En France, on connaissait "la droite la plus bête du monde". Visiblement, la gauche française marche sur ses pas. À un peu plus d'un an du 1er tour de l'élection présidentielle, les candidats au poste suprême se multiplient. A se demander si elle n'a pas décidé d'enclencher la machine à perdre et de disperser d'ores et déjà ses voix plutôt que de les ressembler derrière un (vrai) front uni, alors que la campagne officielle n'a même encore débuté.
S'il ne fait plus l'ombre d'un doute que Jean-Luc Mélenchon ou a minima un représentant de La France insoumise, sera sur la ligne de départ, plusieurs dizaines d'autres figures de la gauche ont d'ores et déjà fait part de leurs ambitions.
Socialistes, écologistes, communistes, anciens candidats ou nouvelles têtes : chacun avance ses pions dans un paysage politique fragmenté, marqué par l’échec des tentatives d’union lors des précédentes échéances électorales.
Si certains se disent prêts à passer par une primaire pour désigner un candidat commun, d’autres rejettent fermement cette option, jugeant le processus inefficace, voire contre-productif. Entre stratégie personnelle, divergences idéologiques et désaccords sur la méthode, la gauche peine encore à dégager une ligne claire à l’approche de 2027.
Faure, Hollande, Ruffin, Glucksmann, Tondelier, Autain, Guedj : revue d'effectif
Olivier Faure favorable à une primaire
Le Secrétaire général du Parti socialiste fait figure de candidat évident. Lui qui fut l'un des principaux artisans de la Nupes en 2022, puis du Nouveau Front Populaire deux ans plus tard, est persuadé d'avoir une carte à jouer. À la tête d’un Parti socialiste qu’il a entrepris de reconstruire après les défaites successives, il défend une ligne d’union, tout en cherchant à réaffirmer l’identité sociale-démocrate du PS.
Partisan d’une candidature issue d’un processus collectif, il se dit favorable à une primaire de la gauche, qu’il estime indispensable pour espérer accéder au second tour. Mais cette position, jugée trop conciliante par certains et trop floue par d’autres, peine encore à rassembler largement. Reste que, fort de son ancrage partisan et de son expérience des négociations interpartis, Olivier Faure entend s’imposer comme une figure centrale du jeu à gauche à l’approche de l’échéance présidentielle.
2027 : "Au lendemain des municipales, il faudra choisir le meilleur d’entre nous. Une primaire pourra être la solution" estime @faureolivier pic.twitter.com/tx45y6z46o
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François Hollande, le retour
L'ancien chef de l'Etat jouit, de par son statut, d’une expérience politique sans équivalent à gauche. Président de la République de 2012 à 2017, il a longtemps été affaibli par l’impopularité de son quinquennat, mais tente aujourd’hui de redorer son image et d'entreprendre un retour progressif sur le devant de la scène politique. Il entend notamment faire valoir sa connaissance des rouages institutionnels et internationaux.
S’il n’a pas officiellement déclaré sa candidature, ses prises de parole répétées laissent peu de place au doute quant à ses intentions. Soutenu par une partie de l’aile sociale-démocrate, il divise toutefois au sein de la gauche, où certains voient en lui un recours d’expérience, quand d’autres redoutent une candidature tournée vers le passé, peu susceptible de fédérer les électeurs les plus jeunes. D'autant que pour beaucoup à gauche, François Hollande demeure le symbole d’un quinquennat vécu comme une trahison des promesses sociales.
« Le téléphone n’arrête pas de sonner » : 2027 en vue, François Hollande laisse infuser l’hypothèse d’un retour
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François Ruffin, une image à part
Fondateur du journal Fakir, François Ruffin, qui se veut partisan d'une politique ancrée dans le réel, au plus près du terrain, a officialisé sa candidature à la fin du mois de janvier.
Le député de la Somme cultive une image à part : celle d’un tribun populaire, soucieux de parler aux classes populaires et aux électeurs éloignés du vote. L'ancien insoumis, longtemps considéré comme un frondeur au sein du parti avant de le quitter brutalement, plaide pour une gauche plus large, capable de rassembler au-delà de son socle électoral traditionnel.
Je suis candidat à la présidence de la République française.
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Pour qui je suis là ?
Pour les millions de travailleurs qui, en bas, dans les usines, les bureaux, les hôpitaux, tiennent le pays debout.
Contre une France d’en haut qui se gave, avec des milliardaires qui paient moins… pic.twitter.com/5MqiKvpULB
Son principal atout : jouir d'une cote de sympathie au sein de la gauche plurielle sans pour autant être directement adossé à un grand parti politique, ce qui lui permet de parler à des électorats variés sans apparaître comme le candidat d’un appareil.
Raphaël Glucksmann opposé à la primaire
Fort des 14% qu'il a obtenu lors des élections européennes de 2024, l’eurodéputé et essayiste s’impose lui aussi comme l’une des figures montantes de la gauche sociale-démocrate. Porte-voix d’une ligne pro-européenne affirmée, Raphaël Glucksmann a gagné en visibilité ces dernières années, notamment à travers son engagement sur les questions de droits humains, de démocratie et de politique internationale.
🌹 Raphaël Glucksmann veut convaincre le PS d'abandonner la primaire des unitaires
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Son positionnement, à la croisée de la gauche réformiste et de l’écologie politique, séduit une partie de l’électorat urbain et diplômé. Il apparaît ainsi pour certains comme une alternative crédible aux figures traditionnelles de la gauche. Le co-président de Place publique a en tout cas fait savoir qu'il ne souhaitait pas passer par le processus d'une primaire.
Marine Tondelier, populaire et apte à la primaire
La secrétaire nationale des Ecologistes a elle aussi gagné en visibilité et en popularité ces dernières années. Elle s’impose désormais comme la figure emblématique de l’écologie politique à gauche. Militante de longue date, celle qui se démarque par sa veste verte défend une écologie sociale et pragmatique, cherchant à concilier urgence environnementale et justice sociale.
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Son profil, jeune et dynamique, séduit particulièrement un électorat urbain et engagé sur les questions climatiques et sociales. Officiellement déclarée candidate, elle a aussi annoncé accepter de passer par la primaire. Son principal défi : convaincre que la transition écologique peut être un projet fédérateur pour l’ensemble de la gauche.
Clémentine Autain pour incarner une alternative
Députée de Seine‑Saint‑Denis et figure de la gauche radicale, Clémentine Autain incarne une approche féministe, sociale et populaire de la politique. Engagée depuis longtemps dans les combats pour l’égalité, la justice sociale et la défense des quartiers populaires, elle a aussi annoncé récemment sa volonté de briguer en passant par cette fameuse primaire.
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L'ancienne insoumise, en première ligne parmi les "purgés" de 2024, se veut ainsi prête à incarner une alternative pour celles et ceux qui estiment que les choix de la gauche institutionnelle restent trop prudents ou déconnectés du terrain.
Jérôme Guedj, rassembleur et dernier déclaré
Le député de l’Essonne est le dernier à avoir officialisé sa candidature, ce jeudi 5 février, sur France Inter. Réputé pour son pragmatisme et son ancrage territorial, il cherche à incarner une gauche à la fois réaliste et proche des citoyens, capable de répondre aux défis sociaux et économiques du pays.
Guedj mise sur son expérience locale et sur sa capacité à mobiliser les militants socialistes, tout en s’adressant aux électeurs qui se sentent éloignés des appareils traditionnels. Son principal atout : une image de rassembleur et de candidat sérieux, capable de porter un discours concret plutôt que purement idéologique.