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Julien Denormandie : "Il n'y avait pas de solution à part les néonicotinoïdes"

INTERVIEW SUD RADIO - Le sol fait partie de notre quotidien, et pourtant, nous ignorons son fonctionnement et ne respectons pas ses règles. Périco Légasse en parle sur Sud Radio avec Julien Denormandie, ancien ministre de l'Agriculture, le jeudi 5 février 2026 dans "La France dans tous ses états".

Julien Denormandie
Julien Denormandie, invité de Périco Légasse dans "Sud Radio La France dans tous ses états”.

Ancien ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie publie un nouveau livre avec Erik Orsenna : Le Chant du Sol (Éditions du Seuil).

Julien Denormandie : "Le sol nous enseigne une leçon, et nous ne l'écoutons pas"

Périco Légasse : C'est un sujet qui vous tient à coeur…

Julien Denormandie : Je suis ingénieur agronome, et depuis tout petit, j'ai été passionné par les forêts, par le sol. Je voulais montrer, à travers ce livre, pourquoi ce personnage, qui est le sol, m'importe et pourquoi il est important à mes yeux. Il y a une leçon qu'il nous enseigne et que nous n'écoutons pas, alors qu'il serait de bon ton de le faire.

Périco Légasse : Sommes-nous en train de prendre au sol plus qu'il ne peut nous offrir ? Y aura-t-il un point de non-retour ?

Julien Denormandie : Il y a un point qu'on ignore : sans le sol, il n'y aurait pas de rivières. D'ailleurs, le sol déteste être nu. Lorsque le sol est dénudé, lorsqu'on fait une monoculture suivie de périodes où on fait un labour intensif, on appauvrit le sol sans lui donner ce qu'il aurait pu donner aux cultures précédentes. C'est tous les cycles naturels qui disparaissent, notamment le cycle de l'eau, ce qui fait que le sol devient de plus en plus poussière, et donc le sol ne redonne plus d'eau à l'atmosphère.

https://www.youtube.com/watch?v=uuvKPkBlRJU&t=1688s

"Il faut 2.700 litres d'eau pour faire un T-shirt"

Périco Légasse : Dans votre livre vous insistez sur le soin que nous devons prendre du sol. Et pourtant, lorsque vous étiez ministre de l'Agriculture, vous avez réautorisé les pesticides neonicotinoïdes…

Julien Denormandie : On était confrontés à une production de la bettrave ravagée par un puceron qui donne la jaunisse de la betterave. Et il n'y avait pas de solution. Y avait-il eu des erreurs de faites les années précédentes ? À l'évidence, oui. Il n'y avait pas de solution face à ce ravageur, même la culture bio ne le permettait pas. Je n'ai jamais nié l'impact de ces neonicotinoïdes sur l'environnement et notamment sur les abeilles. Mais sinon, on aurait pu arrêter la production de sucre et commencer à importer depuis des pays européens des productions de sucre qui dégradent encore plus le sol et l'environnement.

Périco Légasse : L'agriculture française est-elle toujours sous emprise, soumise à des enjeux économiques entre l'industrie agro-alimentaire et la grande distribution, qui ont besoin de se développer ? Y a-t-il un libéralisme compatible avec la protection des sols ?

Julien Denormandie : Je pense qu'on a tous une responsabilité. Il y en a qui ne jouent pas le jeu, c'est évident.

Périco Légasse : Au-delà du sujet des sols, quels sont vos autres combats ?

Julien Denormandie : Mon grand combat, c'est de mettre un énorme coup de pied dans la fourmillère de l'Organisation mondiale du commerce. Cela n'a aucun sens aujourd'hui. Prenez le textile : il faut savoir que 20% des pesticides dans le monde, c'est pour le textile. Il faut 2.700 litres d'eau pour faire un T-shirt. Et on voit comme le textile détruit nos sols, notre environnement. Et, en parallèle, on a 90 millions de tonnes de déchets textiles par an. Il faut que chacun d'entre nous se dise : "il y a des habitudes que nous devons changer".

Cliquez ici pour écouter l’invité de Périco Légasse dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” de Périco Légasse chaque jour à 13h dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio.

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