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JO-2026: "c'est un lion", la Stelvio, piste mythique et redoutée

"Si c'était un animal, ce serait un lion": ultra exigeante, féroce voire dangereuse, la Stelvio impose respect et crainte aux skieurs qui s'attaquent à cette piste mythique lors de la descente olympique samedi à Bormio.

Dimitar DILKOFF - AFP

"Si c'était un animal, ce serait un lion": ultra exigeante, féroce voire dangereuse, la Stelvio impose respect et crainte aux skieurs qui s'attaquent à cette piste mythique lors de la descente olympique samedi à Bormio.

Champion du monde de descente en titre, le Suisse Franjo Van Allmen plante le décor. "Le Stelvio ? Une relation d'amour-haine. Cette piste est différente, angoissante. Mais elle est super pour les JO".

"Pour moi, c'est la descente la plus difficile du circuit. Si c'était un animal, ce serait un lion", renchérit auprès de l'AFP l'Italien Dominik Paris, dompteur en chef de cette piste avec ses sept victoires en Coupe du monde, six en descente et une en Super-G, un record.

Nichée face nord, la Stelvio est un monstre alpin long de 3.250 mètres avec des pentes sombres, vertigineuses et le plus souvent glacées qui peuvent s'avérer terriblement hostiles.

Cyprien Sarrazin en a fait les frais en décembre 2024, un an après sa victoire à Bormio, lorsqu'il a chuté très lourdement à l'entraînement. Opéré d'un hématome intracrânien, le Français n'a plus rechaussé les skis en compétition depuis.

Deux autres skieurs avaient été sérieusement blessés lors du même entraînement et plusieurs participants avaient vivement critiqué les organisateurs. "Ils ne savent rien faire d'autre que préparer des pistes dangereuses", avait fulminé le Français Nils Allègre.

- "Chaque mètre est une guerre" -

Mercredi, après le premier entraînement officiel des JO, Allègre a trouvé un tracé "plus agréable" grâce aux récentes chutes de neige qui, comme l'ont confirmé tous les participants, accroche plus que d'habitude sur une piste qui tient généralement de la patinoire.

"Comme on est en février, il y a aussi beaucoup plus de lumière. Même quand il ne fait pas beau, on est presque ébloui", ajoute-t-il.

Les anneaux olympiques sont visibles sur une porte avant l'entraînement de la descente des Jeux olympiques, le 4 février 2026 à Bormio

Les anneaux olympiques sont visibles sur une porte avant l'entraînement de la descente des Jeux olympiques, le 4 février 2026 à Bormio

Fabrice COFFRINI - AFP

Car l'étape de Coupe du monde à Bormio a traditionnellement lieu en décembre et l'ambiance est souvent lugubre, au point que les organisateurs allument les projecteurs en pleine journée.

"Même quand il fait grand beau, on ne voit rien sur la piste. C'est noir, c'est +monstre glace+, très ondulé, donc extrêmement exigeant physiquement. Là, c'est, entre guillemets, un peu plus facile. Mais j'insiste sur les guillemets", abonde le coéquipier d'Allègre en équipe de France, Maxence Muzaton.

"Ca reste la Stelvio, un combat du début à la fin", prévient l'Autrichien Vincent Kriechmayr qui développe: "à Wengen et même à Kitzbuhel, il y a des sections plus plates où on peut, toutes proportions gardées, se relaxer un peu. Ici chaque mètre est une guerre".

Un mur attend les athlètes dès le portillon de départ et ils enchaînent sur des longues courbes, propulsés à plus de 100 km/h.

- "Il faut le bagage complet" -

"Il y a zéro répit du début à la fin. Jusqu'à l'avant-dernière porte, on est constamment dans la pente, constamment en train d'avoir des contraintes de virage, de se faire taper. Il y a beaucoup de mouvements de terrain. C'est une minute cinquante à haute intensité", raconte le jeune Français Alban Elezi Cannaferina, qui découvre la piste et s'abreuve de conseils par messages auprès de... Cyprien Sarrazin.

"On m'a dit que c'était un Bormio facile au niveau des conditions mais honnêtement c'est quelque chose !", insiste-t-il.

Le Norvégien Fredrik Moeller est héliporté après une lourde chute lors de l'entraînement de la descente des Jeux olympiques, le 4 février 2026 à Bormio

Le Norvégien Fredrik Moeller est héliporté après une lourde chute lors de l'entraînement de la descente des Jeux olympiques, le 4 février 2026 à Bormio

Fabrice COFFRINI - AFP

Le maître des lieux, Dominik Paris, veut bien livrer quelques clés de sa recette: "il faut réussir à tenir sa ligne tout en laissant filer les skis pour ne pas trop ralentir. C'est un vrai défi. En fait, il faut avoir le bagage complet du descendeur: vitesse, technique, lecture du terrain et sens des trajectoires".

Et ne pas avoir peur car la Stelvio s'est encore montrée impitoyable mercredi avec le Norvégien Fredrik Moeller, héliporté vers un hôpital après une chute, épaule en vrac.

"C'est une piste qui peut être dangereuse parce qu'elle est tellement exigeante. Il faut garder la lucidité jusqu'à la fin lorsque les cuisses te brûlent", explique la nouvelle star italienne, Giovanni Franzoni.

Lui aussi estime que la Stelvio va, vu son pédigrée, désigner un très beau champion olympique. "A la fois rapide, costaud et technique", dit-il. Et intrépide, forcément.

Par Jacques KLOPP / Bormio (Italie) (AFP) / © 2026 AFP

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