptes publics. Accepteriez-vous ?
“On ne m’a rien proposé. J’ai souvent dit en riant que j’étais le Poulidor des entrées au gouvernement, celui dont on parle toujours et qui n’entre jamais.”
Si la proposition arrivait ?
“Je discuterais avec le Premier ministre. La question, c’est y aller pourquoi. Si on parle de dépenses publiques, il faut dépenser moins, dépenser mieux et produire plus. À ces seules conditions, le pays se remettra.”
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