Dans un clivage politique qui n'est pas si évident, peut-on encore dire qu'il est possible de passer de gauche à droite ? Le clivage gauche-droite a-t-il encore du sens ? Illustration avec Lucas Rayski, journaliste pour LCI et Marianne.
De notre incapacité à nous questionner
"La gauche a abandonné le social au profit du sociétal. Lorsque j’ai commencé à entendre parler du wokisme, j’étais très jeune. Je n’avais rien contre et je trouvais certaines réflexions intéressantes. Au fil du temps, cela s’est resserré sur quelque chose de très précis, de niche avec cette obsession du micro-préjudice. Et beaucoup de choses se sont perdues en cours de route" explique Lucas Rayski, le fils du journaliste Benoît Rayski au micro de Sud Radio. Une sorte de mise au point au regard de la situation actuelle de la politique française.
"Ce que je trouve préoccupant, c’est que ce n’est même plus le désaccord qui pose problème. Mais juste le fait de poser une question, de s’interroger, de douter. Cela paraît tout de suite suspect. Le simple fait de questionner son camp, c’est vécu comme une trahison. Et ça, mon père l’a vite payé. Grandir, c’est questionner ses idéaux. Et l’actualité récente nous montre qu’il nous est impossible de nous questionner" ajoute le journaliste au micro de Sud Radio, au sujet de la mort tragique de Quentin Deranque.
Le clivage gauche-droite, c’est quoi ?
Cette actualité démontre que l’on est aujourd’hui dans une confrontation assez violente entre le camp des convictions. Un camp que défend Lucas Rayski. Face à celui des certitudes, où l’on écoute rien d’autre que ce en quoi on croit. "Je suis né dans la génération Z. Ce qui me gêne dans la mienne, c’est l’annihilation de toute possibilité de réflexion au sein du groupe" lance-t-il encore, déplorant qu’aujourd’hui, "des repères, des valeurs de la gauche ne se transmettent pas et finissent dilués dans le temps".
"Je connais beaucoup d’électeurs de gauche qui se retrouvent dans Retailleau. Pas parce que c’est leur tasse de thé initiale, mais parce que les principes républicains auxquels ils sont attachés, ils ne les retrouvent plus que dans le camp inverse" conclut-il sur Sud Radio, estimant que le discours actuel bien-pensant, et sans alternative possible de la gauche, l’abîme profondément. Au point de ne plus la reconnaître.
Cliquez ici pour écouter l’invité de,Perico Legasse dans son intégralité en podcast.
Retrouvez “Le face à face” de Perico Legasse du lundi au jeudi à 13h dans La France dans tous ses états Sud Radio.
Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !