single.php

Bars ouverts jusqu’à 2h : un choix de société au coeur des Municipales

DÉBAT SUD RADIO - À Montpellier, la campagne pour les élections municipales de mars 2026 voit émerger un débat inattendu : faut-il repousser l’heure de fermeture des bars du centre-ville de 1h à 2h du matin ?

Bars ouverts jusqu’à 2 h : un choix de société qui divise Montpellier

Entre enjeux économiques, qualité de vie des riverains et attractivité d’une ville étudiante, la question d’un éventuel passage à une fermeture des bars à 2h du matin cristallise les oppositions, notamment à Montpellier. À l’approche des municipales de 2026, ce débat local révèle des conceptions divergentes du vivre-ensemble et du rôle de la vie nocturne dans le centre-ville.

Actuellement, la réglementation locale impose aux bars de fermer leurs portes au plus tard à 1h du matin. Certains acteurs, notamment une partie des professionnels du secteur, estiment que ce cadre freine l’activité économique de la vie nocturne et pénalise leurs chiffres d’affaires, puisque la fermeture à 1h leur ferait perdre entre 25% et 30% de chiffre d'affaires.

Des fermetures qui plombent le chiffre d'affaires

Face à ce constat, plusieurs candidats aux municipales proposent d’étendre l’horaire de fermeture à 2h du matin : ils font valoir que cette mesure pourrait renforcer la convivialité, mieux répartir les sorties nocturnes et attirer davantage de visiteurs dans le centre-ville. Ces propositions sont parfois présentées comme un levier pour soutenir l’animation économique du cœur urbain et répondre à la vie étudiante et touristique de Montpellier.

Mais cette idée ne fait pas l’unanimité. Nombre de riverains dénoncent déjà le bruit et les nuisances liées à l’activité nocturne actuelle : la fermeture à 1h, disent-ils, leur permet d’accéder à un temps de calme en fin de soirée, souvent après 1h15 ou 1h30 effectives, et ils redoutent que des horaires plus tardifs ne détériorent davantage leur qualité de vie.

"Le droit dit que les nuisances répétées sont répréhensibles"

"On a vu une période de défouloir nocture pendant des années dans le centre-ville de Montpellier, avec l'idée qu'on venait faire la fête. Il a fallu rééquilibrer. On a travaillé pour trouver un compromis avec les gérants de bars. Le droit dit que les nuisances répétées sont répréhensibles. Il peut y avoir des fermetures administratives temporaires et des suppressions de terrasses. Montpellier a une géographie particulière, qui fait que le bruit résonne énormément. Et puis, on est dans le sud, on dort la fenêtre ouverte par nécessité". explique au micro de Sud Radio Magali, représentante du collectif Droit au sommeil Montpellier.

"Sur les 50 ha que représente le centre historique de Montpellier, il y a plus de 500 bars et restaurants, cela veut dire un établissement tous les 10 m, ce n'est pas possible, il faut le réguler. Et puis, ces terrasses qui débordent sur la rue. Après, c'est un cercle vicieux qui s'installe avec le fait que les gens soient alcoolisés et déambulent la nuit", poursuit Magali à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

"On est en démocratie, où l'intérêt du plus grand nombre prime sur l'intérêt du plus petit"

Le débat ne se limite pas aux seules heures de fermeture. Il traduit aussi des visions différentes de la ville à l’heure des élections municipales : certains estiment que Montpellier, connue pour sa population étudiante importante et sa vie culturelle, doit assouplir ses règles pour rester attractive ; d’autres affirment que la priorité doit être donnée à la tranquillité des habitants et à la cohabitation entre vie nocturne et cadre résidentiel. "À Montpellier, il y a 80.000 étudiants. On est en démocratie, où l'intérêt du plus grand nombre prime sur l'intérêt du plus petit. C'est comme ça, c'est la démocratie, ça ne changera pas", pointe au micro de Sud Radio Pascal Portugues, qui représente les restaurants et bars de Montpellier.

"Il ne faut pas oublier que le bar est un lieu de rencontre, de lien social"

"On entend les doléances. Après, la situation est complexe : il y a un facteur de lien social. Il ne faut pas oublier que le bar est un lieu de rencontre, de lien social, qui permet aux gens de sortir de leur solitude. Ensuite, dans toutes les autres grandes villes - Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse. Marseille, Paris - les bars ferment à 2h. On est la seule ville de taille assez importante où les bars ferment à 1h. Après, on n'est pas totalement fermés à la discussion. On pourrait trouver une solution où les bars ouvriraient aussi tard seulement le week-end ou seulement le samedi. Après tout, il faut être réalistes : en début de semaine, à 2h, la fréquentation des bars n'est pas au rendez-vous", poursuit Pascal Portugues sur Sud Radio.

Cette discussion autour des horaires des bars intervient dans un contexte plus large où d’autres sujets d’intérêt local — sécurité, urbanisme, services publics — sont également au cœur des programmes des candidats. Qu’il s’agisse d’appels à une vie nocturne plus dynamique ou d’une défense accrue du droit au sommeil des voisins, les réponses à ce débat figureront probablement en haut parmi les thèmes du prochain scrutin.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

L'info en continu
12H
11H
10H
09H
08H
Revenir
au direct

À Suivre
/