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Ultra-gauche : quels sont les principaux groupuscules actifs en France en 2026 ?

GROS PLAN SUD RADIO - La mort à Lyon de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, a relancé le débat sur la violence politique et les réseaux d’extrême gauche radicale en France. Mais quels sont ces collectifs antifascistes, autonomes ou écologistes radicaux, souvent dissous mais encore actifs, régulièrement cités par les autorités et les chercheurs comme composantes de la mouvance d’ultra-gauche ? Tour d'horizon.

JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP/Archives

Samedi, Quentin Deranque est décédé à Lyon après avoir été violemment agressé lors d’une confrontation entre militants antifascistes et nationalistes. Le ministre de l’Intérieur a évoqué la piste de l’ultra-gauche, notamment proches de la Jeune Garde. Une organisation pourtant dissoute l’an passé, à l’instar de 40 autres groupuscules d’ultra gauche et d’ultra droite depuis 2017. Mais quels sont ces groupes d’ultra gauche encore présents et actif en France ?

« La Jeune Garde » antifasciste

Fondée en 2018 par le député de La France insoumise Raphaël Arnault, la Jeune Garde antifasciste s’est rapidement imposée comme l’un des collectifs les plus visibles de la mouvance antifasciste en France. Présente dans plusieurs grandes villes comme Lyon, Paris, Strasbourg ou Lille, l’organisation revendiquait une stratégie d’« autodéfense populaire », consistant à empêcher physiquement les rassemblements ou initiatives de groupes d’extrême droite. Très active sur les réseaux sociaux, elle relayait des campagnes de mobilisation, des enquêtes militantes et des appels à manifester, tout en s’inscrivant dans un réseau plus large de collectifs antifascistes et de militants issus de milieux étudiants, syndicaux ou associatifs.

Dissoute officiellement par le gouvernement en juin 2025 pour des faits qualifiés de violences et de troubles à l’ordre public, la structure fonctionnait déjà de manière décentralisée. Une organisation souple qui a contribué à maintenir son activité militante après la dissolution. Dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, plusieurs responsables politiques ont évoqué la piste de militants proches de cette mouvance, mais l’organisation a nié toute implication, affirmant ne pas être liée aux faits et annonçant la suspension de ses activités dans l’attente des conclusions judiciaires.

« Le Groupe antifasciste Lyon et environs » (GALE)

Le Groupe antifasciste Lyon et environs (GALE), a longtemps été l’un des collectifs les plus actifs dans la scène militante lyonnaise. Dissous en 2022 par les autorités pour des faits de violences et d’atteintes à l’ordre public, le GALE reposait sur une organisation sans structure hiérarchique. Ce fonctionnement a favorisé la reconstitution de réseaux militants après sa disparition officielle, certains anciens membres continuant à agir dans des collectifs locaux ou lors de mobilisations ponctuelles.

« Les Soulèvements de la Terre »

Né au début des années 2020, ce collectif suit une mouvance revendiquant la défense du vivant et la lutte contre les projets destructeurs pour l’environnement. Il rassemble des militants issus de divers horizons, allant de l’écologie radicale aux milieux autonomes, en passant par des agriculteurs, des associations locales et certains acteurs de la gauche alternative. Leurs mobilisations ont parfois donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Accusé par le gouvernement d’organiser ou d’encourager des actions violentes, le collectif a fait l’objet d’une procédure de dissolution en 2023, finalement suspendue par la justice. Ses membres revendiquent pour leur part une stratégie de désobéissance civile et contestent toute volonté de recours systématique à la violence.

« La Fédération anarchiste » et autres réseaux autonomes

Autre composante de la mouvance d’ultra-gauche, les réseaux anarchistes et autonomes suivent une tradition anticapitaliste et anti-autoritaire. Ils rejettent les structures partisanes classiques et privilégient des organisations horizontales. Parmi les références historiques, la Fédération anarchiste rassemble des militants autour de publications et d’initiatives politiques. Ces réseaux apparaissent régulièrement lors de mobilisations sociales à travers la formation de « black blocs », dispositifs d’action anonymes et temporaires.

Les autres groupuscules dissous et collectifs informels

Malgré de nombreuses dissolutions, la structuration de la mouvance reste majoritairement éclatée. De nombreuses actions sont organisées à l’échelle locale, sans véritable hiérarchie nationale ni direction centralisée. Les mobilisations se construisent souvent autour de collectifs informels, de réseaux affinitaires ou de coordinations temporaires créées pour une manifestation précise.

Cette organisation complique le travail de cartographie des services de renseignement et favorise la reconstitution rapide de groupes sous d’autres appellations. Les spécialistes soulignent ainsi que l’ultra-gauche française ne fonctionne pas vraiment comme une organisation unifiée, avec des dynamiques locales très marquées selon les territoires.

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