Dans l’ouest et le sud-ouest, les autorités locales multiplient les mesures de prévention : évacuations, fermetures de routes ou de berges et consignes pour la population. Alors que les niveaux d’eau restent très hauts, les services de prévision des crues préviennent que la situation pourrait encore se dégrader dans les prochains jours, notamment sous l’effet de nouvelles précipitations.
Crues : la situation reste difficile dans la Gironde et le Lot-et-Garonne
Ce mardi 17 février 2026, trois départements de l'Hexagone — la Gironde, le Lot-et-Garonne et désormais le Maine-et-Loire — sont placés en vigilance rouge crues par Météo-France, soit le niveau d’alerte maximal pour ce type de phénomène. Dans ces zones, les débordements des rivières sont jugés majeurs et susceptibles d’entraîner des dégâts importants.
"Les inondations de ce genre-là, du type 2021, on a connu ça. Mais la particularité, c'est la durée. On est sur un phénomène qui semble être durable, c'est ça qui pose problème. Conjugué à cette coupure d'électricité, c'est un cas… Malheureusement, en 1999, on avait connu la tempête, et puis quelque chose d'un peu similaire. C'est comme ça, il faut faire avec. Nous avons l'avantage d'avoir une réserve communale dans notre plan communal de sauvegarde qui fonctionne. Il y a 10% de notre population qui fait partie de cette réserve communale. Vous voyez à quel point tout le monde est impliqué pour essayer de s'entraider", a raconte au micro de Sud Radio Jean-Michel Moreau, Maire de Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne).
Dans le Sud-Ouest, la Gironde et le Lot-et-Garonne, restent sous cette alerte depuis plusieurs jours, marqués par une montée spectaculaire de la Garonne et de ses affluents. Selon les prévisionnistes, une lente décrue temporaire observée récemment pourrait être suivie d’une reprise de la hausse des niveaux en raison de pluies toujours abondantes dans la région.
Dans l’Ouest, le Maine-et-Loire a rejoint ces départements en état d’alerte rouge après que la Loire, la Vienne et les affluents du bassin de la Maine ont connu des crues simultanées. Dans les basses vallées angevines et autour de Angers, les niveaux d’eau dépassent déjà ceux de précédents événements, entraînant des débordements et des difficultés de circulation.
Vigilance orange sur 11 autres départements
Au-delà des zones rouges, 11 départements supplémentaires restent placés en vigilance orange, selon les derniers bulletins diffusés. Parmi eux figurent notamment la Charente, la Charente-Maritime, l’Ille-et-Vilaine, la Sarthe, l’Indre-et-Loire ou encore la Vendée et la Dordogne. Dans ces territoires, les cours d’eau sont proches de leurs niveaux critiques et des débords importants sont attendus dans les prochaines heures. Cette vigilance orange concerne également des risques de pluie-inondation conjoints à des crues, ce qui signifie que certaines zones pourraient voir l’eau s’accumuler à la fois par débordement de rivières et par pluie directe.
Inondations : les préfectures et mairies restent mobilisées
Face à cette situation, les autorités départementales et municipales ont multiplié les actions de prévention. Parmi les mesures prises :
- Évacuations préventives : plusieurs communes proches des berges ont été appelées à évacuer des habitants pour éviter tout risque immédiat.
- Fermetures de routes et de berges : à Angers, les voies sur berges et certains parkings ont été fermés pour limiter l’accès aux zones les plus exposées.
- Information permanente de la population : les préfectures recommandent de suivre les bulletins météo et de se tenir prêts à évacuer si la situation évolue rapidement.
Les services de secours, quant à eux, restent mobilisés pour intervenir en cas d’appels d’urgence ou d’aggravation soudaine de la situation. "Le lit mineur de la Garonne a amorcé largement la baisse. Mais de notre côté, dans notre partie de la campagne, on est impactés par une brèche assez importante qui remplit tout ce grand casier de de 2.000 ha et qui retarde donc la période de décrue dans la campagne. [… ] Notre village est vraiment une île, on est isolés. La première terre ferme est à trois km en bateau", raconte Jean-Michel Moreau à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.
"Malheureusement, en plus de cela, on a ce manque d'électricité. Depuis 4 ou 5 jours on est sans électricité, et les 300 habitants de la commune n'ont d'autres solutions que d'avoir des générateurs. On est en train de faire transporter une génératrice, et on a transporté plus de 700 l d'essence. Vous voyez à quel point on a du travail pour alimenter les congélateurs et, bien sûr, les téléphones", poursuit Jean-Michel Moreau.
Pourquoi cette situation est-elle si grave ?
"Ce qui arrive est lié à plusieurs facteurs. Le changement climatique est important dans ce domaine là. Car malgré tout, on peut dire qu'il y a déjà eu d'énormes inondations. Rappelez-vous 1875, 1930… Il y a eu des inondations très importantes, notamment dans le Sud-Ouest. Mais maintenant, on ne s'attendait pas à ce que ça arrive aussi fréquemment. Par rapport au passé, maintenant cela devient plus fréquent. Les dernières inondations à Couthures, c'était en 1921, ce n'est pas si loin que ça. Ces crues très importantes et généralisées (car c'est tout le pays aujourd'hui qui est concerné) ont tendance à se multiplier", explique au micro de Sud Radio Rémy André, expert météo de Sud Radio.
"Le changement climatique est important. Un degré de plus dans l'atmosphère, c'est 7% d'humidité en plus. Cette humidité, on la retrouve lorsque cela précipite. Évidemment, quand on s'appelle Trump et que l'on voit un coup de froid qui arrive, on a l'impression que ça va couper le changement climatique. Et bien non. Car vous verrez qu'à la fin de l'année 2026, le changement climatique sera là et que le réchauffement sera encore bien avéré", poursuit Rémy André.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.