Personne n'échappe actuellement aux crues et à la montée des eaux en Charente-Maritime. Pas même les détenus de la maison d’arrêt de Saintes située à proximité immédiate de la Charente. Une proximité géographique qui l'expose tout particulièrement aux caprices du fleuve quand celui-ci sort de son lit. Ainsi lundi, face à une crue dépassant les 6 mètres, les autorités ont pris la décision d’évacuer l’établissement. « À partir d’un certain seuil, les eaux usées ne s’évacuent pas, donc ça pose un risque sanitaire pour les détenus et aussi pour les surveillants », a expliqué Nicolas Rever, secrétaire local FO Justice, au micro Sud Radio.
Au-delà du refoulement des eaux usées, les voies d’accès à la prison deviennent elles aussi de plus en plus difficiles, compliquant une éventuelle intervention des secours.
Répartis dans 3 prisons
L’évacuation a donc été organisée à partir de 11 heures. Elle s’est achevée en début de soirée, sans incident. Pour mener à bien l’opération, de nombreux surveillants ont été mobilisés, ainsi que des équipes d’intervention chargées de sécuriser les abords de l’établissement. L’enjeu : assurer le transfert des détenus vers d’autres prisons en toute sécurité.
Parmi les 135 détenus transférés : 120 hommes, 12 femmes et 3 personnes en semi-liberté. Une partie d’entre eux a été dirigée vers un nouvel établissement capable d’en accueillir près de la moitié. « Les autres ont été répartis entre Poitiers, Mont-de-Marsan et Bordeaux » déclare Nicolas Rever.
🌧️#Crue de la Charente : 135 détenus évacués de la maison d'arrêt de Saintes
— Sud Radio (@SudRadio) February 18, 2026
Nicolas Revers (@SyndFoJustice) : "Il y avait un vrai risque sanitaire pour les détenus et les surveillants" #GrandMatin
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Troisième évacuation en sept ans
Ce n’est pas la première fois que la maison d’arrêt de Saintes doit être évacuée. Il s’agit de la troisième fois en sept ans, après des épisodes similaires en 2021 et 2023.
Construite en 1830, la maison d’arrêt de Saintes est régulièrement exposée aux crues de la Charente. Lorsque le fleuve dépasse un certain niveau, « les eaux usées ne s’évacuent pas », ce qui entraîne un risque sanitaire.
Des aménagements sont envisagés pour améliorer l’évacuation, mais « il y a des projets, après c’est une question de coût et de temps nécessaire », explique Nicolas Rever. Il souligne également qu’« il faut faire des appels d’offres » et qu’il existe « des procédures à suivre », propres aux établissements pénitentiaires.
Pas de retour avant 10 à 15 jours
En théorie, sa capacité est de 81 places mais victime surpopulation carcérale, elle hébergeait 135 détenus au moment de l’évacuation. Transférer les détenus permet d’assurer leur sécurité, mais cela entraîne mécaniquement une surcharge dans les établissements d’accueil. « C’est une solution provisoire », reconnaît le représentant syndical.
Le retour des détenus est envisagé d’ici dix à quinze jours, en fonction de la décrue de la Charente. En attendant, à Saintes, près de 2 000 habitations sont également touchées par les inondations.