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Consommation de viande : les bouchers défendent le “bon sens” face à l’appel du gouvernement

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Le gouvernement appelle à « une limitation » de la consommation de viande afin de réduire les gaz à effet de serre. Cette recommandation figure dans la nouvelle stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, dévoilée ces derniers jours.

Consommation de viande : les bouchers défendent le “bon sens” face à l’appel du gouvernement

L’exécutif insiste sur une évolution progressive des habitudes alimentaires, ciblant notamment la viande rouge et la charcuterie, dont la production est jugée particulièrement émettrice de gaz à effet de serre.

"Consommer moins de viande, les Français le font déjà naturellement"

Selon le gouvernement, l’objectif n’est pas d’interdire ni de stigmatiser, mais d’inciter à une consommation plus modérée et plus équilibrée, en cohérence avec les enjeux climatiques et de santé publique. Le gouvernement rappelle que l’alimentation représente une part significative de l’empreinte carbone des Français, et que la réduction de la consommation de produits carnés fait partie des leviers identifiés pour atteindre les objectifs climatiques.

Cette position suscite naturellement des réactions chez les professionnels du secteur. Pour Véronique Langlais, présidente du Syndicat des bouchers de Paris, la question mérite d’être nuancée. "Depuis quelques années, les Français ont baissé leur consommation de viande pour plein de raisons". Cette préconisation "a un peu surpris" la profession, explique-t-elle au micro de Sud Radio, notamment dans un contexte où "il y a un problème d’obésité en France", qui serait davantage lié aux produits ultra-transformés qu’à la viande.

La représentante des bouchers insiste aussi sur la situation de l’élevage français. "Jamais on n’a eu autant de décapitalisation, c’est-à-dire de cheptels de bovins qui disparaissent", alerte-t-elle. Pour elle, "le bon sens aujourd’hui, c’est de consommer une viande française, de qualité, produite sur nos territoires par des éleveurs qui travaillent chaque jour, et non de mettre dans la tête du consommateur de consommer moins de viande, puisqu’il le fait déjà naturellement", explique-t-elle à l'antenne de Sud Radio.

Mieux expliquer l’alimentation à l'école en partant du produit à l’état brut

Selon Véronique Langlais, cette orientation n’est d’ailleurs pas nouvelle. "Cette préconisation était sur le bureau des Premiers ministres antérieurs, qui ne l’ont pas sortie", explique-t-elle, évoquant une pression des enjeux environnementaux face à une agriculture qui plaidait plutôt pour "une consommation raisonnable". Toujours sur Sud Radio, elle rappelle aussi l’évolution des modes de vie : "On consomme déjà naturellement moins de viande par rapport à 40 ans, où on mangeait de la viande midi et soir".

Plutôt qu’un message de restriction, la présidente du syndicat appelle l’État à agir sur l’éducation. "L’État peut simplement déjà changer ses programmes scolaires et mieux expliquer l’alimentation en partant du produit à l’état brut", suggère-t-elle au micro de Sud Radio, évoquant même des visites à la ferme. Elle cite à ce titre la future initiative d'Olivia Grégoire sur l’éducation alimentaire des enfants, estimant que "c’est là-dessus qu’il faut s’orienter aujourd’hui".

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