Depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon, assassiné par des membres du groupuscule d'extrême gauche de la Jeune Garde, les organisations politiques radicales n’ont jamais autant fait parler d’elles. Si ce meurtre a été orchestré par un groupe de gauche radicale, il existe également en France des mouvements d’extrême droite bien implantés sur le territoire.
Dans l’Hexagone, près de 3 300 personnes appartiendraient à cette mouvance identitaire, dont 1 300 seraient fichées S, selon les derniers rapports parlementaires.
Le collectif "Némésis"
Créé en 2019, le collectif identitaire Némésis se décrit comme "féministe", tout en prônant un discours anti-immigration et anti-islam. Jugé islamophobe et xénophobe par ses détracteurs, Némésis est une structure atypique qui instrumentalise certains thèmes sociétaux, comme la défense des femmes "françaises", pour diffuser des idées radicales. Soutenu par une partie de la droite dite "extrême", le mouvement est également désavoué et critiqué par de nombreux collectifs féministes. Parmi ses figures les plus connues figurent Alice Cordier et Milla.
Ce groupe est au coeur de l'actualité après la mort de Quentin Deranque qui était chargé du dispositif de sécurité du mouvement, qui manifestait jeudi dernier à Lyon en marge de la conférence de Rima Hassan.
Le groupe versaillais "Auctorum"
Le groupe Auctorum, fondé en octobre 2019 à Versailles, se revendique d’une ligne identitaire mêlant nationalisme, enracinement local et catholicisme traditionaliste. Il met en avant des notions de communauté et d’identité européenne. Auctorum organise des conférences, des formations militantes et des activités sportives. Bien que certains de ses membres aient été signalés pour des faits liés à l’activisme radical, l’organisation n’a pas fait l’objet d’une mesure de dissolution administrative à ce jour.
🇫🇷 La mort de #Quentin Deranque
— Sud Radio (@SudRadio) February 17, 2026
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"Luminis", ancré localement
Luminis est un groupuscule plus discret, apparu en mai 2020 dans la sphère identitaire radicale. Il gravite dans les milieux nationalistes et catholiques traditionalistes et participe ponctuellement à des rassemblements ou actions militantes. Peu structuré à l’échelle nationale, il fonctionne surtout localement. Il n’a pas été dissous, mais reste identifié par des observateurs spécialisés comme appartenant à la nébuleuse de l’ultra-droite.
"Terre et peuple", association culturelle et idéologique
Autre mouvement : Terre et Peuple. Créé en 1994, il s’inscrit dans la tradition de la Nouvelle Droite et de l’ethno-différentialisme. Le mouvement défend l’idée d’une Europe des peuples enracinés, valorise les identités régionales et développe un discours anti-immigration et anti-mondialisation. Davantage structuré comme une association culturelle et idéologique que comme un groupe d’action de rue, il publie des revues et organise des colloques. Malgré son positionnement radical, Terre et Peuple n’a pas été dissous par les autorités.
"Génération identitaire", le "GUD", "Civitas" et ces autres historiques dissous
Mais derrière ces groupes actifs existent de plusieurs antennes, notamment à l’échelle locale, souvent peu visibles et connues essentiellement dans la sphère identitaire. De nombreux mouvements ont toutefois été dissous par le gouvernement, notamment depuis 2021. Parmi les plus connues figurent "Génération identitaire" (dissoute en 2021), le "GUD" (1968-2024), "Civitas" (2023), "Division Martel" (2022-2023) ou encore "Les Remparts à Lyon", dissous également en 2024.