Présidentielle de 2027, candidature de Bruno Retailleau, primaire à droite, rôle des militants LR, référendum sur l’immigration, sécurité, Conseil constitutionnel, hiérarchie des normes, municipales et stratégie face au RN. Au micro de Sud Radio, Jonas Haddad a répondu aux questions de Maxime Lledo.
"Bruno Retailleau a remis l’église au centre du village"
Pourquoi Bruno Retailleau a-t-il choisi de se déclarer candidat à la présidentielle maintenant, alors que de nombreuses rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines ?
Jonas Haddad : “Parce qu’il y avait beaucoup de questions qui se posaient, beaucoup de bruits de couloir, on se demandait qui allait pouvoir porter les espoirs de la droite. Aujourd’hui, Bruno Retailleau a remis l’église au centre du village. Nous avons besoin d’une droite républicaine qui porte des valeurs de fierté d’être Français, des valeurs d’ordre et de progrès. Assez naturellement, la candidature de Bruno Retailleau est une évidence.”
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Que recouvrent précisément ces notions d’ordre et de progrès qu’il met en avant pour la présidentielle 2027 ?
“L’ordre, c’est l’autorité de l’État, la sécurité, le respect des règles. Le progrès, c’est valoriser ceux qui travaillent, les entrepreneurs, les créateurs. Il s’agit de bâtir une société qui protège mais qui récompense aussi le mérite.”
Il affirme pourtant que “le pouvoir n’a plus le pouvoir”. Pourquoi viser l’Élysée si l’action politique est entravée ?
“Justement pour redonner le pouvoir au peuple français. Il propose d’utiliser le référendum pour contourner les blocages juridiques et institutionnels, notamment sur l’immigration et la sécurité.”
Vous évoquez des blocages juridiques. À quoi faites-vous référence concrètement ?
“À ce que nous appelons l’impossibilisme. On vous dit à chaque fois que c’est impossible à cause des cours européennes, que le Conseil constitutionnel l’interdit ou que telle norme s’y oppose. À un moment, il faut que le peuple français reprenne le pouvoir et tranche directement.”
"Si le peuple de droite veut une primaire, nous aurons une primaire"
Face aux ambitions d’autres figures de droite, comment Bruno Retailleau peut-il s’imposer comme le candidat naturel ?
“Nous sommes le premier parti de France en nombre d’adhérents avec 150.000 militants. Ce sont eux qui constituent le peuple de droite organisé. Ce sont eux qui décideront du mode de désignation.”
Les militants auront-ils réellement le dernier mot sur l’organisation d’une primaire ?
“Oui. Si les militants souhaitent une primaire, elle aura lieu et Bruno Retailleau s’y présentera. S’ils préfèrent une autre forme de départage, cette décision sera respectée.”
Acceptera-t-il le verdict d’une primaire même s’il n’en sort pas vainqueur ?
“Quand Bruno Retailleau prend un engagement, il le tient. Il l’a dit clairement : il respectera le choix des militants. C’est une question de cohérence et de crédibilité.”
Et si aucune primaire n’est organisée, partira-t-il seul en tant que président du parti ?
“Dans la tradition gaulliste, cela s’est déjà produit. Si les militants estiment que le chef du parti doit porter les couleurs de la droite républicaine, il le fera.”
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Un candidat unique ne risque-t-il pas de fragmenter l’espace électoral et d’empêcher l’accès au second tour ?
“Notre objectif est précisément d’éviter la dispersion et d’accéder au second tour. La droite républicaine est une droite de gouvernement. Elle doit incarner une alternative crédible face au RN.”
Quand saura-t-on s’il y aura une primaire à droite pour la présidentielle 2027 ?
“La décision interviendra autour des municipales, un peu avant ou un peu après. Les militants auront le dernier mot.”
LR : "On ne fera pas de primaire avec des gens qui nous détestent !"
Laurent Wauquiez évoque l’idée d’une primaire élargie à toute la droite. Êtes-vous prêt à dépasser le cadre des Républicains ?
“La question est simple : qui fixe les règles ? Ce sont les militants. Nous ne pouvons pas organiser une primaire avec des personnalités qui passent leur temps à dénigrer notre famille politique.”
Vous excluez donc une primaire avec des responsables qui contestent la ligne de LR ?
“On ne fera pas de primaire avec des gens qui nous détestent ou qui expliquent sur tous les plateaux que nous n’incarnons pas la droite. Il faut un minimum de cohérence et de loyauté.”
Faut-il demander aux autres ambitions présidentielles de se ranger derrière le président du parti ?
“Je respecte toutes les ambitions. La droite a gagné lorsqu’elle rassemblait ses sensibilités, sociales, libérales, territoriales. L’enjeu est de construire une équipe solide.”
Tendez-vous la main à Édouard Philippe pour un éventuel rassemblement ?
“Ce n’est pas à nous de tendre la main aujourd’hui. Il y a d’abord les municipales. Ensuite, il faudra clarifier les positions, notamment sur les alliances au second tour.”
Maintenez-vous la ligne "pas une voix pour la gauche" dans ce contexte politique ?
“Oui, d’autant plus que la gauche est aujourd’hui mélenchonisée. Lorsque le porte-parole du Parti socialiste n’exclut pas un accord avec La France insoumise, cela pose un problème majeur.”
“Il faut une suspension durable et des quotas d’immigration”
Sur la sécurité, que ferait Bruno Retailleau de différent par rapport à son passage au ministère de l’Intérieur ?
“Il faut sortir du “en même temps” et assumer une ligne claire. Cela signifie davantage de fermeté pénale et un soutien total aux forces de l’ordre.”
Pourquoi avoir quitté Beauvau s’il souhaitait poursuivre ces réformes ?
“Parce qu’il estimait ne pas avoir les garanties nécessaires pour mener la politique voulue. Depuis son départ, nous constatons un retour au laxisme.”
Il critique le rôle des juges et du Conseil constitutionnel. Souhaite-t-il une réforme institutionnelle ?
“Non, il ne s’agit pas de supprimer le Conseil constitutionnel. Il doit se plier à ce que dit la Constitution. Aujourd’hui, il a une jurisprudence très extensive, qui va parfois au-delà de ce qu’on lui demande. Il faut aussi réaffirmer la hiérarchie des normes : le droit européen ne doit pas être supérieur au droit national en matière de sécurité et d’immigration. Et pour cela, le référendum permet de redonner la parole au peuple.”
Quels sujets pourraient être soumis à référendum en cas d’élection en 2027 ?
“L’immigration, la sécurité et tous les domaines où le droit européen limite notre action nationale. Il s’agit de redonner la parole au peuple français.”
Comment être crédible sur l’immigration alors que 2025 est présentée comme une année record ?
“Il y a eu 30% de régularisations et de naturalisations en moins. Mais il faut aussi reprendre la main sur les entrées, pas seulement sur les sorties.”
Êtes-vous favorable à une suspension de l’immigration régulière comme l’a proposé Gérald Darmanin ?
“Je ne crois pas à une suspension temporaire. Je défends une suspension durable fondée sur les besoins économiques, avec des quotas précis par métier.”
L’assimilation est-elle un pilier central de cette politique migratoire ?
“Oui. Ceux qui viennent doivent respecter nos règles, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes. L’assimilation est une exigence républicaine.”
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