Affaire Epstein, justice française, exploitation sexuelle des mineures, plateformes comme OnlyFans et Mym, lutte contre le proxénétisme en ligne, banderoles homophobes dans les stades, port du voile chez les mineures. Au micro de Sud Radio, Aurore Bergé a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
"On a raison de parler de l’affaire Epstein et de ce système d’exploitation sexuelle"
Jean-François Achilli pour Sud Radio : Faut-il aujourd’hui que la justice française rouvre des enquêtes dans l’affaire Epstein ?
Aurore Bergé : “C’est à la justice de le déterminer, ce n’est évidemment pas à moi de le dire. Cette affaire démontre que pendant des années, un système a été mis en place qui a permis l’exploitation sexuelle de jeunes filles, parfois d’adolescentes. On parle de centaines et de centaines de victimes. C’est la raison pour laquelle Jeffrey Epstein avait déjà été condamné. Sa compagne est toujours en détention aux États-Unis et, s’il y a une nécessité que la justice française soit saisie, elle le sera. C’est à la justice de le déterminer en fonction des éléments de preuve.”
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Le président Emmanuel Macron a expliqué que l’affaire concernait avant tout les États-Unis. En fait-on trop en France ?
“Non, on a raison d’en parler parce que c’est une affaire absolument insupportable. Ce qui est insupportable, c’est de se dire que pendant des années un système a permis l’exploitation sexuelle, la traite d’êtres humains, de jeunes filles considérées comme de la marchandise mise à disposition d’hommes très puissants. Maintenant, c’est à la justice de déterminer ce qui est vrai, ce qui est faux. Ce n’est pas à moi d’éplucher les dossiers.”
Certains noms circulent, comme celui de Jack Lang, et l’affaire Jean-Luc Brunel s’est arrêtée après son suicide. Faut-il s’attendre à des révélations ?
“Je ne suis pas là pour faire des suppositions sur qui aurait fait quoi. Le travail de la justice, c’est d’éplucher l’intégralité des dossiers, de confronter les personnes mises en cause et, s’il y a des mises en examen nécessaires, de les conduire. Heureusement, ce n’est pas au gouvernement de déterminer la manière dont la justice fonctionne. Elle est indépendante et capable de condamner, que l’on soit puissant ou non.”
Les Français ont le sentiment que ces affaires traînent. Pourquoi ?
“Parce qu’il y a des milliers et des milliers de dossiers à examiner. Ce qui inquiète, c’est le volume de celles qui ont subi ce système de domination. La justice passera si elle doit passer, et elle le fera en toute intégrité et en toute indépendance.”
"Des enfants et des adolescents se retrouvent sur OnlyFans ou Mym"
Le Sénat examine une proposition de loi pour lutter contre le proxénétisme en ligne. Le gouvernement la soutient-il ?
“Oui, clairement. Parce qu’aujourd’hui, l’achat d’actes sexuels commence souvent par un clic, par une image, par une vidéo. On voit trop souvent des adolescentes se retrouver dans ce système sans mesurer les conséquences sur toute leur vie. Des images circulent, des réseaux se structurent, de l’argent est gagné sur leur dos.”
Ces plateformes comme OnlyFans ou Mym sont-elles assimilables à des sites de prostitution en ligne ?
“Ce sont des systèmes où l’on fait commerce du corps de quelqu’un d’autre. Le proxénétisme doit être appréhendé en ligne comme hors ligne. À la fin, c’est toujours un système de domination, avec des moyens de pression, parfois pour toute une vie.”
Les gestionnaires de comptes peuvent-ils être considérés comme des proxénètes ?
“Aujourd’hui, le droit ne le caractérise pas suffisamment parce que ces plateformes n’existaient pas il y a dix ans. Nous allons actualiser la loi pour que ceux qui recrutent des jeunes filles, commandent des images et en tirent profit puissent être incriminés comme proxénètes. Il faut cesser que des milliers de jeunes filles, parfois des enfants, soient prises dans ce système d’exploitation.”
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"Il faut arrêter de penser que les banderoles homophobes dans le sport sont du folklore"
Quelle a été votre réaction face à la banderole déployée par le collectif Ultra Paris lors du match PSG-OM ?
“Ce n’est pas du folklore. Pendant trop longtemps, on a considéré que les insultes homophobes ou racistes étaient du folklore. Ce sont des insultes. Elles banalisent la haine et donnent le sentiment que le sport ne peut pas s’en départir. Le sport mérite mieux.”
Qui doit agir pour que cela cesse ?
“Les clubs et la Ligue. Ces slogans blessent, fragilisent et dénaturent l’image du sport. Le sport doit rester une fête exceptionnelle, capable de réunir. Il n’est pas là pour diviser.”
"Je suis en faveur de l’interdiction du voile pour les mineures"
Le port du voile relève-t-il d’un choix personnel qui doit être respecté ?
“Oui, à condition que ce choix soit réellement personnel et jamais guidé par la contrainte. Aucune femme ne doit être contrainte de porter un signe religieux si elle ne le souhaite pas.”
Pourquoi souhaitez-vous interdire le port du voile pour les mineures ?
“Parce qu’à 8, 10 ou 15 ans, on n’a pas la même capacité à consentir qu’à 20 ans. Il faut garantir que le consentement soit libre et éclairé. C’est ce que la loi doit assurer, en particulier pour les mineures, afin qu’elles ne se conforment pas à une contrainte familiale ou sociale.”
"C’est sans doute plus sain que Jean-Marc Morandini ne soit plus à l’antenne"
Jean-Marc Morandini s’est retiré de l’antenne de CNews après les polémiques. Saluez-vous cette décision ?
“Oui, c’est sans doute plus sain qu’il ne soit plus à l’antenne. Il a été condamné, donc on n’est pas dans la supputation. Quand on parle de violences sexuelles, il ne faut jamais prendre le risque de la banalisation, par respect pour les victimes.”
Karine Le Marchand est visée par des accusations de racisme après des propos tenus récemment. La soutenez-vous ?
“Ce que je trouve insupportable, c’est le cyberharcèlement, en particulier lorsqu’il vise une femme qui s’est exprimée. Les meutes numériques ne sont jamais spontanées et cette violence n’est jamais acceptable.”
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