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L'humeur de Périco Légasse : "Aujourd’hui, le danger c’est le terrorisme islamiste"

OPINION SUD RADIO – Périco Légasse revient sur la mort de Quentin Deranque et appelle à ne pas confondre les menaces qui pèsent sur la démocratie. Selon lui, le principal danger pour la République reste aujourd’hui le terrorisme islamiste.

L'humeur de Périco Légasse : « Aujourd’hui, le danger c’est le terrorisme islamiste »
(BENJAMIN CREMEL AFP)

« Georges Brassens évoquait ceux qui veulent mourir pour des idées, en suggérant ironiquement qu’on le fasse de mort lente. Aujourd’hui, la réalité semble inversée : on ne meurt plus seulement pour ses idées, on peut être tué parce qu’on en a. Des hommes et des femmes sont visés pour leurs convictions par d’autres qui ne les partagent pas.

Dans cette tragédie, celle de Quentin Deranque, il faut se souvenir d’autres drames, comme celui de Clément Méric. Mais, selon moi, l’ennemi principal de la République, de la démocratie et de la liberté en France aujourd’hui reste le terrorisme islamiste. Je précise immédiatement que la grande majorité de nos compatriotes musulmans aiment la France, soutiennent la République et respectent ses lois.

"L’intégrisme religieux a provoqué des morts"

C’est vrai pour toutes les religions : il existe des intégristes chez les catholiques, les juifs, les protestants. L’histoire montre que l’intégrisme religieux, quelle que soit la confession, a provoqué des morts. Mais il faut distinguer intégrisme et passage à l’acte. Beaucoup de croyants radicaux ne commettent jamais de violence. Le danger, aujourd’hui, réside dans un fanatisme religieux qui, lui, conduit au terrorisme.

C’est pourquoi je parle de terrorisme islamiste avec précision, sans confondre l’ensemble de l’islam avec ces crimes. Depuis trente ans, la plus grande tragédie à laquelle la France a été confrontée est liée à ce phénomène. Toutes les victimes se valent, il n’y a pas de hiérarchie dans la mort. Mais, à mon sens, un basculement s’est produit en 2012, lorsque Mohamed Merah a assassiné trois enfants et un enseignant à l’école juive de Ozar Hatorah, à Toulouse. Ce jour-là, l’horreur a atteint un niveau inédit.

"Il ne faut pas se tromper de cible"

Au-delà de l’abomination, la réaction politique et publique a été relativement mesurée. Il y eut une cérémonie nationale, la visite du président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, puis la campagne présidentielle reprit. Pourtant, cet événement marquait un tournant. Par la suite, les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et ceux du Bataclan ont suscité une mobilisation massive, notamment la marche du 11 janvier. Beaucoup ont regretté que davantage de responsables religieux musulmans ne participent pas à ces rassemblements pour condamner clairement cet intégrisme, comme d’autres l’auraient fait face à des dérives d’autres religions.

Il ne faut donc pas se tromper de cible. Aujourd’hui, le mot « fascisme » est utilisé à tout propos. Or, le fascisme a une définition précise : un système politique totalitaire, opposé à la démocratie, prêt à tuer pour imposer un dogme et un chef. Toute l’extrême droite n’est pas fasciste, pas plus que toute l’extrême gauche n’est stalinienne. À l’heure où des affrontements se produisent dans la rue, il faut retrouver la précision des mots et le sens des proportions.

"Un mort de trop pour des idées"

Il y a eu un mort de trop pour des idées. Comme le chantait Brassens, la question demeure : cela en valait-il la peine ? L’information et l’éducation sont essentielles. Condorcet rappelait que le suffrage universel, sans instruction du peuple, peut conduire à la dictature de l’ignorance. C’est pourquoi il est indispensable d’éclairer les citoyens, de nommer les choses avec justesse et de défendre le débat démocratique avec rigueur et responsabilité. »

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États de 12h à 14h. 

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