Soyez libres avec vous, Françoise Degois et l'agression meurtrière de Quentin à Lyon qui déchaîne des passions parfois insupportables.
« Oui, parce que si nous étions raisonnables nous observerions un délai de décence après le meurtre d'un jeune homme de 23 ans. Qui avant d'être un jeune militant nationaliste et identitaire, est d'abord un gamin qui commençait à peine sa vie. On ne meurt pas sur un trottoir à 23 ans parce qu'on se bataille pour des idées politiques.
Roué de coups par des militants d'extrême gauche après une bagarre d'une extrême violence qui commence à armes égales et se termine par ce drame. Si nous étions raisonnables nous attendrions ce que va dire le procureur de la République à 15h aujourd'hui et nous éviterions d'empoisonner, d'embraser le débat politique qui porte à l'incandescence depuis deux jours : l’affrontement politique entre l'extrême droite et l'extrême gauche.
"Des deux côtés tout est une aberration"
La première accuse littéralement Jean-Luc Mélenchon d'être responsable de la mort de Quentin. Mélenchon se défend bac et oncle et se victimise affirmant que plusieurs permanences de LFI ont été attaquées après ce meurtre qu'on lui impute. Des deux côtés tout est une aberration. On peut reprocher beaucoup de choses à Jean-Luc Mélenchon mais il n'a pas porté les coups.
Mais c'est aussi une aberration de la part du dirigeant de LFI dont le premier tweet n'évoque même pas Quentin. Il faut attendre hier soir en meeting à Montpellier pour qu'il évoque la souffrance de la famille et dise son empathie. Ça ressemble à un service minimum. »
🇫🇷 L'agression meurtrière de Quentin à Lyon
— Sud Radio (@SudRadio) February 16, 2026
🗣️ @francoisedegois :"Comme s’il fallait mettre tout le monde dans le même sac en détournant des pensées. Comme si la violence n’était que la panache de l’extrême gauche…" #GrandMatin
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"Un cap a été franchi avec un totem d'immunité de la part de Mélenchon"
Il y a pourtant beaucoup de questions très politiques.
« D’abord, comment Sciences Po Lyon peut-elle accepter de laisser Rima Hassan donner une conférence là où Paris avait eu raison de refuser ? Quel manque de sagesse quand on connaît la teneur des propos de Rima Hassan, devenu l’égérie d'une lutte qui flirte désormais avec l’antisémitisme assumé. Il suffit de voir ses propos sur X hier soir où elle accuse, je cite, « le lobby israélien d'abjecte récupération pour l'empêcher de donner ses conférences sur la Palestine ».
Il suffit de lire cela pour comprendre qu'un cap a été franchi avec un totem d'immunité de la part de Jean-Luc Mélenchon. Jusqu'à quand ? Autre question très politique, est-ce que l'assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde était sur les lieux ? Oui, répond Mediapart, dont on connaît le sérieux. Mais est-ce que être sur les lieux signifie avoir tabassé à mort Quentin ? En tout cas ça, c'est un fait politique. »
"La liste est très longue"
Oui, et c'est le déchaînement politique justement.
« Oui, avec les outrances insupportables comme si la violence n'était que l'apanage de l'extrême-gauche. On se rappelle du meurtre du rugbyman argentin Federico Aramburú tué par des militants d'extrême-droite. La liste est très longue avec des jugements, notamment en juin dernier.
Comme s'il fallait mettre tout le monde dans le même sac en détournant des phrases et des pensées. Comme le fait ce matin Vincent Trémolet de Villers qui cite Pasolini le grand cinéaste figure emblématique de la gauche italienne qui disait « le fascisme peut revenir à la condition qu'il s'appelle antifascisme ». C'est une honte d'utiliser et de détourner cette phrase parce que Pasolini n'a jamais voulu dire que les militants antifascistes sont des fascistes.
"Un affrontement pour écraser la nuance, la justice et la vérité"
Il disait juste que le fascisme reviendrait avec des habits différents, bien habillés mais avec une liberté censurée. Les outrances de toute la droite qui estiment que les médias, forcément aux mains de la gauche sous-traitent l'affaire Quentin au nom d'une complaisance qui n'existe pas. Parce que c'est bien TF1 et pas CNews, par exemple, qui diffusent la vidéo où on voit un tabassage.
On ne sait pas si c'est Quentin qui est à terre. C'est bien la presse de gauche ce matin comme Mediapart ou Libération qui enquêtent le plus finement et sortent l'information sur la présence de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault. C'est cette presse-là d'investigation.
En fait, si nous étions raisonnables nous nous rappellerions que les milices d'extrême droite et d'extrême gauche sont aussi mortelles pour la démocratie que cet affrontement politique infernal entre LFI et le RN. Entre Mélenchon et Le Pen. C'est un affrontement voulu par les deux pour écraser tout ce qui se trouve au milieu : la nuance, la justice, la vérité et non pas l'histoire telle que chacun veut la raconter. Si nous étions raisonnables, mais nous ne le sommes plus à l’évidence. »
Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.